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    CLIQUE X will.i.am

    Aujourd'hui Mouloud Achour reçoit will.i.am. Devant la Joconde, au cœur d'un Louvre vide, le leader des Black Eyed Peas s'ouvre sur ses débuts, sur l'état du hip hop aujourd'hui, et parle de sa passion pour les nouvelles technologies ou encore de brutalité policière.

    « C’était un rêve »

    will.i.am. conçoit aujourd’hui ses propres applications, ses produits, possède sa propre entreprise. L’interview de Mouloud commence donc logiquement par une référence à Juicy, morceau culte de Notorious B.I.G. Passionné de technologie, will.i.am. vit aujourd’hui son rêve d’enfant : « Je cherchais sur Google, j’achetais un iphone. Aujourd’hui, je crée mes propres trucs. Pourquoi ne pas rêver en grand ?« .

    Face à la vraie Mona Lisa, Mouloud et le chanteur se rappellent de la chanson de Slick Rick, un des héros de will.i.am. Un autre de ses modèles, Phife Dawg, nous a récemment quitté. Membre fondateur d’A Tribe Called Quest, le rappeur et son groupe ont inspiré le nom du premier groupe de will.i.am., A Tribe Beyond A Nation, abrégé Atban Klann. Il raconte une anecdote : sa petite amie de l’époque lui avait proposé de lui offrir une place pour un concert d’A Tribe Called Quest, qu’il avait catégoriquement refusée.

    « – J’ai dit à ma copine : « Je ne suis pas censé les voir comme ça (…) Il faut que je les voie dans les coulisses quand on fera leur première partie. Tu vas voir, un jour on fera la première partie d’A Tribe Called Quest. »
    – C’est arrivé alors ?
    – Trois ans plus tard. »

    « Parfois, je sens dans mes tripes que ça va être comme ça. Je le vois. ». Ces prémonitions, will.i.am. les a depuis tout petit : « Une fois ma mère m’a dit : « Il faut que tu trouves un travail ». J’ai dit : « J’ai déjà un travail, ce n’est juste pas encore rémunéré« . L’artiste a toujours eu des rêves ambitieux. À 13 ans, il voulait déjà signer sur un label. Bercé par « The Rhythm« , « Bonita Applebum » ou encore « Buddy« , il commence à écrire ses premiers raps.

    Il rencontre alors Apl, son meilleur ami, venu d’un village de province aux Philippines : « Comme il ne parlait pas anglais, ma mère pensait qu’il était une bonne fréquentation car dans mon quartier tout le monde se faisait flinguer« . C’est avec lui qu’il fonde son premier groupe. Atban Klann est alors signé chez Ruthless, où will.i.am. rencontre Eazy-E. Ils enregistrent plusieurs sons ensemble (« Merry Muthaphuckkin’ Xmas » ou encore « Niggaz and Jews« ).

    « Imaginons qu’Eazy-E n’ait pas décédé. Peut-être que Dr Dre aurait reformé les NWA. Si ça c’était produit, peut-être que Tupac n’aurait pas décédé non plus. Et si Tupac n’était pas mort, peut-être que Biggie non plus… Et si Biggie n’était pas mort, on n’aurait pas Jay Z. Donc, sans la mort d’Eazy-E, le hip hop aurait été complètement différent. »

    Au sujet de la trap, le leader des Black Eyed Peas parle d’un vrai piège (traduction française du mot « trap »). Se référant au « Message » culte de Grandmaster Flash et au film Juice, will.i.am. dénigre la culture trap qui glorifie la drogue et les dealers. « Il y a d’autres moyens de s’en sortir. Regarde Beats Electronics. Ils ont gagné plus d’argent que le plus gros dealer qu’on puisse imaginer. Aux dernières nouvelles, Dre vient du ghetto. »

    « Arriver à sortir d’une vie difficile c’est bien. Mais s’en sortir en contribuant au malheur des autres, je n’y vois pas le bien. »

    C’est un problème d’addiction de sa tante qui lui a donné cette vision de la drogue. Le chanteur a été très tôt confronté à une réalité sociale difficile, « quand [il] faisait la queue pour l’aide sociale« . Redevable de la charité dont il a bénéficié, will.i.am. est aujourd’hui à l’initiative de ses propres programmes d’aide, comme i.am.an angel, au travers duquel le chanteur espère détourner les enfants défavorisés d’une vie criminelle, et leur donner les clés pour réussir dans l’informatique.

    « La troisième révolution industrielle a changé le monde. Et aujourd’hui, on est dans la quatrième. » will.i.am. est un passionné de technologie. À l’ère des voitures autonomes, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, il affirme : « il faut faire attention« . Les révolutions industrielles passées ayant conduit à des guerres mondiales, l’idée est pour lui de faire de la présente une opportunité pour la paix : « Il s’agit de tolérance, de développement durable, de compassion…« .

    « Les médias traditionnels essaient de survivre et ils font tout ce qu’ils peuvent pour faire de l’audience »

    L’intolérance, will.i.am. la voit autant dans les médias traditionnels que sur les réseaux sociaux. Mais sur ces derniers, il tempère : « les réseaux sociaux existent par les gens qui s’expriment, donc bien sûr que la haine qui y figure. Mais surtout, il y a des coeurs, des likes« . Lui qui s’exprime souvent sur Twitter vient d’ouvrir un compte Instagram. Dessus, il a par exemple posté une photo de Donald Trump portant un masque du Ku Klux Klan, rapport à une récente polémique impliquant le candidat à la primaire républicaine.

    « Un jour on regardera en arrière dans 20 ans, on dira : « Qu’est-ce qu’on foutait ? » « 

    Pour atténuer son constat pessimiste, will.i.am affirme : « C’est la première fois dans l’histoire humaine qu’une chose gratuite est à l’origine de sociétés qui valent des milliards de dollars« .

    La question d’Internet permet à Mouloud d’enchaîner sur le sujet de la brutalité policière, avec l’exemple de la viralité qu’a connu le drame de Ferguson. « Je l’ai vu de mes propres yeux, je connais des personnes… des gens de mon quartier qui sont morts à cause de la police… Flingués. » raconte l’artiste, visiblement ému, avant de mentionner René, tué à 16 ans, cité dans la chanson « Positivity » des Black Eyed Peas, et Adam.

    « J’aime la clique : moi, Apl et Taboo. Notre clique est plutôt cool. Tout le monde nous disait que non« . À l’habituelle question de la clique, will.i.am. répond en se rappelant des débuts de son groupe. « On allait en club genre : « Qui est sur scène  ce soir ? Je vais me démerder pour être sur cette scène« . Cette « mentalité-là » ne l’a jamais lâché depuis.

    « Notre clique s’appelle les Black Eyed Peas. C’est une clique puissante. »

    Musique Black Eyed Peas Clique x will.i.am.

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