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    Le Mec numéro 1, par Justine Paolini

    Il y a les cons et puis, il y a les autres. Enfin, les autres… les quelques autres. Ceux qui sont rares, ceux que tu croises aux moments les plus inattendus de ta vie, ceux qui te marqueront pour un bon moment.
    Tu as beau de ne plus croire aux princes charmants, aux chevaliers blancs et aux sauveurs tendance Saint-Bernard, il y en a certains qui ont le don de te chambouler dans tes petits principes de femme libérée et indépendante… Oui bon… ou qui aimerait se croire comme telle.
    Et pourtant, t’aurais pas parié dessus. Avouons-le, il est loin des clichés de beauté qu’on nous vend à longueur de journée. Mais là où le charmant jeune homme a tout compris, c’est qu’il sait qu’il est loin de ressembler à Brad Pitt. Et qu’il a mille autres choses en lui qui l’ont rendu mille fois plus beau que les blaireaux narcissiques que t’as croisé ces cinq dernières années.
    Il est sûr de lui, de ses valeurs, il est intelligent, drôle, intéressant, et – SURTOUT – pas dragueur lourd et en chien, ou alors il sait très bien le masquer. Et c’est dans toutes ces mille choses qu’il a compris où était sa beauté, là et pas dans un pseudo corps d’athlète.

    Il aura suffit de trois regards, trois blagues, trois références musicales communes et t’échangerais pas sa place avec Brad trois secondes. Et en plus, il essaie pas de te pécho.

    Finalement, après quelques jours et quelques cafés échangés chastement, l’intérêt a été décuplé par mille lui aussi. Le mec est là, accompli, serein… et ne te drague pas. Il te parle de lui un peu, par bribes… et tu ne peux pas t’empêcher de déceler une fragilité. Tu ne comprends pas exactement à quoi elle correspond… Tu sais pas ce que c’est, tu sais pas où elle est exactement, mais y a un endroit où tu comprends pourquoi tu as été séduite : il t’a un peu émue.
    Alors, t’essayes bien de lancer des signes : « Embrasse-moi, je t’en supplie », mais rien. Rien de rien. Merde, j’ai perdu le modjo ou quoi ? T’as beau te redresser et te concentrer sur ses lèvres, rien. Mais, vu qu’il n’est pas idiot, il a bien pigé tes tentatives désespérées de séduction facile. Et comme – histoire de t’achever – le mec est courageux et respectueux, il met les pieds dans le plat :

    – Vraiment, tu me plais, vraiment. C’est terrible comme tu me plais. Mais s’il se passe un truc maintenant, ça ne marchera pas.

    – Heiiiiin ?

    – J’ai pas le temps, c’est pas du mytho. Et j’ai des trucs à régler par rapport à moi-même, je veux pas reproduire les mêmes schémas et qu’on se fasse du mal. Parce que toi non plus t’as pas l’air bien, je pense que t’as des trucs à régler…

    – Euh… ouais, non… okaaay. (Ouch, c’est donc si visible.)

    Et le pire, c’est qu’il a pas l’air con en disant ça, ce qui n’est pas gagné en sortant une banalité pareille. Par contre toi, oui. Il t’a séchée.

    Après une longue conversation pleine de bienveillance où tu humes avec prudence qu’il n’est pas en train de t’enfumer, tu ne peux pas t’empêcher de rentrer chez toi un peu vexée, princesse refoulée que tu es.

    Quelques semaines, quelques cafés et dîners passent… Toujours rien. Pourtant, tu l’as revu plein de fois, tu as ri comme jamais, tu le désires comme jamais mais c’est pas grave. Il te donne plein de conseils, il te raconte tous ses rêves, ses projets, tu ne peux pas t’empêcher d’imaginer avoir une petite place là-dedans. Tout ce dont il rêve est cool, sa façon de le faire est cool, sa façon d’en parler est cool. Sans agressivité, arrivisme ou esprit de requin de Wall Street, mais juste sûr de lui et ambitieux.
    Tu lui parles de tes doutes et tout ce qu’il dit touche juste. Tu le connais depuis peu et tu lui fais une confiance aveugle. Il aime bien être un peu paternaliste malgré vos âges pratiquement similaires, mais il le fait toujours avec bienveillance et générosité. Il doit bien y avoir un petit Œdipe non-résolu enfoui en toi, on a beau lutter, parfois on aime bien le côté papa bienveillant et mature. Mais dans son œil à lui, il y a encore et toujours ce petit quelque chose de fêlé. Pas brisé, pas explosé, mais fragile. Et ça t’émeut.

    En fait, le Numéro 1, c’est celui qui a quelque chose en lui qui te bouleverse un peu. Celui qui lutte autant que toi pour ne pas se laisser aller au pathos et au sentimentalisme, mais qui cherche juste le Vrai. Et ça c’est bizarre, inhabituel. T’es tellement habituée aux cons que, quand tu tombes sur un mec… juste normal en fait, et bien toi, tu trouves ça dingue. C’est peut-être pour ça qu’on t’envoie des couillons tout le temps : pour te mettre à l’épreuve du : « Reconnaît le mec bien ».
    Le mec bien, celui qui n’est pas une serpillère en mal de petite femme ou d’un substitut de maman à la maison, juste le mec bien, qui a des valeurs et qui te respecte autant qu’il se respecte. Le gars qui n’est pas là pour t’essorer et te jeter pour combler ses petites névroses.

    Bon, ne mens pas, tu luttes grave parce qu’il ne tente toujours rien avec toi.
    Pas même te rouler une petite pelle.
    Tu luttes grave à ne pas penser à chaque phrase qu’il dit :

    « Wow ok. Bonhomme. Voilà quoi. Bonhomme. Jusqu’au bout, bordel. EMBRASSE-MOI merde »

    Mais au fond, tu t’en fous qu’il ne t’embrasse pas. Il est là et c’est cool. Tu sais qu’il comptera plus que d’autres. Il y a ce mec, là, en ce moment, qui te fait aimer tout, la vie, le monde, l’univers.

    T’en deviendrais mystique, ma vieille. Peut-être que tu ne seras jamais avec lui, peut-être que vous vous déchirerez dans d’atroces souffrances, peut-être que t’auras plus de nouvelles dans deux semaines parce qu’il aura trouvé une meuf… Mais au fond tu t’en fous.
    Tu remercies juste la conjoncture cosmique de l’avoir mis sur ton chemin, à ce moment-là, tout de suite, maintenant, pour te redonner un peu la foi. IL t’a chamboulé le garçon…

    Apprendre à être patiente, à désirer et à ne pas consommer, ça te fait du bien. Je te jure que ça te fait du bien. Peut-être que tu te trompes et que tu attends pour rien. Peut-être que c’est un con comme d’hab’, et que toi t’es qu’une conne, comme d’hab’ et qu’il t’a juste donné une pauvre excuse pour pas te froisser. Mais la connerie est trop belle pour ne pas y croire un peu.

    Le Numéro 1, en fait, ça peut être ton ami ou ton mec – bon, tu préférerais qu’il soit ton mec, quand même.

    C’est surtout celui qui annihile tout cynisme envers l’humanité et la gente masculine qui macère en toi.

    Le Numéro 1, c’est celui qui te fait dire : « Putain, les gens sont beaux ».

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    Justine Paolini
    Comédienne & Auteure
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