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Ludivine Sagnier : « Il faut que notre milieu du cinéma serve d’exemple »

Actrice et comédienne de théâtre, Ludivine Sagnier est à l’affiche de l’adaptation théâtrale du livre “Le Consentement” de Vanessa Springora. Dans un seul-en-scène, la comédienne retrace la tourmente d’une adolescente sous emprise jusqu’à l’acceptation, sujet faisant écho aux diverses polémiques d’abus sexuels et d’emprises qui ont touché le milieu du cinéma ces derniers mois.

Artiste et femme libre de ses choix

Je suis aussi libre que possible.

Ludivine Sagnier commence la comédie à l’âge de 8 ans en accompagnant sa sœur à un casting  pour le film “Les Maris, les Femmes, les Amants” de Pascal Thomas, où elle obtient finalement un petit rôle. Dès ses 17 ans, Ludivine Sagnier devient indépendante financièrement, elle enchaîne les doublages et les petits rôles au cinéma. C’est en 2002 que la carrière de l’actrice prend un tournant avec son rôle dans le film de François Ozon, “Huit Femmes”, pour lequel elle est nommée dans la catégorie meilleur espoir féminin aux César 2003. S’en suivent plus de 45 films, mais également de nombreuses séries françaises et internationales, notamment “Lupin” avec Omar Sy et “The Young Pope” avec Jude Law. Durant toute sa carrière, la comédienne affirme avoir été très entourée par sa famille et, contrairement à beaucoup d’actrices, pense avoir été “épargnée d’expériences traumatisantes.” Ayant grandi dans les années 80, elle déplore le fait qu’à l’époque, “on ne savait pas que les autres n’avaient pas le droit de disposer de notre corps et de notre consentement”, un sujet qui est aujourd’hui plus que présent dans le débat public, ce que Ludivine Sagnier félicite.

L’importance de l’éducation au consentement

Aujourd’hui, je pense que la meilleure façon de faire évoluer les mœurs, c’est dans l’éducation même.

Actuellement au théâtre pour l’adaptation du livre “Le Consentement” de Vanessa Springora, qui retrace sa relation d’emprise avec l’auteur Gabriel Matzneff alors qu’elle était encore mineure, Ludivine Sagnier tient à ce que le consentement ne soit plus sujet tabou, et qu’il fasse partie des notions primordiales à transmettre aux enfants puisque “la meilleure façon de faire évoluer les mœurs est dans l’éducation elle-même”. Mère de trois filles, la comédienne ne veut pas reproduire son schéma éducationnel, elle qui, à 15 ans, n’avait “aucune idée de ce qu’étaient le consentement et un prédateur sexuel.” Elle veut désormais que la jeunesse comprenne que le prédateur sexuel “a la tête de tout le monde” et que le droit de dire “non” est une priorité. Cependant, en grande optimiste, l’actrice s’enthousiasme de la facilité qu’a la jeune génération à intégrer ces notions vitales, désormais beaucoup plus ancrés dans les mentalités, et a espoir de voir la société continuer d’évoluer en ce sens. 

Le cinéma doit donner l’exemple

Il faut que notre milieu du cinéma serve d’exemple.

Ludivine Sagnier, en citant le discours de Judith Godrèche à la cérémonie des César 2024, déplore un “aveuglement collectif” du milieu du cinéma où les abus sont présents mais trop peu dénoncés. Cependant, de tels abus ne sont pas réservés au milieu du cinéma, ils surgissent dans tous les milieux et toutes les classes sociales. Le cinéma doit ainsi “servir d’exemple” à un changement des mentalités, et à une prise en compte de la parole des victimes. La création artistique, selon l’actrice, doit devenir un vecteur d’évolution des mœurs puisque les témoignages, au travers des œuvres littéraires, théâtrales ou cinématographiques, sont un moyen d’émancipation de la parole, une motivation pour Ludivine Sagnier lorsqu’elle interprète des rôles aussi durs que celui dans Le Consentement. En tant que comédienne, mère et citoyenne, Ludivine Sagnier veut que la libération de la parole dans le milieu du cinéma ne soit qu’une porte d’entrée à la dénonciation de tout type de rapport de domination et d’abus dans la société.


Ludivine Sagnier est à retrouver dans le seul-en-scène “Le Consentement”, au théâtre du Rond-Point à Paris, jusqu’au 6 avril 2024.

L’émission est à retrouver en replay sur myCANAL et l’interview de Ludivine Sagnier est disponible sur la chaîne YouTube CliqueTV.

Clique, tous les soirs en clair à 19h45 sur CANAL+.

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