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    CLOSET WITH… Axelle Laffont

    Mercredi, en plein mois de décembre.
    Ce matin, j'ai rendez-vous avec Axelle Laffont.
    Il est 10h57 et j'arpente la rue de Charonne jusqu'au croisement Ledru Rollin dans le 11ème arrondissement de Paris. Les 2 petits degrés qui recouvrent la ville sont livrés avec un vent glacial et mon instinct climatique m'a une fois de plus mené en bateau, puisque je suis sortie en gilet, bravo...

    J’arrive frigorifiée, asséchée, la goutte au nez, mais (!), à l’heure !

    Après être montée au 5ème de l’immeuble, va savoir pourquoi, je téléphone à Axelle en lui disant que je suis perdue dans les étages, j’entends alors une voix rieuse venant d’un peu plus bas qui me lance : « Mais pourquoi t’es montée au 5 ? »

    Si seulement je le savais…

    Je rentre alors dans un appartement parisien comme on les aime. Du parquet partout, des cheminées, des grandes pièces, un piano droit, un couloir qui traverse l’appartement… Un appartement dans lequel tout vit et l’on s’y sent rapidement à l’aise.

    C’est alors que mon oeil est immédiatement attiré par une chose qui jonche le sol. Une énorme boule de poils :
    « C’est ma grosse. », dit Axelle.

    Une mini tête de chat, disparaissant presque à l’intérieur de son propre corps se tourne vers moi et me salue mollement d’un miaulement sans son.

    Nous nous sommes déjà rencontrées Axelle et moi, mais nous ne nous connaissons pas vraiment. Elle sait où se trouve mon siège quand elle passe au bureau, mais elle ignore que je suis une fan inconditionnelle des ses prestations à Nulle Part Ailleurs. Alors forcément, je suis quand même un peu impressionnée et j’ai envie de lui dire :

    « MAIS BON SANG TU M’AS TELLEMENT FAIT MARRER MEUF ! », mais je me retiens. Heureusement.

    Il me faut de l’eau. Axelle m’apporte une bouteille que je dégomme à mesure que je lui explique le but de la chronique.
    On parle chirurgie esthétique (en se félicitant d’avoir su résister à la tentation de ressembler à un canard de cire), on évoque l’âge de Jennifer Lopez qui nous paraît *impensable*, on se remémore son premier spectacle où elle était habillée en jean/baskets/débardeur blanc, c’est à dire presque comme aujourd’hui finalement, où elle me reçoit en jean/sweat/baskets. (Earnest Sewn, Lacoste, Reebok)

    En septembre prochain, Axelle remontera sur les planches et jouera son tout nouveau spectacle au théâtre de l’Européen mis en scène par Simon Astier.
    Je lui demande si elle réfléchit déjà à ce qu’elle portera pendant le show et l’on est loin d’imaginer à quel point cela n’a rien d’un détail.
    Il faut prendre en compte l’allure générale mais aussi les déplacements, les cascades, la transpiration, être à l’aise dans n’importe quel mouvement, être assez neutre quand on enchaîne les personnages ou les contextes… c’est un vrai travail de style qui se finit souvent en jean/baskets. Bah oui, forcément… et même si, comme le dit Axelle, elle préfèrerait être en robe/talons, il faut savoir se faire une raison.

    « Est-ce que tu ne peux pas changer de tenue pendant le spectacle ?, demande-je innocemment.
    – Comme Arturo Brachetti, tu veux dire ? », me répond Axelle en riant.

    Et je me rends compte à quel point ma question est crétine : 1h20 de spectacle en continu, plein feu sur toi, difficile de s’excuser toutes les 10 minutes pour passer par la cabine.
    Axelle m’explique que c’est quand-même dans son jean qu’elle se sent le mieux, rajoute qu’elle perd régulièrement ses gants et quand je lui demande ce qu’elle porte comme bijou, elle allonge ses jolies mains :

    axelle laffont ongles

    « En fait, j’ai fait fondre une bague qui appartenait à ma grand-mère et que je n’aimais pas du tout et j’ai demandé à l’Atelier Monsieur, qui se trouve rue Charlot de me faire des anneaux très fins. J’en ai un pour chaque taille de doigt et j’en mets sur tous les doigts. »

    Ce qui est très plaisant avec Axelle, c’est qu’elle sourit tout le temps et donne l’air d’être vraiment à l’écoute de tout ce que je peux lui raconter. C’est très agréable.

    Nous nous trouvons à présent dans sa chambre à coucher où elle m’ouvre sa grande armoire.
    Mitty, sa fille de 8 ans, qui vient de rentrer de l’école, s’est jointe à nous et déjeune tranquillement, attablée à son petit guéridon. Un vrai moment entre filles.

    C’est toujours un peu gênant quand quelqu’un que vous connaissez à peine accepte de partager une certaine intimité, mais Axelle gère la situation en y mettant beaucoup d’humour. Elle me raconte, de façon très détendue, qu’elle n’est pas une pro du rangement et qu’elle n’est pas très « respectueuse » (utilisant ce terme) de ses vêtements. Pour elle, il faut que ça vive. Si elle achète une fringue, elle n’est pas du genre à la porter 1 mois plus tard, elle l’enfile illico.
    Elle prend soin de mettre ses vêtements les plus fragiles sur cintre et d’emmener qui de droit au pressing quand cela est nécessaire, mais elle n’ira jamais cirer une paire de chaussure, regarder un tutorial de pliage de chemisiers ou brosser un manteau dans le sens du poil.

    « J’use les trucs au maximum. Je ne suis pas très matérielle, que ce soit avec les vêtements ou avec le reste d’ailleurs. Ça fait partie des choses qui, pour moi, ne sont pas « graves ».

    Axelle range ses affaires dans trois endroits. L’armoire de sa chambre (qui est immense, bien trop haute pour elle et où un tiers est utilisé par son compagnon). Un placard qui se trouve juste à côté, où elle encastre (bien pliés lors de ma venue !) des dizaines de pulls et sweats de toutes les couleurs et une petite buanderie un peu plus loin dans le couloir, consacrée aux chaussures, sacs et aux vestes/manteaux de toute la famille.

    Nous passons en revue tout ce qui se trouve dans l’armoire principale : tout en haut, les trucs qui sortent rarement, puis les pantalons, robes et chemisiers suspendus à une tringle presque hors de portée, un tiroir de T-shirts à manches longues, un tiroir de T-shirt à manches courtes et débardeurs mais Axelle a l’honnêteté de me dire qu’on y trouvera certainement des choses qui n’ont absolument rien à voir… une partie jean et shorts tout en bas et puis le coin Noël, où certains cadeaux commencent à s’entasser. Mitty lève alors le nez de son assiette, soudainement intéressée par cette dernière information.

    « J’aime pas trop ce qui brille, tout ce qui est trop voyant, ou trop bling-bling, j’aime bien les matières mates, je me maquille très peu et les fringues c’est pareil, je suis une dingue de fringues et de pompes, mais j’aime que ce soit chic sans que ce soit trop flagrant. »

    Deux cas de figures dans la routine vestimentaire de cette jeune femme :
    – une journée comme les autres où elle va prendre le premier haut qui lui passe par la main, l’associer à son jean fétiche du moment et enfiler une paire de baskets.
    – une journée plus spéciale, un rendez-vous important ou une soirée habillée et elle peut passer plus de deux heures à essayer toute sa penderie, laissant s’empiler sur le lit tout ce qui ne fera pas partie du tiercé gagnant pour le re-ranger dix jours plus tard.

    Car oui, Axelle avoue avoir deux vices : celui du rangement qu’elle pratique de façon aléatoire selon son humeur, les visites ou les conseils de sa mère…. et puis les « je garde au cas où » qui deviennent des archives qu’elle ne ré-exploite quasiment jamais et qui se perdent dans les limbes de ses étagères.
    Mais elle s’y retrouve et sait précisément où chaque chose se trouve.

     

    Son placard à chaussures, quant à lui, prouve ce qu’elle me disait tout à l’heure :

    « J’adore les talons. J’en mets tout le temps. Je suis aussi à l’aise sur des talons qu’en baskets. Pendant la semaine je mets plus volontiers des baskets uniquement parce que j’emmène ma fille à l’école en trottinette, mais sinon je pourrais mettre des talons tout le temps. »

    Ses préférées : des petites bottines noires Louboutin, à talons très fins et des escarpins très raffinés Clelia Tavernier.

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    Je m’apprête à clore l’entrevue en proposant à Axelle mon petit jeu : je vais choisir deux pièces de sa garde-robe, complètement au hasard et elle va m’en parler…
    Quand je sors la première, un chemisier jaune très délicat, brodé et à moitié transparent, j’entends Axelle me lancer un : « Très drôle… » qui me fait dire, très fière de moi : ok, je viens de choisir la pièce idéale, la pièce parfaite, celle qui renferme 10.000 secrets, celle qui lui a probablement été offerte par un prince égyptien un peu timide après qu’il ait vu son premier spectacle ! Elle continue :

    « Je l’ai mis une fois. Il doit y en avoir 3 ou 4 dans le placard que je ne mets pratiquement jamais et tu as choisi ça. Je l’ai acheté parce que j’avais besoin d’être chic, je savais qu’il y aurait des photos de prises ce soir-là, du coup j’ai été en bas de la maison, chez Sessun et j’ai acheté ce haut, que je trouvais très joli mais sans être plus convaincue que ça. Je ne trouvais pas que ça m’allait si bien que ça finalement… »

    Je suis étonnée car, à la vue dudit chemisier, je ne comprends pas comment cela ne pouvait pas lui aller. Elle est si fine, si bien proportionnée, si jolie. Alors quoi? Une histoire de couleur ? Le teint ?
    Je demande : « Mais tu avais mis quoi en dessous ? » (Je rappelle que le haut est transparent.)
    Axelle me répond immédiatement : « Ah bah je n’avais mis en dessous ! Rien du tout ! »
    (Du coup, je comprends mieux…)

    « Oh, on devait peut-être voir un petit bout de téton, mais je l’assumais je crois… c’est surtout que c’est un dos nu, j’avais dû l’acheté pour ça d’ailleurs, parce que j’aime beaucoup les dos nus. »

    Oui, bon, je n’ai pas osé lui dire que ce soir-là, en plus d’être chic elle était donc probablement à poil et je comprends qu’elle n’ait jamais eu le feeling de le reporter.

    Je sélectionne ensuite une veste. Une veste courte et cintrée MIU MIU qu’elle me confie avoir peut-être 10 ans. Elle doit être en laine, peut-être même avec un peu de soie, un motif tartan coloré très léger sur un fond gris/beige. C’est sa maman qui lui a offerte et, force est de constater que, compte tenu du soin qu’Axelle dit porter à ses vêtements, les pièces de grandes marques sont tout de même beaucoup plus résistantes, puisque la veste à l’air comme neuf.

    Axelle m’explique que sa mère et elle ont des goûts assez similaires en matière de vêtements et ont, du coup, un style très semblable. Quand je lui demande si sa propre fille à elle lui empreinte déjà des habits, Axelle est heureuse de m’apprendre qu’à son grand bonheur, s’il peut arriver que Mitty lui chipe quelques fringues, elle se fiche (pour le moment) encore royalement la mode, des marques etc, bien qu’il arrive parfois qu’elle « bloque » sur quelques pièces et demande à sa mère de les lui garder pour plus tard. Récemment c’est un sac noir avec une bouche rouge Sonia Rykiel qu’elle a demandé à mettre de côté et Axelle de trouver l’idée trop adorable (ce que je partage, en plus de trouver que Mitty a déjà bon goût).

    Il est presque 14h, et temps pour moi d’affronter de nouveau le froid en retournant au bureau qui se trouve à un moins 5 minutes à pieds…
    Je quitte Axelle comme je quitterai une copine et tandis que je descends les escaliers elle me lance :
    « On se connait mieux maintenant ! », en me faisant un grand sourire.

    Je n’ai pas du tout envie de rentrer bosser. Je ne sais pas pourquoi. Je serais bien allée faire quelques courses cet après-midi, histoire de m’acheter un manteau par exemple. Un manteau dos nu et transparent, même pourquoi pas.

    Mode Axelle Laffont Closet with

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    Adeline Grais-Cernea
    Rédactrice en chef adjointe
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