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Nina Meurisse et Eric Benzekri : “Le but de La Fièvre est d’essayer de décrypter dans quel nouveau monde on vit.”

La Fièvre est la nouvelle série française de Canal + qui suit Sam Berger, une communicante au cœur d’une polémique initialement dans le monde du football, mais qui se propage rapidement, comme une maladie qui contamine la société. Eric Benzekri, showrunner de la série et créateur de Baron Noir, ainsi que Nina Meurisse, actrice jouant le rôle de Sam Berger, étaient sur le plateau de Clique ce mardi 19 mars.

Quand la fièvre monte

 Quand j’ai lu le scénario, j’étais sidérée de voir que des concepts assez simples pouvaient prendre autant d’ampleur et manipuler des masses.

Quand un scandale médiatique éclate, il peut parfois envahir toutes les strates de la société, éveiller les consciences et faire ressortir le plus sombre en chacun de nous. La société se rend malade, et la fièvre monte, voilà le pitch initial de la nouvelle série d’Eric Benzekri avec Nina Meurisse. Lorsque Fodé Thiam, joueur de football, met un coup de boule à son entraîneur lors d’une cérémonie, il ne s’attend pas à ce que cet acte devienne l’élément déclencheur d’une crise politique et d’une quasi-guerre civile menée par les collectifs identitaires d’une part, les groupes d’extrême gauche d’une autre. Cette série, même si elle n’est que fictive, est une manière pour le showrunner de “décrypter dans quel nouveau monde on vit”, notamment lorsqu’elle fait écho aux différentes polémiques sur les réseaux sociaux et dans les médias qui traversent le pays chaque mois. C’est un phénomène qu’ Eric Benzekri met en lumière dans La Fièvre avec un personnage qui devient “sacrifice public” et qui est “déchiqueté” par les médias et l’opinion publique. Un personnage qui, par un acte presque anodin, embrase le pays. La Fièvre, avec un élément déclencheur simple, celui d’une polémique dans le milieu du football, montre comment un écart de conduite peut être utilisé pour “manipuler des masses” et réduire à néant la notion de vivre-ensemble, laissant place à une guerre d’influence.

La fiction, reflet de la société

La progression des théories du complot est comme un virus, ça va très vite et c’est ça La Fièvre.

Les séries ne prédisent pas forcément l’avenir, mais elles sont néanmoins un moyen de “nous faire avancer, nous faire prendre conscience des choses.” Si La Fièvre est une dystopie, elle met également en garde sur les dérives des réseaux sociaux et de la surexposition médiatique, à l’image d’un virus qui se propage dans les masses et qui empoisonne une société entière. La polarisation des opinions est un élément majeur de la série, chaque individu se bat pour faire éclater sa vérité, au point où il en devient difficile de discerner le vrai du faux, “on a l’impression que le mensonge et la vérité se valent.” Eric Benzekri met en garde sur certains discours servant de “pièce dans la machine” de la radicalisation, et qui dans la série amènent à un point de non-retour où les idées prennent le dessus sur les valeurs humaines et le respect d’autrui pour plonger le pays dans une crise sans précédent.

À travers la série, Eric Benzekri et Nina Meurisse “parlent du présent et des peurs qu’on a dans le présent pour l’avenir”, comme une mise en garde face à notre propre société tournée vers les polémiques et les complots, qui peut souvent nous empêcher de voir ce qu’elle peut offrir de plus inspirant. Cette fiction éclaire sur les faces les plus sombres de la population française, mais n’en fait pas une généralité. Il y a toujours une vérité et Eric Benzekri estime que la France “n’est pas aussi déglinguée que d’autres pays qui sombrent totalement”, même si le scénario laisse penser que la haine domine, “l’idée du vivre-ensemble est au cœur de La Fièvre”.


Intrigante, pleine de rebondissements, auto-réflexive, La Fièvre est la série française à ne pas manquer, chaque lundi sur Canal + et sur MyCanal.

L’émission est à retrouver en replay sur myCANAL et l’interview de Eric Benzekri & Nina Meurisse est disponible sur la chaîne YouTube CliqueTV.

Clique, tous les soirs en clair à 19h45 sur CANAL+.

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