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    Manifestante face aux policiers à Bâton-Rouge

    Seule face à un barrage policier, l’image iconique d’une manifestante de « Black Lives Matter »

    Le calme au milieu de la tempête. C’est ce qu’incarne la militante de « Black Lives Matter » (« Les vies des Noirs comptent »), mouvement de protestation contre les violences policières envers la communauté afro-américaine.

    Elle est sereine et se tient droite, la tête haute et les menottes aux poignets. Elle, immobile dans sa robe d’été, eux, vacillants dans leur uniforme anti-émeute. Samedi 9 juillet, plus d’une centaine de manifestants ont été arrêtés à Baton Rouge en Louisiane. Sur les 102 personnes interpellées, c’est l’image d’une inconnue qui a capté l’attention. Quelques jours après, le cliché a déjà fait le tour du monde.

     

    Cette femme, c’est Ieshia Evans, infirmière en Pennsylvanie et mère d’un garçon de cinq ans et demi. « Je veux un meilleur futur pour mon fils de cinq ans et demi », aurait déclaré la jeune femme à une amie proche.

    Dans la nuit de lundi à mardi 5 juillet, Alton Sterling, un Américain noir de 37 ans, a été tué par un policier blanc alors qu’il était à terre. La scène s’est déroulée à Baton Rouge, là même où la jeune femme a tenu tête aux policiers.

    Le drame a été filmé et partagé sur les réseaux sociaux, de même que l’agonie de Philando Castile, Américain noir âgé de 32 ans, anéanti par les forces de l’ordre alors qu’il était dans sa voiture. Les vidéos ont ravivé la colère aux Etats-Unis, notamment au sein du mouvement « Black Lives Matter », actif depuis 2013.

    La colère de Ieshia Evans elle, a pu être immortalisée dans toute sa dignité. La photo a été prise par Jonathan Bachman, de l’agence Reuters. Tout de suite, le photographe a compris son importance :

    « Ce n’était pas violent. La jeune femme n’a pas dit un mot, n’a pas résisté, et la police ne l’a pas trainée. (…) J’ai tout de suite pensé que c’était le bon moment pour faire une photo, parce qu’elle était là dans sa robe face aux deux officiers de police dans leur attirail anti-émeute » a-t-il dit au magazine américain « The Atlantic« .

    Une image emblématique qui n’est pas sans rappeler d’autres clichés historiques de lutte contre les violences. Les internautes l’ont immédiatement comparée à « La jeune fille à la fleur » de Jean-Marc Riboud, prise en 1967 lors d’une protestation contre la guerre du Vietnam :

    Jeune fille à la fleur devant les armes en noir et blanc

    Ou encore à « l’homme de Tian’anmen », seul face aux chars de l’armée chinoise à Pékin, lors de la répression subie par le mouvement démocratique en 1989 :

    Homme seul face aux chars en 1989

    Néanmoins, la photo des chars qui se dressent devant le jeune inconnu a quelque chose d’inhumain, alors que la jeune femme de Baton Rouge fait face à des hommes. Elle rappelle le cliché de la militante anti-raciste Tess Asplund en Suède, seule face à 300 néo-nazis.

    Femme seule poing levée devant néo-nazis

    Tess Almund dans le centre-ville de Borlange en Suède, par le photographe © David Lagerlof

    Tess Asplund comme Ieshia Evans ont toutes deux voulu montrer – l’une aux extrémistes, l’autre aux policiers – que la rue ne leur appartient pas.

    Photographie à la Une : © JONATHAN BACHMAN / REUTERS

    Société Bâton-Rouge Black Lives Matter

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    Nina Masson
    Journaliste
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