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    La « fashion police » de Téhéran gonfle ses rangs pour l’été

    Avec l’arrivée du printemps, 7 000 nouveaux agents de police incognito ont été recrutés pour veiller entre autres au bon port du voile dans les rues de Téhéran.

    Depuis le 18 avril, c’est avec prudence que les habitants de Téhéran se baladent en ville. Des agents supplémentaires de la police des moeurs patrouillent dans la capitale pour veiller au respect des codes vestimentaires en vigueur depuis la Révolution islamique de 1979. Les parcs municipaux, les rues ainsi que les centres commerciaux de Téhéran seront ainsi quadrillés par ces nouveaux agents en civil qui ne porteront pas d’armes.

    À l’origine, cette unité a été créée pour veiller à ce que les conductrices de la capitale respectent le code vestimentaire en vigueur. La police des moeurs surveille aussi les pantalons trop courts et les vêtements trop serrés des habitantes de Téhéran. Mais les hommes n’ y échappent pas non plus : les coupes de cheveux devront répondre aux standards masculins classiques, et les colliers sont proscris. Outre le respect des codes vestimentaires, la police des moeurs a aussi pour mission de prévenir le harcèlement de rue ainsi que la pollution sonore.

    Si la police des moeurs n’est pas nouvelle, cette augmentation soudaine des effectifs est après la création en février dernier d’une application, Gershad, qui permet de localiser les patrouilles la police des moeurs de Téhéran grâce aux commentaires des utilisateurs. Selon Saeed Kamali Dehghan, journaliste au Guardian, cette application pourrait être une des causes de ce renforcement d’effectif.

    Ainsi pour éviter l’humiliation d’un rappel à l’ordre en public, les utilisateurs de Gershad (mot qui est en fait un néologisme créé à partir des mots Gerdesh kon qui veut dire « contourner » , et Ershad, « bonnes pratiques » en version française) peuvent éviter les patrouilles.


    L’application Gershad, le nouveau moyen d’éviter la police des moeurs.

    Saeed Kamali Dehghan souligne le fait que cette police des moeurs (qui comptabilise à présent 7 000 membres) représente plus de deux fois l’effectif complet des agents de protection de l’environnement dans tout le pays.

    Le Président de la République d’Iran, Hassan Rohani, a vivement critiqué cette embauche massive de policiers moraux. Pour autant la présence de ces derniers ne semble pas compromise pour autant. Car c’est le guide de la révolution, l’Ayatollah Ali Khamenei, qui est à l’origine de cette recrudescence d’agents moraux. Le Big Brother des rues de Téhéran maintient donc ses patrouilles.

    Photographie à la Une © Thomas Koehler

    Société Application Iran

    Commentaires
    Jalal Kahlioui
    Journaliste
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