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    QUI ES-TU… DJ Oil

    À l'occasion de la sortie de son deuxième album solo, "Phantom", Clique a rencontré DJ Oil, figure du hip hop marseillais depuis bientôt vingt ans.

    Qui es-tu ?
    Je suis Lionel Corsini, alias Dj Oil, producteur, DJ et musicien originaire de Marseille depuis une vingtaine d’années. Mon groupe s’appelle Troublemakers.

    Te considères-tu comme une figure importante du trip-hop ?
    C’est toujours compliqué de se considérer comme une figure importante. Disons que je défends ce type de musique depuis des années, que ce soit à Marseille, dans d’autres villes, en France ou à l’international. Mais selon moi, ça va au delà du trip-hop. C’est aussi du hip-hop et de l’électro.

    djoil

    Tu as un lien très fort avec les disques, parles-en nous un peu…
    Depuis très jeune j’achète des vinyles, des disques et des CD’s. J’ai acheté mon premier disque à l’âge de six ans. J’ai une collection assez importante. Je ne suis pas spécialement un collectionneur mais j’écoute tous les disques que j’achète et c’est vrai que je m’intéresse au microsillon depuis très longtemps.

    Dans les remerciements de l’un de tes albums tu dis : « Merci à tout le monde mais pas à la ville de Marseille », pourquoi ?
    C’est parce que je suis assez mécontent de la politique menée à Marseille depuis quelques années maintenant. Ça fait vingt ans que nous avons le même maire, qui est entrain de saccager la ville aussi bien au niveau culturel que politique. Il sépare beaucoup les quartiers nord des quartiers sud. Il y a aussi un réel problème de communautarisme à Marseille depuis des années. Au niveau de la politique, il y a beaucoup de corruption des élus. Donc non, je ne remercie pas la ville de Marseille ! C’était un clin d’œil cynique.

    Te considères-tu comme un musicien engagé ?
    Je suis pour le combat citoyen et pour essayer de montrer qu’il n’y a pas que les partis politiques qui doivent décider dans les villes. C’est aussi et surtout les citoyens. J’aimerais que les élus prennent plus en compte leurs avis dans tous les domaines de la ville, mais aussi de la vie en général.

    Ça ne s’est pas toujours bien passé avec tes anciennes maisons de disque, aujourd’hui ça va mieux ?
    J’ai eu des problèmes juridiques et contractuels avec la plupart des maisons de disques dans lesquelles j’ai été… Après c’est peut-être de ma faute parce que je lis mal les contrats que je signe !  Il faut toujours aller de l’avant, je suis amnésique, j’oublie assez vite, donc je ne suis pas rancunier ! Aujourd’hui je suis chez BBE et ça se passe très bien.

    Tu as sorti ton premier album solo « Black Notes » en 2012, pourquoi avoir attendu si longtemps ?
    Je suis parti travailler en Afrique pour le projet « Ashes to Machine », avec Jeff Sharel et Charles Houdart. C’est un projet qui se base sur les rencontres et le partage d’expériences musicales. Pendant quatre ans, on a fait des résidences dans plus de 30 pays différents principalement en Afrique et en Amérique du Sud. J’avais besoin d’aller chercher un peu d’inspiration, d’apprendre, en allant à l’étranger. Me frotter aux musiques rythmées africaines, écouter des instruments que j’adore depuis des années. Le but, c’était de mélanger tout ça avec mon ordinateur et composer de nouvelles rythmiques.

    Concernant ce Projet « Ashes to Machine » : pour quelles raisons as-tu décider d’y participer ? En quoi cela influence-t-il ta musique aujourd’hui ?
    J’ai décidé d’y participer car je trouve que c’est une opportunité unique de pouvoir faire une trentaine de pays en résidence avec mon ordinateur. Et j’ai surtout eu la chance de rencontrer et de travailler avec plus de 200 musiciens là-bas ! Est ce que ça se retrouve dans ma musique aujourd’hui ? Forcément, même s’il n’y a aucun enregistrement que j’ai fait là-bas qui a servi pour mes albums.

    Parle nous un peu de ton nouvel album, « Phantom »
    C’est un album de 12 titres enregistrés en live, sans retouches studio. J’assimile un peu cet album à une galerie de peinture : tous les titres ont été faits assez instinctivement. C’est un album atypique.

    Pourquoi ce nom, Phantom ? Et pourquoi le choix de ne faire aucunes retouches studio ?
    Ça s’appelle Phantom parce que tous les morceaux présents dans l’album erraient sur mon disque dur. Après, le fait de ne pas faire d’enregistrements studio n’est pas forcément un choix de ma part. J’ai envoyé 24 morceaux à BBE et il se trouve que les 12 morceaux qu’ils ont retenu étaient des morceaux enregistrés en live. Au final, l’idée d’associer ces morceaux ensemble pour faire mon nouvel album m’a plu. 

    Aujourd’hui tu dis t’intéresser de plus en plus à l’idée de Design Sonore, explique nous ce concept.
    J’ai travaillé pour pas mal d’endroits, de restaurants, de halls d’hôtels partout dans le monde pour faire du design sonore, c’est à dire habiller musicalement les lieux. J’aime m’imprégner des endroits dans lesquels je vais. Aujourd’hui il y a de la musique partout et je trouve ça intéressant de donner à un lieu une vraie identité sonore. Ce que j’ai préféré faire jusqu’ici c’est la bande son d’un restaurant, pour lequel j’ai fourni environ mille heures de musique.

     

    Propos recueillis par Lila Berdugo 

    Photographie : Julie Walser ©

     

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