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    Frank Ocean s’exprime sur la tuerie d’Orlando et dénonce l’homophobie

    Le très discret Frank Ocean a tenu à s’exprimer sur la tuerie survenue dans la discothèque Pulse d’Orlando,fréquentée par la communauté LGBT de la ville. Ce mardi 21 juin, le chanteur a posté sur son Tumblr un message pour exprimer son désarroi face au drame qui a touché la communauté à laquelle il est fier d’appartenir. Quelques mots pour raconter sa propre expérience et son ressenti de ces derniers jours.

    « J’ai lu dans le journal que mes frères se faisaient jeter du haut des toits, les yeux bandés avec leurs mains liées derrières le dos, pour avoir violé la charia. J’ai entendu des foules lapider ces hommes lorsqu’ils bougeaient après avoir s’être écrasé au sol. J’ai entendu que c’était au nom de Dieu. J’ai entendu mon pasteur parler pour Dieu aussi, citant les écritures de son livre. Des mots qui ont raisonné comme une abomination que j’ai ressenti jusque dans ma chair, transformée en graisse brulante, lorsque il a décrit le lac de feu dans lequel Dieu voulait que je sois. J’ai entendu aux informations qu’un crime de haine a laissé des piles de corps sur une piste de danse ce mois-ci. J’ai entendu que le tireur s’était prétendu mort au milieu des personnes qu’il a tuées. J’ai entendu aux informations qu’il était l’un d’entre nous. J’avais six ans lorsque j’ai entendu mon père insulter notre serveuse transgenre de «faggot» (insulte homophobe de l’argot américain, NDLR) pendant qu’il me trainait hors d’un restaurant du quartier, en m’expliquant que nous n’allions pas être servi parce qu’elle était sale. C’était la dernière après-midi que j’avais vu mon père et la première fois que j’avais entendu ce mot, je pense, même si cela ne me choquerait pas si ce n’était pas la première. Beaucoup nous détestent et espèrent que l’on ne soit plus là. Beaucoup sont dérangés par notre envie de nous marier comme tout le monde, ou d’utiliser les mêmes toilettes que tout le monde. Beaucoup ne voit rien de mal avec le fait de mourir avec les mêmes valeurs qui ont poussé des milliers de jeunes en dépression suicidaire tous les ans. Donc nous clamons notre fierté et nous montrons de l’amour pour ce que nous sommes. Parce que sérieusement, qui d’autre le fera ? Je rêve que peut être toute cette barbarie et toutes ces transgressions contre nous soient en fait une réaction égale et opposée à quelque chose de meilleur dans ce monde. En comparaison, la réalité est grise, ni noire ni blanche, mais sombre. J’ai entendu que nous sommes tous des enfants de Dieu. J’ai laissé mes frères et soeurs en dehors de ça et parlé directement avec mon créateur et je pense que son avis ressemble au mien. Si être moi-même se résume à me détacher de ma propre histoire je ne serais jamais vraiment moi-même. Je veux savoir ce que les autres entendent, j’ai peur de savoir  mais je veux savoir ce que les autres entendent lorsqu’ils parlent à Dieu. Est-ce que les fous entendent cette voix déformée ? Est-ce que les endoctrinés entendent une toute autre voix ? »

    Le texte original est à retrouver ci-dessous :

    « I read in the paper that my brothers are being thrown from rooftops blindfolded with their hands tied behind their backs for violating sharia law. I heard the crowds stone these fallen men if they move after they hit the ground. I heard it’s in the name of God. I heard my pastor speak for God too, quoting scripture from his book. Words like abomination popped off my skin like hot grease as he went on to describe a lake of fire that God wanted me in. I heard on the news that the aftermath of a hate crime left piles of bodies on a dance floor this month. I heard the gunman feigned dead among all the people he killed. I heard the news say he was one of us. I was six years old when I heard my dad call our transgender waitress a faggot as he dragged me out a neighborhood diner saying we wouldn’t be served because she was dirty. That was the last afternoon I saw my father and the first time I heard that word, I think, although it wouldn’t shock me if it wasn’t. Many hate us and wish we didn’t exist. Many are annoyed by our wanting to be married like everyone else or use the correct restroom like everyone else. Many don’t see anything wrong with passing down the same old values that send thousands of kids into suicidal depression each year. So we say pride and we express love for who and what we are. Because who else will in earnest? I daydream on the idea that maybe all this barbarism and all these transgressions against ourselves is an equal and opposite reaction to something better happening in this world, some great swelling wave of openness and wakefulness out here. Reality by comparison looks grey, as in neither black nor white but also bleak. We are all God’s children, I heard. I left my siblings out of it and spoke with my maker directly and I think he sounds a lot like myself. If I being myself were more awesome at being detached from my own story in a way I being myself never could be. I wanna know what others hear, I’m scared to know but I wanna know what everyone hears when they talk to God. Do the insane hear the voice distorted? Do the indoctrinated hear another voice entirely? »

    Musique Frank Ocean Orlando

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