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Clique Quote : Grand Corps Malade – “Je peux vivre sans ma banlieue mais pas sans mes banlieusards”

À l'occasion de la sortie de son nouvel album Reflets, Grand Corps Malade évoque sur le plateau de Clique la fainéantise des artistes, ses craintes écologiques, son éthique banlieusarde et son prochain film avec Tahar Rahim dans le rôle de Charles Aznavour.

À peine entré sur le plateau, le slameur/rappeur se fait taquin avec les artistes de son entourage : “Les artistes sont des feignants. J’en connais, ils travaillent deux heures dans la journée et ils disent ‘wahou là on a bien bossé aujourd’hui !’. Ils n’ont pas l’habitude d’avoir de vraies journées alors que le commun des mortels bossent de 9h à 18h”, répond-il à Mouloud Achour qui le questionne sur sa productivité artistique, entre album solo, trio et film. 

Avec Reflets, son nouvel album sorti le 20 octobre, l’artiste se lance dans un grand travail introspectif, plongeant dans son quotidien pour en garder, comme il sait si bien le faire, les petits instants qui parlent à tous. Dans sa chanson Retiens les rêves, il partage ses souvenirs comme le “petit moment du matin, l’odeur d’un grille pain, ou le soir quand on écoute du rap en revenant d’un entraînement de foot et de basket, ces petits moments banals ne sont pas éternels du coup on veut les retenir comme si c’était des rêves.” Papa depuis 13 ans, il réalise combien ses journées ont changé et que son nouveau centre gravitationnel se trouve du côté de sa famille : “Quand tu as des enfants tu te dis que tu n’es plus la priorité et dans l’emploi du temps il y  a quelque chose qui passe avant tout. Mes enfants ont kiffé le morceau. Il y a eu des petites larmes, ce qui est rare donc j’étais très ému et content qu’ils valident le morceau. ” 

La famille, il l’imagine avec une lettre fictive que lui aurait envoyé son petit-fils imaginaire en 2083. Alertant sur les changements climatiques, les transformations de la Terre et les assèchements des mers, le slameur rappelle qu’en “2023 on sait à peu près ce qui nous attend si on ne réagit pas. Je ne comprends pas ce que font les grands de ce monde. On a beau rouler en hybride et faire du tri sélectif dans nos petits apparts, ça ne changera pas grand chose. Tant qu’on n’aura pas des lois internationales qui nous contraignent dans nos modes de vie, on n’avancera pas.” 

“ ‘Je préfère les écorchés, les rebelles, les bizarres. Je peux vivre sans ma banlieue mais pas sans mes banlieusards’. Aujourd’hui c’est le cas, je ne vis plus en banlieue depuis 10 ans mais par contre tu as vu qui y avait dans les loges. Sans eux, sans nos discussions, sans nos vannes, sans cette éthique de la banlieue je me ferais chier.”

C’est à l’écriture de ses textes que Grand Corps Malade se sent le plus travailler, préparant l’avenir. Mais s’il regarde en arrière, il réalise combien la banlieue peut lui manquer. “ ‘Je préfère les écorchés, les rebelles, les bizarres. Je peux vivre sans ma banlieue mais pas sans mes banlieusards’. Aujourd’hui c’est le cas, je ne vis plus en banlieue depuis 10 ans mais par contre tu as vu qui y avait dans les loges. Sans eux, sans nos discussions, sans nos vannes, sans cette éthique de la banlieue je me ferais chier.” Une éthique de la banlieue qu’il prend soin de définir à Mouloud Achour : “L’éthique de la banlieue c’est une certaine vision du monde, l’envie d’être ensemble, la solidarité. C’est une certaine idée de la vanne, une certaine rébellion même si elle ne se voit pas il y a un truc qui en nous qui fait qu’on prend un peu de recul et qu’on ne dit pas oui à tout ce qu’on nous propose.”

Comme il le dit, la banlieue ne le quitte jamais vraiment et sa bande le suit depuis ses débuts, premiers témoins de sa longévité dans le métier.  Aujourd’hui ce sont ses enfants qui ne manquent pas de lui faire remarquer son décalage. “La difficulté dans ce métier c’est la longévité de durer et là ça y est, pour la première fois depuis 2 ou 3 ans je suis un ancien. Ce n’est pas moi qui le déclare, c’est les jeunes qui me le disent. (…) Quand c’est tes enfants qui te font découvrir des rappeurs que tu connaissais pas, parodiés par des YouTubeurs que tu connaissais pas, tu te dis que tu as basculé un peu.

Mais l’artiste n’est pas en reste, il transforme sa “vieillesse” en sagesse et continue son ascension. Prochainement, c’est comme réalisateur du film Monsieur Aznavour qu’on pourra le retrouver, avec Tahar Rahim dans le rôle titre. “Le tournage est fini, je continue de côtoyer Tahar Rahim et ça me fait bizarre. Pour moi c’était tellement Charles, il l’a tellement bien incarné, il parlait comme lui, même en dehors du tournage, bougeait comme lui. Il a rêvé Aznavour, vécu Aznavour, il fait partie de cette trempe d’acteurs qui s’oublient complètement, qui vivent intensément le personnage. Il a pris des cours de chant, de piano, de gestuelle, de danse… Il a bossé comme un fou et je pense que le résultat est là.
Le césarisé pour son rôle dans Un Prophète épate encore pour sa capacité à incarner ses personnages et Grand Corps Malade n’est pas avare en anecdotes. Le choc de la fille de Charles Aznavour, présente sur le tournage, est une de ces histoires à retrouver dans l’émission intégrale. 

L’émission est à retrouver en replay sur myCANAL et l’interview de Tarek Boudali est disponible sur la chaîne YouTube CliqueTV.


Clique, tous les soirs en clair à 19h45 sur CANAL+. 

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