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    AFGHANISTAN : Robaba Mohammadi, artiste tétraplégique de 16 ans, donne de l’espoir à son pays

    Le mois dernier, après un passage sur la chaine de télévision nationale afghane Kabul TV, Robaba Mohammadi est repérée par Farkhunda Zahra Naderi, une parlementaire afghane. Celle-ci voit en l'artiste un signe d'espoir pour son pays encore tourmenté par la guerre.

    Sur sa dernière oeuvre, une colombe, l’artiste a inscrit ces quelques mots : « voler avec une aile cassée, c’est de l’art ». Atteinte d’une maladie rare depuis son plus jeune âge, Robaba Mohammadi est tétraplégique. Souvent livrée à elle-même, elle a trouvé refuge dans le dessin.

    « C’est de cette façon que j’ai commencé », déclare l’artiste à Antonio Olivo pour le Washington Post.

    Robaba Mohammadi raconte comment un jour, elle a subtilisé cahiers et stylos à ses petites soeurs qui allaient à l’école, et décidé de mettre à profit sa solitude quotidienne pour commencer le dessin, sa bouche pour unique instrument. À force d’entraînements, Robaba Mohammadi est désormais capable de créer des oeuvres abouties, bien loin de ses premiers croquis hésitants qui l’ont fait connaître.

    Le mois dernier, après un passage sur la chaîne de télévision nationale Kabul TV, elle a été repérée par la parlementaire afghane Farkhunda Zahra Naderi. Celle-ci lui commande alors une oeuvre pour honorer Serajuddin Afghan Mal, policier afghan connu pour son combat contre les talibans. En contrepartie, Robaba Mohammadi reçoit son premier cachet d’une valeur de 72 dollars, l’équivalent de 64 euros, soit un peu plus du revenu mensuel moyen en Afghanistan.

    Selon Farkhunda Zahra Naderi, « Robaba est une personne qui peut transmettre son courage à tout l’Afghanistan. Elle envoie un message à la population : si nous avons de l’espoir, nous pouvons essayer. Nous pouvons aller de l’avant. »

    L’histoire de cette adolescente montre une facette souvent occultée de l’actualité afghane, marquée par les conflits. Mercredi encore, le pays a été victime d’attentats suite à la nomination d’Haibatullah Akhunzada à la tête des talibans en succession du mollah Mansour, tué lors d’une frappe de drones américains le 21 mai. L’attaque kamikaze, qui visait un minibus transportant les employés d’un Tribunal de Kaboul, s’inscrit dans le combat des talibans pour le départ des troupes de l’OTAN.

    Au beau milieu de cette spirale de violence, Robaba Mohammadi répond par l’art et l’espoir, dans un Afghanistan qui reste dépendant de l’action de certaines institutions humanitaires. Le travail du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a notamment permis d’améliorer le quotidien des afghans, tant au niveau du système sanitaire et sécuritaire qu’éducatif. C’est aussi le cas de l’Association Internationale de Développement (IDA), un fonds de la Banque mondiale destiné aux pays les plus pauvres qui privilégie l’éducation en Afghanistan.

    Pour l’instant, par son action, sa volonté, son enthousiasme pour la vie, Robaba Mohammadi incarne la volonté de tout un peuple prêt à tout pour oublier la guerre.

    « En général quand mon pays fait la Une de l’actualité, on pense aux conflits et aux bombes. Mon histoire est un signe d’espoir », indique Robaba Mohammadi.

    En attendant que son souhait ne s’exauce, Robaba Mohammadi espère transformer son occupation en travail. Pour l’aider, Farkhunda Zahra Naderi compte l’inscrire à l’école pour qu’elle puisse développer ses talents artistiques.

    Photographie à la Une tirée de la vidéo du Washington Post 

    Société Afghanistan Arts

    Commentaires
    Wail El Azrak
    Journaliste
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