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    Un samedi avec Giorgio Moroder : Tahiti, mots-croisés, sushis et DVD

    Ce jour-là, la tension est à son maximum.

    Je vais interviewer Giorgio Moroder.

    Un mec qui est né en 1940 et qui aime plus la musique électronique que toi.

    Nous arrivons à l’hôtel Hyatt. Dernier étage. Ruche sur le balcon, Giorgio enchaîne les entretiens depuis ce matin. On me fait signe que ce sera bientôt mon tour.
    Le voilà qui sort de la chambre, accompagné de deux journalistes. Il demande 5 minutes de pause et s’engouffre dans sa chambre à lui.

    Il est grand. Belle chevelure blanche. Habillé tout en noir…

    Vite, on a deux minutes pour installer nos caméras. Où sont les prises ? Où est-ce que je vais poser mon magnéto ?
    Giorgio arrive. Sourire. Says « Hello » et nous tend son poing pour qu’on le check à défaut de lui serrer la main. J’en déduis qu’il trouve ça plus hygiénique surtout face aux Français connus internationalement pour ne jamais se laver…

    Nous nous asseyons.

    « Bonjour Giorgio. Tout d’abord je suis très heureuse de vous rencontrer… » (J’ai envie qu’il lise dans mes yeux à quel point je l’aime)
    Je lui annonce le principe de mon interview :
    « THIS IS THE PERFECT SATURDAY WITH…. Giorgio Moroder ».
    Il va falloir qu’il se projette et qu’il me raconte les détails d’un meilleur samedi possible :

     

    Vous ouvrez les yeux. Où sommes-nous ?

    « Je rêve d’être à Tahiti. Il y a une petit île qui s’appelle Tahaa, avec de petites maisons sur pilotis, l’eau est bleue… Tu peux marcher dans l’eau et nager jusqu’à l’île.. Voilà où je voudrais être ». 

    Quels sont vos premiers gestes quand vous vous réveillez ?
    Giorgio : Je me lève toujours du pied droit. Ça porte chance 🙂

    Qui est avec vous ?

    « En premier lieu, ma femme, parce que suis très heureux… Mais si je n’avais pas de femme, peut-être que j’aimerais que toi, tu sois avec moi ». 

    (Je manque défaillir et dans un excès d’euphorie j’hurle à pleins poumons : « I AM AVAILABLE !! » avec la voix de la parfaite hystéro.)

    Le petit déjeuner parfait de ce samedi, il ressemble à quoi?

    « Oh, je me rappelle que j’ai eu un super petit déjeuner à Florence, sur une terrasse qui donne sur les rives de l’Arno, avec de la pancetta, des oeufs, du café, des toasts et de la marmelade. Et c’était absolument génial, romantique, il devait être entre 7 et 8 heures du matin. Je voudrais avoir ça, mais à Tahiti ». 

    Je lui pose alors une question dont j’ai encore honte aujourd’hui…

    Bain ou douche ?
    Mais il me répond sans hésitez.
    Giorgio : Douche, douche, douche !

    Comment êtes-vous habillé ?

    « Si je suis à Tahiti, juste un maillot de bain. Si je suis à Los Angeles, juste un t-shirt et un short. Ça dépend du temps, mais voilà ce que j’aimerais, ce serait génial ». 

    « Dans les années 80, j’étais très fin, du coup je portais des trucs très européens à Los Angeles. Beaucoup de chemises très colorées, des pantalons « dans le coup. Je crois que j’ai une veste que j’ai toujours, que je portais il y a 30 ans. Je la portais à la place des vestes de costume ». 

    Et ensuite ? Il se passe quoi durant matinée parfaite de Giorgio Moroder ?

    « Je prends deux cafés, et je lis l’actu. Le matin, je prends mon ordinateur portable et je lis le Corriere della Sera, le New York Times, le Spiegel, le Drudge Report, et de temps en temps, je lis Le Monde ».

    Time to lunch ! On va où, on mange quoi ?

    « Je voudrais du saumon, rare. Je ne mange pas de thon parce que tu sais, le thon est une espèce protégée. Je mange du cabillaud. Ça, je l’aime bien cuisiné à la japonaise, avec de la sauce, du riz, et des petits légumes ». 

    Bien, c’est l’après-midi. Qu’est-ce que vous avez prévu ?
    Giorgio : Si je suis à Los Angeles, j’irai à la plage, je me baladerai pendant une heure, pour arriver dans ces rues où il n’y a pas beaucoup de trafic, là où il y a plutôt des magasins, et là je me prendrai un petit déca. Je prends toujours 2 cafés le matin et 1 déca l’après-midi. Et là, je ferai peut-être des mots croisés. En italien (il rigole). Parfois j’essaye en anglais, mais c’est un peu difficile… Donc là, il est à peu près 17h, n’est-ce pas ? Peut-être que je vais regarder un peu la télé, encore que d’habitude je ne la regarde jamais l’après-midi… Du coup c’est l’heure de dîner.

     

    Où est-ce que vous aller dîner ?

    « J’aime les sushis. Et à Los Angeles, tu peux trouver des sushis incroyablement bons.
    – Un restaurant préféré ?
    – Oui, un tout petit restaurant tenu par deux soeurs. Les excellents sushis ne sont pas forcément les plus chers. Quand j’arrive là-bas, je ne dois pas patienter pour une table. Pas besoin de réserver. J’y dîne environ deux fois par semaine ». 

    Après dîner, Giorgio me raconte qu’il a passe souvent ses soirées en famille, avec sa femme Francisca, son fils accompagné de sa petite amie. Ensemble, ils se font parfois des sessions cinéma dans le salon. Surtout en hiver. Tous les plus gros/grands films de l’année. Format DVD.

    Et après ça, qu’est-ce qu’on fait ? Un dernier verre ? Un petit Scotch ?

    « Pas de scotch, mais de la vodka ! Peut-être deux, sans glace.
    – Pure ? Sans rien, pas d’olive.. ?
    – Non non non non non. Ensuite, j’éteins la télé, et je vais dormir ». 

    Buona notte Giorgio… en tout cas moi je vais faire de beaux rêves.

    Musique Giorgio Moroder Interview

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    Adeline Grais-Cernea
    Rédactrice en chef adjointe
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