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    Le Gros Journal avec Claire Chazal : « Je pourrais soutenir Macron »

    Ce soir, c’est le Gros Journal de Claire Chazal ! Mouloud Achour est allé au Centquatre à Paris, un établissement artistique et culturel, interviewer celle qui a incarné l’actualité pendant plus de 20 ans, et qui explore aujourd’hui la culture tous les soirs dans Entrée libre sur France 5.
    Claire Chazal, à qui présenter le JT manque beaucoup, nous livre sa vision de l’élection présidentielle à venir. Pour la présentatrice – qui a vécu en direct la stupeur du 21 avril 2002 – voir Marine Le Pen au second tour en mai prochain est tout à fait plausible. Claire Chazal révèle surtout dans cette interview avoir été « macronisée » ! Au point de « faire une Laurence Haïm » ? Réponse dans l’émission.


    Le Gros Journal avec Claire Chazal, l’intégrale… par legrosjournal

    Mouloud Achour : Comment ça va Claire Chazal ?
    Claire Chazal : Très bien !
    Je suis très content de recevoir Claire Chazal, la belle, Claire Chazal la grande, Claire Chazal, l’iconoclaste, Claire Chazal la classique, Claire Chazal la pudique, Claire Chazal je vous aime.
    Ah, ça  c’est une très jolie déclaration !

    Marc-Olivier Fogiel a dit que je faisais cette émission pour vous draguer, mais c’est totalement faux !
    Ce n’était pas nécessaire de faire une émission pour qu’on se rencontre, on pouvait se voir ailleurs.

    Longtemps, vous avez été, en tout cas dans nos foyers, le visage de la France ! Pour vous c’est quoi, être Français ?
    C’est un sentiment très fort. J’aime mon pays, j’aime sa géographie, j’aime ses paysages, j’aime son histoire, je ne la connais pas toujours très bien d’ailleurs, mais j’aime surtout sa culture, tout ce qu’elle m’offre. J’estime que j’ai une chance folle d’être dans ce pays.

    Vous êtes passée du JT à ‘’Entrée libre’’, qui est une émission sur l’actualité culturelle. Est-ce qu’on sent le plus la marche du monde et son évolution quand on présente le JT et du ‘’hard news’’, ou une émission culturelle où les artistes racontent l’époque ?
    C’est une très bonne question, une très jolie question, parce que j’ai suivi l’évolution du monde pour ce journal. Et dieu sait si on en a eu : entre le 11-Septembre, les attentats, les grands événements sportifs, les grandes soirées électorales, les revers politiques, à sentir ce monde qui était le nôtre en France, et puis le monde entier. Mais je considérais que je ne pouvais pas traiter ce monde sans l’avis des artistes. La culture me paraît indispensable à la marche du monde et à notre propre marche, à notre intimité.

    On critique souvent les émissions culturelles par le prisme de leur audience en disant “Claire Chazal est passée du JT avec tant de millions et maintenant sur France 5 avec une audience plus confidentielle”. Mais pourquoi est-ce qu’on ne se pose pas la question inverse en se disant : est-ce que l’information a vocation à faire de l’audience ?
    C’est ce qu’on a constaté pendant 30 ans. Nous avions effectivement les grand-messes qui attiraient encore beaucoup de monde. Ca reste encore un carrefour important, on ne peut pas se le cacher. Mais ce 20h, parfois le dimanche nous avions couramment 10 millions de téléspectateurs. Peut-être que les aspects culturels touchent un moins large public. C’est un fait, alors on peut le regretter. Mais déjà si on touche, et c’est le cas pour Entrée libre…

    400 000 personnes, c’est énorme !
    Oui, c’est formidable !

    Et vous ne pensez pas que c’est une dérive dangereuse de juger les émissions par le prisme de l’audience ? Que maintenant tout le monde est concerné par un chiffre qui n’intéresse que les régies publicitaires, que les gens qui achètent des spots de pub entre les programmes ?
    On a vécu beaucoup comme ça, c’est vrai. On était sous cette dépendance-là. En même temps, je dirais que dans ces chaînes privées (…) les règles sont claires : nous vivions de la publicité. Et nous savions à l’avance que si les programmes ne marchaient pas et les journaux ne marchaient pas, nous n’étions plus à l’antenne. Cette recherche d’audience ne m’a pas choquée, elle était nécessaire. Elle était nécessaire pour nous qui avions vraiment une ambition éditoriale : l’ambition d’informer, l’ambition de faire passer quelque chose. Et elle était nécessaire pour la vie de cette entreprise. Ça a marché pendant longtemps, ça a moins marché après.

    J’ai l’impression que la télévision encourage beaucoup plus les mômes à faire de la téléréalité que de passer l’ENA par exemple ! C’est ce que nous disait Jeremstar !
    Qui ?
    C’est évidemment très dommageable, c’est sans doute la perversité de la télévision, ça c’est clair. Mais je ne suis pas sûre que les jeunes regardent la télévision aujourd’hui. Ou en tout cas, je pense qu’ils la regardent différemment, je pense qu’ils choisissent aussi. Enfin, vous n’avez pas cette sensation-là ?

    Notre émission, elle, est souvent regardée sur Internet via Clique.tv
    Donc, ils font un choix, ils ne sont pas consommateurs béats de la télévision ! Peut-être que ça change, aussi.

    Vous la consommez comment, la télévision ? Avec votre téléphone, en replay ? Vous la regardez encore, ou plus du tout ?
    Je ne l’ai jamais beaucoup regardée. Je regarde beaucoup ma chaîne, parce que j’aime beaucoup ce qui s’y passe. Et puis, quelques journaux assez tardifs le soir, pour me mettre au courant.

    Les élections arrivent. Est-ce que vous vous souvenez du 21 avril ?
    On avait des indications et on ne les croyait pas ! Je me souviens qu’on avait pris l’antenne avec Patrick, c’était vers 19h, et on n’avait encore aucune certitude. Et progressivement, ça se dessinait. On a vraiment été pris de court. Et encore une fois quand Jospin, au cours de la soirée, annonce qu’il jette l’éponge… c’était même une espèce de stupeur sur le plateau. Je me souviens, on avait Élisabeth Guigou, Ségolène Royal. La gauche était au bord des larmes.

    En 2017, vous pensez qu’une victoire de Marine est un scénario plausible ?
    Je crois qu’elle a de grandes chances d’être au second tour, oui. De toutes façons, il y a un phénomène mondial de sursaut de populisme, d’extrémisme ou disons, en-dehors des partis traditionnels, de mouvement de protestation, d’inquiétude, de ras-le-bol qui se traduit par ce vote-là, un vote extrême et populiste.

    L’élection de Trump…
    Trump, on était sidérés !

    Vous auriez aimé être à l’antenne pour l’annoncer ?
    Oui, j’aurais aimé. C’est tout de même un tournant énorme dans la vie du monde. Ce qu’il fait aujourd’hui contre les étrangers, ce sont quand même des choses qui sont effrayantes.

    Il n’y a personne qui vous inspire pour la campagne ?
    Je ne sais pas. Ce que je constate, c’est qu’il y a sûrement un tournant avec l’idée que la vie traditionnelle des partis – ceux de droite ou de gauche – va changer. Et que l’opinion change vis-à-vis des partis traditionnels. Donc on sent que finalement, les gens se retournent plutôt vers les anti-systèmes. Ou plutôt vers ceux qui sont en dehors des partis traditionnels. Peut-être que c’est pas mal et qu’on va arriver à un modèle où justement, pour trouver une majorité, il faut trouver un Parlement qui soit à peu près un associé et qui vous soutienne. On va peut-être arriver à un modèle allemand de coalitions…

    Vous n’allez pas nous faire une Laurence Haïm et aller soutenir Macron ?Ah, je pourrais moi ! Je pourrais…

    Vous pourriez soutenir Macron ?
    Je pourrais, mais je suis journaliste donc je ne vais pas donner mon vote mais je trouve que c’est quelqu’un de brillant, d’intéressant, qui a une énergie, qui est un peu différent et qui est justement en dehors des partis, donc…

    Vous êtes ‘’macronisée” !
    Oh, écoutez, je crois que je ne suis pas la seule. Et la campagne est encore longue !

    Mouloud: il a de la chance le Macron, Claire Chazal… !
    Et Mouloud, alors, qu’est-ce qu’il va voter ?

    Il regarde ça de loin…mais je pense qu’aujourd’hui, parler politique, ça ne peut pas se faire sur un plateau télé avec les hommes politiques !
    Non, mais la télévision, avec la force de l’image… On a bien vu, que les débats, par exemple de la primaire de la droite et même de la primaire de la gauche, ont été cruciaux. Ils ont permis de faire sortir François Fillon qui était quand même un outsider au départ.

    Bravo, la télé !
    Ce n’était peut-être pas un mauvais candidat aux yeux des électeurs républicains qui votaient.

    Est-ce que vous allez vous refaire un shoot de JT ?
    J’aimerais bien, oui, avoir à nouveau une petite emprise sur l’actualité. On a un vague projet avec France Info, un éclairage hebdomadaire de l’actualité par un philosophe, enfin un penseur – mais sur l’actualité que je traitais chaque jour, donc ça me ramènerait à tout cela.

    Merci beaucoup, Claire ! Un petit kiff pour la fin, est-ce que vous pouvez regarder cette caméra, et dire…
    Madame, Monsieur, bonsoir, vous venez de regarder le Gros Journal, merci de nous avoir suivis, à demain !

    Le Gros Journal CANAL+ Claire Chazal

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