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Clique Quote Maxime Chattam : « Chaque fin de livre est comme une petite mort »

À l’occasion de la sortie de son nouveau roman Lux, l’écrivain de thrillers aux 7 millions de ventes revient sur ses techniques d’écriture mais aussi ses propres peurs et inspirations.

Un roman sur ses propres peurs

« Je n’ai pas envie de ce monde là pour moi, ni pour mes enfants.

Après être tombé enfant dans les romans de Tolkien et dévoré ceux de Stephen King, il n’est pas surprenant que le jeune garçon devenu adulte ait choisi la voie de l’écriture, de la peur et de l’étrangeté. Il sort son premier roman en 2002 et depuis n’a jamais lâché sa passion avec plus de 30 livres publiés, 7 millions de ventes et des traductions en 20 langues. 

Pour son nouveau roman, l’écrivain décide de quitter le thriller classique pour explorer à sa manière un récit d’anticipation. Cette fois-ci, ce qui l’intéresse “c’est de parler du monde actuel mais en exagérant un tout petit peu la situation : l’angoisse climatique qu’on vit aujourd’hui, qu’est-ce que cela pourrait donner si ça se produisait réellement ? Qu’est-ce qu’il en est des relations hommes et femmes dans la société, vont-elles se tendre ou s’apaiser ? Qu’est-ce qu’il en est de l’acceptation de la différence  ? Des questions qui, mises bout à bout, font un portrait du monde dans lequel on vit aujourd’hui. Avec mon livre “Lux”, je me demandais s’il y avait moyen d’avoir une vision inquiète pour voir jusqu’où ça pouvait amener le lecteur dans ses propres réflexions. 

Contrairement à ses précédents romans, ce ne sont pas les craintes des autres qu’il dissèque mais bien les siennes. Partant de questionnements environnementaux, le roman développe de nombreuses thématiques, reflet des propres angoisses de l’auteur. “La peur de l’intolérance, de ne pas pouvoir exprimer ce que j’ai à dire, de ne pas pouvoir être entendu, de ne pas pouvoir discuter, débattre, c’est ma terreur aujourd’hui. Je vois le monde qui se radicalise de plus en plus. Aujourd’hui les réseaux sociaux sont un forum de jugement. Mon angoisse c’est que petit à petit cela puisse venir dans la vie réelle. Je n’ai pas envie de ce monde là pour moi, ni pour mes enfants.” 

« Il y a un peu de moi dans pas mal de personnage. »

Ces interrogations sont aussi portées par l’amour qu’il porte à sa famille, dont les lecteurs peuvent retrouver certaines inspirations. On retrouve notamment au fil des pages de Lux un message d’adieu adressé à son père décédé pendant son écriture. Plus subtil, Maxime Chattam admet qu’il y a forcément un peu de son entourage dans les personnages de ses romans : “Je suis forcément influencé au quotidien par mon entourage. Par ma femme, mes amis, mes enfants, ma famille. Il y a un peu de moi dans pas mal de personnage, il y a un peu de ma femme, Faustine Bollaert, dans pas mal de personnage. J’ai une telle estime pour les femmes de ma vie que je veux d’un monde dans lequel elles aient une place qui soit égalitaire. Il n’y a pas de discussions à avoir. La place de la femme et la place de l’homme ne devraient pas être un sujet.”

L’écriture comme une aventure

Quand on vit dans sa tête, quand on peut créer des histoires qu’on aime, la tentation de s’y réfugier, d’y vivre essentiellement et pas trop dans la vraie vie est très forte. »

Derrière son bureau depuis plus de 20 ans et renommé internationalement, l’écrivain à succès n’a “pas la prétention de faire de la “haute littérature”, moi ce qui m’intéresse c’est de divertir. La haute littérature est celle qui estime qu’elle peut avoir une portée dans la langue française et dans le monde académique, qui va au-delà même des livres. Je ne sais pas si être populaire est signe de qualité. Je veux divertir, amuser, prendre par la main les lecteurs et lectrices pour leur demander de me faire confiance et les embarquer dans une histoire.” 

C’est pourquoi, lorsque Pauline Claviere lui demande si voir l’un de ses romans être adapté en série est une consécration, il répond que c’est seulement un amusement de plus. 
L’écriture est un espace de jeu, dont le danger est d’y rester prisonnier. L’auteur se souvient d’une époque où il a trop eu tendance à profiter des univers de son imaginaire au détriment de la réalité : Quand on vit dans sa tête, quand on peut créer des histoires qu’on aime, la tentation de s’y réfugier, d’y vivre essentiellement et pas trop dans la vraie vie est très forte. J’ai eu une période de ma vie où j’ai un peu fait ça. J’étais tout le temps dans mon bureau à écrire, 7 jours sur 7. J’étais très heureux comme ça. Et j’en suis ressorti avec une frénésie de vie, me demandant ce qu’il m’avait pris pendant toutes ces années.

Son imaginaire, il le déploie aussi dans sa salle d’écriture, bureau étrange aux airs de cabinets de curiosités, entouré de momies et de loups-garous. Il y ajoute une ambiance musicale inquiétante, volume à fond, afin de prévenir le reste de la famille de ne pas approcher de son inquiétante grotte où il se lance dans la construction de ses histoires : Je me suis fait un bureau au fil des décennies qui est un peu à part. Une espèce de grand musée, sorte de cabinet de curiosités de fin 19ème. Il y a du bois, des lumières partout et des objets très étranges. Il y a une grande momie égyptienne, un loup-garou empaillé de deux mètres de haut. (…) Ce n’est pas que j’ai besoin de ça pour écrire mais j’aime ça, c’est un accélérateur, une espèce de conditionnement. Entre l’odeur, la lumière, ce que je vois, mon cerveau est conditionné. Quand j’entre dans cette pièce, il sait qu’il doit être créatif.

C’est dans cette pièce que ses personnages naissent, se développent, vivent leur aventure et finissent par mourir une fois le point final tapé. Pour Maxime Chattam, chaque fin de livre est une espèce de petite mort en soi. Je dis adieu à des personnages, je sais que je ne les reverrai jamais.”

Pour rencontrer ses nouveaux protégés et prolonger Halloween, Clique vous propose de plonger dans son dernier roman Lux, paru aux éditions Albin Michel. 

L’émission est à retrouver en replay sur myCANAL et l’interview de Maxime Chattam est disponible sur la chaîne YouTube CliqueTV.

Clique, tous les soirs en clair à 19h45 sur CANAL+. 

 

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