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    Le rappeur Brav sort un documentaire sur sa traversée de l’industrie musicale

    « Ce n’est jamais la dernière goutte qui fait déborder le vase, ça non ! C’est même la toute première la responsable. »

    Brav a commencé à rapper il y a plus de vingt ans. Originaire du Havre, il connait Médine depuis la maternelle (!) et est un membre historique du label Din Records, dans lequel il a co-fondé le groupe Bouchées Doubles avec Tiers Monde (un EP et deux albums) avant de s’exprimer depuis quelques années dans des projets solo.

    Dans ces albums, il développe une écriture et un univers personnel fort, qui mêle description de la vie prolétaire et textes vindicatifs sur fond de rap et de chanson française. Son talent tape alors dans l’œil de plusieurs grands noms de la musique : Kery James lui doit le superbe morceau « Post Scriptum », Shy’m et L.E.J. le font collaborer sur leurs derniers projets et, en 2017, le producteur Tefa (Diam’s, Fianso, Vald, Kery…) décide d’accompagner Brav et son équipe sur la suite de sa carrière. En coulisses, les attentes sont élevées et on chuchote qu’un avenir radieux attend l’artiste… Pourtant, après le EP « Nous Sommes » début 2018, aucun album ne sort.

    En 2020, Brav annonce son retrait des réseaux sociaux, sans préciser s’il va continuer la musique ou pas. L’incompréhension est générale.

     

    Kery James – « Post Scriptum », écrit par Brav

    Pour Brav, la première goutte remonte probablement à son entrée dans l’univers des majors du disque. Dans Parachute, un documentaire de 40 minutes visible gratuitement sur YouTube, l’artiste du Havre raconte sa désillusion face à ce milieu dans lequel, souvent, les stratégies commerciales priment sur la création musicale. Pourtant, sa dernière signature lui avait apporté la promesse d’une suite de carrière toute tracée, avec des dates de sorties d’albums et des plans de communication à gros budget. Mais pris dans cet environnement, auquel se sont ajoutées des difficultés personnelles, Brav s’est senti submergé, lui qui « ne fait pas de la musique avec la tête, mais avec le cœur ».

    Le documentaire « Parachute », qui revient sur les dernières années de Brav.

    En novembre 2020, il décide donc de partir pour un voyage sans réseaux sociaux, sans obligations, sans pression, sans oppression. Un voyage pour retrouver son ADN musical, et se retrouver lui-même. Au moment où de jeunes artistes font des disques d’or avec un single et arrêtent leur carrière avant même de l’avoir commencée, Brav montre à quel point le chemin pour arriver à une démarche artistique sincère peut être tortueux. Dans le texte qu’il a publié sur ses réseaux sociaux avant d’en disparaître, il explique :

    « J’aurais évidemment pu vous écrire tout ceci dans un énième morceau, mais non, j’en ai marre… Marre d’attendre qu’un vendeur de moquette dans son bureau feng shui parisien décide de bien vouloir m’accorder un peu de son temps pour décider ou pas de la date de sortie de mon album ou de mon titre sur les plateformes… »

    « Marre, d’espérer qu’à la sortie, leur quota pour chansons « hybrides », cette case dans laquelle ils veulent me foutre, me trouve assez présentable pour me permettre d’intégrer leurs fichues playlists en signe d’intégration à leurs élites françaises. »

    Le titre du documentaire, Parachute, laisse penser que Brav s’est servi de ce moment de recul pour livrer un nouveau projet, plus proche de ses aspirations profondes. C’est un nouveau départ, et on vous laisse en découvrir les premiers mots :

    « Adieu Geronimo, Adieu Kamal, dites aux gilets jaunes de mettre un gilet pare-balles. J’ai fini par souffrir de ces choses qui ne m’ont jamais fait de mal. Ne dites jamais qu’il était pauvre, mais qu’il était brave. Tu sais, où je vais je verrai aussi le ciel, je n’étais qu’un produit non-essentiel. »

    Image à la Une : Extrait du documentaire « Parachute » de Brav.

    Documentaire Bouchées Doubles Brav

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