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    QUI ES-TU : Tessa B., vague de fraîcheur de la chanson française

    On est le 26 Juillet. Le thermomètre affiche 34°C. Malgré les six heures de décalage horaire qu’elle a dans les pattes et la chaleur étouffante, Tessa B. (fraîchement débarquée de Montréal) nous retrouve sur la terrasse d’un petit café parisien. Après avoir sillonné pendant trois ans l’Europe avec le groupe Synapson et collaboré avec Jabberwocky ou encore Arigato Massaï, elle se lance en(fin) solo avec « Jamais », son premier morceau.

    Le clip de « Jamais » de Tessa B.

    Clique : Qui es-tu ?
    Tessa B. : Je suis Tessa B. J’ai 24 ans. Je suis chanteuse. Je suis une femme. Et je suis heureuse d’être avec toi et de pouvoir faire ma quatrième interview. (rires)

    Pourquoi tu as choisi le nom Tessa B. ?
    « Tessa B. » c’est mon nom de famille, « Basset », à l’envers. C’est un nom qui n’est pas très beau à la base, c’est une race de chien (rires). À quinze ans, avec ma petite sœur, on s’est rendues compte que « Basset », ça faisait « Tessab » à l’envers. C’est parti de là. C’est un truc tout con, hein ? C’est resté depuis…

    Tu as fait une école de théâtre et tu t’es retrouvée embarquée sur la tournée du groupe de synthpop Synapson. Comment ça s’est passé ?
    Je savais que je voulais chanter un jour, mais mon premier objectif après le bac a été d’aller faire une école de théâtre. Je voulais pouvoir exprimer quelque chose sur scène. J’ai été approchée par un producteur à la fin de mes années lycée. J’ai bossé avec lui sur un projet musique, qui ne s’est jamais concrétisé.

    C’est plus tard, pendant ma deuxième année d’école de théâtre, qu’on m’a contactée pour remplacer Anna Kova sur la tournée de Synapson. Je suis allée tenter le coup en studio… Et voilà.

    « Je pensais au début faire deux, trois dates. Et en fait, au bout d’un mois, on me dit : « vas-y, tu fais tous les Zéniths ». Waw. Je n’avais jamais fait de scène. J’ai commencé direct. »

    Tessa B. en live avec Synapson.

    On a vraiment l’impression que tout est allé très vite avec toi : tes premières scènes, c’est des Zéniths avec Synapson. Ta première télé, Taratata… Ça ne monte pas à la tête ? 
    Ça ne peut pas te monter à la tête. Ce n’est pas possible. T’es dans le processus, t’es sans arrêt en train de bosser… Et puis c’était pas « mon » projet. C’est moins stressant, même si au début, forcément, j’avais le trac de monter sur scène devant cinquante mille personnes. C’est plutôt maintenant que ça va être mon truc que je stresse un peu…

    Tu as attendu la fin de trois années de tournée pour repartir à zéro et te lancer en solo… 
    En fait, je n’ai pas « attendu » trois ans. J’étais en tournée avec Synapson à faire des scènes que je n’aurais jamais imaginé faire dans ma vie ! J’ai encore plein de trucs à apprendre, mais j’ai un bagage maintenant.

    « L’année dernière, je suis arrivée à un point où j’étais un peu paumée. Je collaborais avec des artistes électro comme Arigato Massaï, Jabberwocky… Mais quand j’écoutais les chansons, je me disais : « une fille qui chante bien, qui a une jolie voix, peut te remplacer sur ce morceau ». Je ne ressentais pas de singularité. C’était pas moi en fait. Ça ne me correspondait pas vraiment. »

    J’avais aussi besoin de chanter en français. Mais je n’osais pas. Parce que je n’avais pas encore trouvé mon interprétation, rencontré les bonnes personnes… Et surtout, je n’écoutais pas beaucoup de chanson française. A part ma mère qui écoutait du Barbara, je n’ai écouté que de l’anglais.

    Le destin a fait que j’ai rencontré complètement par hasard Benny Adam (qui a collaboré notamment avec Niro et SCH, NDLR), un producteur de Montréal, avec qui je bosse aujourd’hui. Il a entendu ma voix et m’a demandé pourquoi je chantais en anglais. Je lui ai expliqué que ne n’osais pas vraiment, et il m’a répondu : « tu sais quoi ? On se pose, on boit des coups, j’ai des prods, et on écrit ensemble ». On a fait deux morceaux en une heure. Déclic. Il repartait le lendemain au Canada.

    Cinq jour plus tard, j’ai pris mes cliques et mes claques et je suis allée le rejoindre, à mes frais, à Montréal. Je n’y étais jamais allée. Je ne connaissais personne là-bas, à part lui, que j’avais vu une fois. (rires)

    Mon chargeur bug vraiment c’est chiant parfois #bug #iphone #apple #remix #deadbattery

    Une publication partagée par Tessa B. (@tessabofficial) le

    Tu as toujours été aussi exubérante et communicative ? 
    Quand j’étais plus jeune, j’étais coincée du cul ! Mais alors, vraiment. (rires) J’étais très timide et assez introvertie. Je parlais peu, j’observais beaucoup. Observer le comportement des gens m’a toujours fascinée. J’ai pas senti un déclic en particulier, mais il y a eu un moment où j’ai pris la décision de sortir de ça. J’avais envie de dire des choses. Et le théâtre m’a aidée.

    Sur les réseaux sociaux, c’est moi. Je suis spontanée, je ne me prends pas la tête. J’ai tendance à avoir beaucoup d’autodérision et je pense que ça revient pas mal, ce truc de « on se prend pas la tête ».

    Typiquement, tu vas faire un clip, qui va te coûter 30 000 balles, qui est nickel. Ok. Et tu vas faire une vidéo de toi, en chaussettes dans ta chambre, et c’est elle qui fait trois millions de vues… Je trouve ça cool.

    Tu avais quoi dans ton iPod au collège ?
    J’avais même pas d’iPod au collège ! (rires). J’ai toujours été fan de Britney Spears, Michael Jackson, Mariah Carey, Christina Aguilera, Whitney Houston, Busta Rhymes, Eminem… Les chanteuses à voix ça me fascinaient. J’écoutais, je mettais pause et j’essayais de reproduire la même vibe.

    Quand Celine m’habite 🎤😬 @celinedion ♥️#celine #singer #lasvegas

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    En ce moment, tu écoutes quoi ?
    J’écoute en boucle « À l’ammoniaque » de PNL. Je kiffe cette chanson. J’ai vraiment aimé l’album de Kalash aussi. Il y a « Soco » de StarBoy que j’écoute en boucle, Drake, Opale, RosalíaTritha qui est une artiste indienne… C’est assez varié en fait.

    « Si j’donne un jour / Crois pas, qu’ça y est / Qu’c’est pour toujours / Et à jamais ». On est tellement habitué.e.s à entendre les hommes mettre la misère aux femmes dans la musique et si peu l’inverse… que ta chanson « Jamais » sonne un peu « girl power », non ?
    C’est pas vraiment volontaire. En fait, c’est des constatations. J’étais en studio, on checkait Instagram, et je dis « regarde toutes ces mannequins… ». D’où la phrase : « Comme dans un vieux film où les femmes sont bien dociles / Et asservies, c’est bien joli / Mais ça m’fait bailler, oh ouais, ouais, ouais ». Mais oui je suis quand même plutôt « Girl Power ». Ça fait du bien de se dire qu’il n’y a pas que les mecs qui peuvent dire ce genre de choses.

    Mon album n’est pas prêt encore, mais j’ai déjà quelques morceaux…

    Sur « Jamais », j’aime beaucoup le contraste entre la voix douce (contrairement à d’autres où tu as plus de coffre) et les paroles, le flow, un peu badass.
    C’était ça qu’on trouvait intéressant : le contraste entre trap et mélodie entêtante, linéaire, qui reste quand même fort. Même dans les paroles, ça marque. Quand on écrit, je ne veux pas que ce soit abstrait.

    Si ton mec te quitte, que t’as des crampes au ventre et que tu chiales, je vais écrire : « ton mec te quitte, t’as des crampes au ventre et tu chiales ta mère ». Je ne vais pas écrire :« Tu es soudainement envahie par une lourde mélancolie qui te fait douter de ta place dans l’univers ».

    Ça ne sert à rien de passer par des paroles que personne ne comprend. Il y a des chansons où on se dit « elle est dans la tourmente cette femme, torturée ». Non, elle n’est pas torturée, elle a juste des émotions comme tout le monde. Je veux les exprimer cash.

    Synapson et Tessa B. chez Taratata.

    Sur ton premier projet solo, on va te retrouver là où on ne t’attendait pas forcément, non ?
    Justement, c’était un peu mon appréhension avant de sortir le morceau « Jamais ». La petite base fan que j’ai m’associe à Synapson et Jabberwocky. Donc un public qui écoute de l’electro. Je m’attendais, forcément, à avoir des trucs « No way meuf, on s’attendait pas du tout à ça, qu’est ce que c’est que ça ? ». Et j’en ai eu, forcément. Il y a des gens qui arrivent, d’autres qui partent, c’est normal… Mais c’est moi en fait : c’est ce que je suis et ce que j’aime.

    En ce moment, on est vraiment dans le processus de création. Je reviens de Montréal où j’ai passé deux semaines et demi. On produit, on produit, on produit. Sur le style, on est sur de la pop urbaine en fait. Il y a pas mal de beats trap. Mais il y a aussi des chansons à voix. En fait c’est un peu du R&B alternatif. Pop urbaine.

    « Franchement, c’est hyper délicat de nos jours de décrire une musique parce qu’il y a tellement d’influences… Disons que c’est de la nouvelle chanson française (rires). »


    Mon objectif il est simple : je veux m’installer doucement avec ce que j’aime. Ce sur quoi je mise vraiment, c’est le live. J’ai une certaine expérience et je sais ce que je vaux. Même si j’ai mille trucs à apprendre encore. C’est ça qui va être intéressant : de repartir à zéro avec un live qui va être complètement différent.

    « Et si les chansons, les textes et la scène vont ensemble … Je serai la plus heureuse. Vraiment. »

    Image à la Une : @reupie_

    Musique Arigato Massaï Benny Adam

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