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    Clique x Myriam El Khomri, Ministère Amer

    Depuis sa nomination, elle n'a adressé la parole qu'à Olivier Mazerolle. Voici sa première interview filmée.

    Mardi 7 septembre 2015. C’est dans ses quartiers, rue de Grenelle, à Paris, que nous rencontrons la toute nouvelle Ministre du Travail. Myriam El Khomri a pris ses fonctions une semaine plus tôt.

    Elle remplace François Rebsamen, qui a retrouvé son poste de maire de Dijon, à la tête d’un ministère aux airs de cadeau empoisonné, aussi convoité que difficile… « Le pire job du monde ? »

    « Ce n’est pas le pire job du monde ! Servir mon pays, c’est le plus beau job du monde ».

    Mouloud Achour évoque l’épineux problème de l’inversion de la courbe du chômage : « Est-ce que vous vous rendez compte que vous avez peut-être la réélection de François Hollande sur les bras ? », demande-t-il.

    « J’ai surtout le destin de nombreux chômeurs et chômeuses entre les mains. Ma pression, je la tiens de ça. Mais c’est aussi ma force, parce que j’ai passé un an à les rencontrer ».

    Mouloud Achour : « Il paraît que vous avez appris votre nomination lorsque vous étiez au BHV, en train d’acheter des chaussures en soldes… »

    « Il y a un an, j’ai appris ma nomination pour être secrétaire d’État à la politique de la Ville, et en effet…

    Lorsque le Président de la République et le Premier Ministre m’ont appelée, j’étais en train d’acheter une paire de chaussures ».

     « Ça gagne bien sa vie, une Ministre du Travail ? »

    « Je ne sais pas. Je peux vous dire ce que je gagnais avant : 7 000 euros. Je crois qu’en tant que ministre, c’est 500 euros en plus ». (…) « C’est vraiment beaucoup par rapport au salaire moyen en France ».

    « Est-ce que François Hollande compte sur vous pour être réélu ? »

    « Ce n’est pas sa réélection qui est en jeu »

    « Mais le Président a présenté votre nomination comme un symbole fort… Un symbole qui arrive au bon moment ? »

    « Ce qu’a voulu dire le Président de la République, c’est qu’il n’y a pas plus beau symbole pour les quartiers populaires que de nommer celle qui s’en occupait comme Ministre de l’Emploi et du Travail ».

    Mouloud Achour : « La jeunesse faisait partie des grandes promesses de François Hollande. On avait l’impression qu’un candidat avait écouté la jeunesse de tous les quartiers, populaires comme ruraux, et c’est seulement maintenant que ce discours commence à émerger… »

    « Les politiques dont je parle ont été mises en oeuvre dès 2012. Le problème, c’est le laps de temps entre le moment où on annonce les outils et leur mise en oeuvre concrète sur le terrain (…) Ça ne se décide pas en trois mois. »

    Mouloud Achour : « On dit souvent que les jeunes souffrent du chômage… Est-ce une maladie ? »

    « Le chômage n’est pas une maladie ».

    « Je crois que l’investissement de la France est dans la jeunesse. Les jeunes ont envie d’être autonomes (…), et ils doivent être égaux face à cette volonté là. La question qui est posée aujourd’hui, c’est ‘Comment faire pour qu’ils passent le moins de temps à ne rien faire ?' »

    Myriam El Khomri, pendant ses études, a multiplié les petits boulots… Elle explique :

    « J’ai fini de rembourser mon prêt étudiant quand j’étais adjointe au maire de Paris ».

    « J’ai été étudiante-salariée. Quand je suis sortie de mes études, j’avais été responsable d’un magasin de maillots, j’avais travaillé pour mon père dans un salon de reprographie (…) C’est important, en tant que Ministre de l’Emploi et du Travail, de savoir ce que c’est ».

    Quid du découragement des jeunes, qui ne voient pas d’issue positive à leurs études ?
    Mouloud : « J’ai des copains qui ont un bac +5, et qui sont chauffeurs Uber… »

    « À diplôme égal, les jeunes diplômés des quartiers populaires sont deux fois plus au chômage que les autres ».

    Mouloud Achour : « Aujourd’hui, les enfants disent : « on veut faire de l’oseille' »

    « Quand ils ont 12 ans, 15 ans, c’est la réponse qu’ils font systématiquement. Mais on voit bien que quand ils grandissent, ils ont envie de stabilité ».

    Mouloud Achour : « Quand je vous dis que les jeunes veulent faire de l’oseille, c’est qu’ils ne croient plus au social (…). La gauche a perdu le combat idéologique. On a envie d’être des patrons, on a envie d’entreprendre. On a envie d’avoir des salariés, de voyager dans le monde… »

    « Ce n’est pas une perte de combat idéologique de la gauche. Les patrons, les entrepreneurs sont essentiels, et ils ne sont pas de gauche ou de droite. Quand je vous dis que l’enjeu, c’est d’aider les jeunes à créer leur boîte, ça, pour moi, c’est un discours de gauche. C’est aussi un regard qu’on va porter sur ces jeunes, en disant : ils ne sont pas destinés qu’aux métiers de la propreté et du bâtiment ».

    Mouloud Achour : « J’ai l’impression que quand on vient d’une famille modeste, on ne peut pas devenir riche. Si on n’a pas un minimum d’assise, on se fait assassiner ».

    « Mon modèle, ce n’est pas forcément de devenir riche. Mais quand les jeunes font des efforts, il est normal que ceux-ci soient rétribués, et qu’ils aient une place dans la société ».

     « Pourquoi, sous un gouvernement de gauche, on est un pays qui est si réfractaire, dans les sondages, à l’accueil des réfugiés ? »

    « Il y a eu une hystérisation du discours politique. Les discours depuis qu’on est dans un système de tripartisme. (…) Certains discours de la droite et du Front National sont parfois dangereux ».

    « Ce qui se joue-là, c’est notre pacte de cohésion nationale, notre élan du 11 janvier ».

    Mouloud Achour : « Est-ce que vous croyez que Marine Le Pen peut être présidente ? »

    « Non, je dis non avec mon coeur. Il faut expliquer, il faut se battre, il ne faut pas laisser le terrain au FN. (…). Mais en effet il y a un tripartisme aujourd’hui ».

    Retour sur l’interview controversée d’Olivier Mazerolle, qui a parlé à la Ministre de son tempérament supposément lié à ses origines.

    « Ce n’est pas à moi de juger la pertinence des questions de journalistes, c’est la règle que je me fixe », répond la Ministre.

    « C’est ma richesse personnelle, c’est mon histoire, et j’ai vraiment envie qu’on parle de ce que je fais et pas de ce que je suis, tout simplement ».

    Mouloud Achour : « Qu’avez-vous à dire aux jeunes qui n’ont pas d’espoir et qui pensent qu’on ne peut pas trouver de travail en France ? »

    « Les jeunes doivent arriver à réfléchir à un projet professionnel qui leur plaise, (…) qu’ils soient dans une démarche proactive, qu’ils soient motivés, combatifs (…) Je leur dis que j’espère qu’ils trouveront un emploi, et surtout un emploi à la hauteur de leurs qualifications ».

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