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    CLIQUE BD : « Rose profond », quand Dionnet attaquait Disney.

    Titre : « Rose Profond »
    Auteurs : Dionnet & Pirus
    Éditeur : Casterman, initialement paru en 1988 et 1989 dans l’Echo des savanes puis chez Albin Michel
    Genre : Satire avec des bouts de sexe dedans

    En 1988-1989, traumatisé par la noirceur de « Taram et le chaudron magique », je sentais bien qu’ « Oliver & compagnie » n’allait pas totalement me ravir et pourtant, cela ne m’a pas empêché de passer trois jours magiques à Disneyworld…

    Un univers formaté et merveilleux dans lequel je me suis vautré corps et âme du haut de mes 11 ans simplement parce que, eh bien oui, j’étais juste un gamin.

    Pendant que je m’émerveillais hégémoniquement devant les hologrammes de la maison hantée, Jean-Pierre Dionnet, lui, s’inspirait des comics underground américains et se penchait sur la question de la toute puissance culturelle de l’empire Disney.

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    Il imagine pour cela un personnage qui fêterait ses 50 ans de carrière…  Personnage qui ressemble étrangement à une souris à salopette bien connue, si ce n’est qu’ici, il s’agit d’un rat.
    Un rat nommé Malcom et qui depuis 50 ans, donc, mène une vie paisible faite d’aventures rocambolesques qui se finissent toujours bien, car au Pays Rose, rien de grave ne peut vraiment arriver.
    Sauf qu’il va y avoir un hic.
    Un gros hic.
    Un hic causé par un trop plein d’alcool de fête de 50 ans de félicité et qui va exposer le côté obscur d’un Malcom qui ne demande qu’à se découvrir davantage. Lui et Mimi, son acolyte féminin qui se contentait jusqu’à présent,  jour après jour, année après année, de lui octroyer timidement un baiser chaste sur le front.

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    Ainsi, en cette soirée qui n’aurait jamais dû être filmée en Technicolor, Mimi va être la victime de 50 années de frustrations. Dans un monde où la sexualité est bannie et où il n’existe pas de parents directs (rien que des oncles, des cousins, bref, aucune filiation directe due à la fornication), l’acte sexuel est bien évidemment inimaginable. Et pourtant…

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    Les habitants du Pays Rose prient alors Malcom d’aller vivre ses aventures ailleurs, direction le Pays Gris, où il va découvrir l’envers du décor.
    Et il va tomber de haut…

    Comme s’il n’y avait pas déjà suffisamment de sorties comme ça, voilà qu’en plus on nous met des rééditions dans nos pattes de libraires. Et c’est tant mieux.
    Cet album était un poil oublié de tous et même s’il y a eu le fameux « Pinocchio » de Winshluss depuis, il demeure une formidable satire de l’univers de sieur Walt et de sa première salve de dessins-animés (oui, je sais bien que Pinocchio c’est un livre de Collodi, à la base, mais j’y peux rien si mon esprit d’ancien gamin de 11 ans est ainsi corrompu).
    Un bel objet au papier tout bien épais qui met parfaitement en valeur le travail graphique de Michel Pirus (oui, le scénariste du Roi des mouches, en effet) ainsi que les couleurs de Véronique Dorey. Ça rappelle les Dirty Comics, ça rappelle « La bête est morte », ça rappelle « Mad et Fritz the Cat ». Et au-delà de ce name-dropping, ça rappelle que l’enfant qui est en nous est toujours là, tapi.
    Mais qu’il a moins envie de se laisser faire.

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