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    La grosse version du Gros Journal : Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’Économie

    Juste après la diffusion du Gros Journal, retrouvez en exclusivité la suite de l’interview en version longue sur Clique. Mouloud Achour, son invité et un gros +. Place, ce soir, à Joseph E. Stiglitz. Prix Nobel d’économie, il publie L’Euro. Comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe aux éditions Les liens qui libèrent.

    Dans cet ouvrage à charge, il met en cause l’idéologie néolibérale qui a présidé à la création de l’euro. Selon lui, la crise qui mine encore aujourd’hui le vieux continent n’aurait pas été aussi forte si l’union monétaire avait été mieux pensée. Il propose alors un divorce à l’amiable, à défaut de croire que les responsables politiques feront les bons choix pour l’avenir.


    Interview de Joseph Stiglitz, version longue… par legrosjournal

    Mouloud : Bonjour Joseph !
    Joseph Stigliz : Je suis ravi d’être avec vous.

    C’est un honneur de vous recevoir, c’est la première fois qu’on reçoit un Prix Nobel. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre travail ?
    J’enseigne l’économie et je voyage dans le monde entier pour discuter de différentes idées, avec différentes personnes.

    Donc vous conseillez les gouvernements ?
    Oui !

    Le gouvernement grec par exemple ?
    Oui ! Les gouvernements ne m’écoutent pas toujours, mais je leur donne des conseils.

    En France, il y a cinq ans, nous avons élu un président qui voulait déclarer la guerre au monde de la finance. Est-ce que c’est crédible ? Est-ce un mensonge ?
    Je pense que partout, les gens ont été déçus par ceux qui ont voulu tenir les acteurs du monde de la finance pour responsables des dégâts qui ont été causés. Cependant, très peu des dirigeants économiques et des PDG des entreprises qui ont conduit à la crise, ont été reconnus responsables.

    Il est donc impossible de lutter contre le monde de la finance ?
    Je ne pense pas que ce soit impossible. Je pense qu’il n’y a aucune volonté politique.

    Quel pouvoir a la télévision aux États-Unis ? Quel est l’équilibre entre l’information et le divertissement ? Les chaînes utilisent parfois l’image de Trump pour faire de l’audience. N’est-ce pas un jeu dangereux ?
    Oui, bien sûr que oui. Il ne faut pas oublier qu’il a été la star d’une émission de télé-réalité et la télé-réalité n’a vraiment rien de réel. Ce genre d’émission ne fait que créer un monde fictif et plutôt laid. Mais ils ne disent pas, par exemple, qu’il a fait faillite quatre fois, qu’il a arnaqué des entreprises. Il se sert de son argent pour faire du tort aux gens plus pauvres. Et personne n’en parle alors que c’est très important.

    Ici en France, nous avons un ancien banquier, qui a été ministre et qui est candidat à l’élection présidentielle. Vous le connaissez ?
    Macron ?

    Oui. Que pensez-vous de lui ?
    Je pense qu’il est peut-être très sérieux à propos de ses réformes. Le souci, c’est que le mot « réforme » est employé pour dire beaucoup de choses. Une réforme, c’est un changement. Mais un changement pour le meilleur ou pour le pire ?

    Un enfant qui naît pauvre aujourd’hui, peut-il devenir riche un jour ?
    C’est envisageable mais compliqué. Si le système économique ne crée aucun emploi, les générations futures n’auront plus d’opportunités. Et c’est là, l’échec de l’euro.

    En ce moment, tous les États, que ce soient les États-Unis ou la France, sont unis pour combattre l’État islamique. Mais personne ne parle de son pouvoir économique. Ils ont de l’argent. Où est cet argent ?
    Pour ce qui est de son origine, la majorité vient du pétrole. Il y a une partie qui vient du trafic d’armes et d’autres activités illégales. Mais se pose aussi la question de sa gestion. Il est géré par le système bancaire. C’est pour cela qu’il est primordial que notre système financier soit plus transparent. L’affaire des « Panama Papers » nous a montré que dans ce pays-là, tout était très secret, parce que les gens qui font des choses répréhensibles aiment le secret.

    Qui sont les collaborateurs de l’EI ? Ceux qui ont de l’argent ?
    Le fait est que nous voulons bien que ces comptes secrets existent. C’est parce que le monde de la finance tire profit de ces comptes. Pour moi, ce qu’il faudrait faire en priorité, serait de fermer ces banques-là.

    Si nous avons 1 dollar ou 1 euro dans les mains, cet argent a peut-être servi à tuer des gens !
    Oui. C’est une des raisons pour lesquelles je voudrais que nous privilégiions un système de paiement électronique. On ne peut pas suivre la trace des billets, que ce soient des euros ou des dollars. Mais si tous les paiements étaient électroniques, on pourrait savoir d’où vient l’argent et où il va. Au 21ème siècle, tout est très informatisé, sauf nos paiements ! Et pourquoi cela ? Encore une fois, ce sont les banques qui ont le pouvoir.

    Merci, Joseph Stiglitz. C’est un honneur de vous avoir reçu.
    Merci beaucoup.

    Le Gros Journal Économie Hillary Clinton

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