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    Les patients noirs moins bien diagnostiqués par les médecins que les blancs ?

    « La peau des noirs serait plus épaisse que celle des blancs », « Le sang des noirs coagulerait plus vite que celui des blancs », « Les couples noirs seraient plus fertiles que les couples blancs »… La liste des préjugés est longue. Il s’agit, en substance, de ce que des étudiants américains en médecine, blancs, penseraient à propos des soi-disant différences génétiques entre des personnes blanches et noires.

    C’est le résultat d’une enquête, menée par des chercheurs à l’Université de Virginie, sur un échantillon d’étudiants en médecine blancs. Les chercheurs l’affirment : « Les noirs américains ont une douleur systématiquement sous-traitée par rapport aux blancs américains ».

    « Notre travail est d’examiner si ce biais racial est lié à de fausses croyances sur les différences biologiques entre les noirs et les blancs » expliquent les chercheurs de l’Université de Virginie dans un article publié dans « Proceedings of the National Academy of Sciences ».

    L’étude en question reposait sur 15 affirmations exposées à 222 étudiants en médecine blancs. Parmi elles, quatre étaient véridiques, comme celle au sujet de la rareté des maladies de la moelle épinière telles que la sclérose en plaques chez les personnes noires, explique le Los Angeles TimesLes réponses aux 11 autres fausses affirmations publiées par le Washington Post, ont révélé deux faits significatifs.

    Premièrement, les étudiants en médecines croient (avec plus ou moins de conviction) aux préjugés. Par exemple, 20% d’entre eux pensent que les terminaisons nerveuses d’un noir sont moins sensibles que celles d’un blanc. Deuxièmement, les étudiants qui ont le plus étudié ont moins de préjugés – même si une légère hausse réapparaît chez les internes, peut-être liée au passage de la théorie à la pratique.

    La suite de l’étude a prouvé que les préjugés jouaient aussi sur la perception de la douleur. Les étudiants ont eu à diagnostiquer deux patients selon leurs symptômes ; l’un était noir, l’autre blanc. Les étudiants dont les préjugés étaient les plus forts ont eu tendance à croire que la douleur ressentie par le patient blanc était plus forte que celle du patient noir. 

    « Il semble donc que les préjugés raciaux dans la perception de la douleur a des conséquences néfastes pour la précision dans les recommandations de traitement pour les patients noirs et non pour les patients blancs » ont conclu les chercheurs.

    Et les chiffres sont accablants. En janvier 2000, une autre étude menée aux urgences d’Atlanta observait par exemple de grandes différences dans l’attribution d’anti-douleurs. 74% des patients blancs s’en voyaient attribuer, contre 57% des patients noirs, « en dépit des fiches similaires des plaintes de la douleur dans le dossier médical ». L’étude de l’Université de Virginie vient apporter une nouvelle preuve que la situation est loin d’avoir changé. Et si en France, l’interdiction de compiler les statistiques ethniques empêche tout étude de ce genre, celle-ci soulève une problématique bien loin, sans aucun doute, de se cantonner aux seuls États-Unis.

    Société Études Medecine

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