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    Le Gros Journal avec Elie Semoun : « on ne fait pas rire avec le bonheur »

    Ce soir, Mouloud Achour pose le plateau du Gros Journal au Parc Floral de Paris pour recevoir l’humoriste Elie Semoun, en tournée avec son spectacle « À partager » et grand amateur de botanique.
    Elie nous dévoile « The dark side of Semoun », lui pour qui « on ne fait pas rire avec le bonheur ». Cet humour noir, il l’exprime à travers une nouvelle galerie de personnages : un djihadiste, un pédophile, « un gars du Front National », une « cougar qui cherche l’amour sur internet »…Il revient également sur son amitié avec Dieudonné, premier partenaire de scène, et sur l’antiracisme qu’ils ont incarné à une époque. Où l’on apprend, enfin, qu’Elie Semoun, pour Gad Elmaleh et Kev Adams, c’est le « spécialiste de la Mort ».


    Le Gros Journal avec Elie Semoun, l’intégrale… par legrosjournal

    Mouloud Achour : Comment ça va Elie Semoun ?
    Elie Semoun : Très bien et toi, Mouloud Achour ?

    Pourquoi est-ce que tu as choisi de nous emmener là ?
    Et pourquoi j’aurais pas le droit de… C’est dingue ça c’est fou ! Regarde c’est la nature, c’est beau, regarde y’a une grande étendue d’eau, y’a des canards qui sont en train de canarder, y’a des petits pigeons, c’est bien non, c’est agréable ?

    Elie tu as réussi ton retour sur scène, alors que tous les gens disaient “Elie Semoun est consensuel, Elie Semoun nous refait du Kevina ou machin…Oui, j’ai abandonné les Kevina, les Toufik, les Miqueline… Non mais il faut changer dans la vie, c’est indispensable, tu vois. J’ai du mal à faire du superficiel surtout avec ce que l’on vit en ce moment. Dans mon spectacle j’ai un djihadiste, j’ai un pédophile, j’ai un gars du Front National, j’ai une cougar qui cherche l’amour sur Internet…

    Qu’est-ce qui te fait le plus peur ? Le djihadiste, le pédophile, le gars du Front National ou la cougar ?
    Tout, tout, tout ça. La cougar elle ne me fait pas peur, parce qu’elle m’émeut. Le djihadiste il ne m’émeut pas vraiment, le pédophile pas du tout, et le gars du Front National il me fait peur, donc…

    Moi j’ai l’impression que pendant des années tu avais oublié pourquoi les gens t’aimaient. C’est à dire que ce que l’on aime nous dans Elie Semoun, c’est le mec “dark”, qui était sur scène avec Dieudonné, et qui était capable de désamorcer le racisme en étant hyper raciste !
    Je sais pas exactement ce que je représente pour les gens, mais en tous cas si je vais au fond de moi, c’est sûr qu’il y a de la noirceur… Et puis on ne fait pas rire avec le bonheur.

    Gad Elmaleh, il y arrive ?
    Il y arrive très bien. C’est le meilleur pour ça. Avec Kev, je suis allé voir leur spectacle, ils y arrivent très bien. Gad m’a appelé, il m’a dit “voilà, on a un sketch où on fait une oraison funèbre de l’un et de l’autre, alors toi t’es spécialiste de la Mort, tu vas nous trouver des idées !”. Donc je leur ai trouvé quelques phrases, tu vois, mais voilà c’est venu naturellement chez Gad de me poser cette question.

    La dernière fois que j’étais au téléphone avec toi, j’étais choqué parce que tu m’as dit “je te laisse, j’ai un double appel de Dieudonné” ?
    On se téléphone assez souvent, ouais… En fait je l’ai appelé il n’y a pas longtemps, parce qu’il m’a clashé encore dans une vidéo débile… Donc je lui ai dit que c’était un con, et qu’il ne se renseignait pas de ce que l’on disait sur moi, et que c’était faux ce qui se disait sur internet, mais lui il a éclaté de rire, il m’a dit “Mais tais-toi un peu, on fait les cons, c’est marrant, etc.”. Et finalement, j’avoue à ma grande honte que j’ai rigolé avec lui, et qu’on a passé une heure à déconner tous les deux. Donc c’est vrai qu’il y a certaines choses qui sont inadmissibles venant de lui mais… Il reste mon pote.

    La dernière fois que tu étais venu dans l’émission Clique, c’était pour faire une lettre contre Dieudonné.
    Tous les gens que je rencontre me disent : “Mais il a pété un boulard, Dieudo ? Il était comme ça avant ? Il est antisémite ?” Alors comme je voulais en avoir le coeur net, je suis allé le voir à son théâtre. Bon au départ je ne voulais pas qu’on me reconnaisse, donc je me suis mis une barbe, mais bon j’ai laissé tomber parce que sur moi ça fait tout de suite rabbin… Je lui ai dit “Dieudo, tu es antisémite ?”. Et là, il m’a tourné le dos, et il m’a regardé droit dans les yeux. Il m’a dit “Non. Mais il y a trop de juifs”. Putain mais Dieudo on a bossé 15 ans ensemble ! Comment tu as fait pour me supporter moi, enfin je sais pas, regarde !”. Il m’a dit “c’est moi qui faisait les comptes, c’est ça qui m’a permis de tenir le coup.” Je lui en ai parlé, d’ailleurs…

    Et comment ça a été perçu ?
    Ça a été très bien perçu ! Et je me souviens de cette phrase que j’avais trouvée, en disant que j’avais oublié que moi j’étais noir, et que lui était juif… Et je trouvais qu’elle était tout à fait… Enfin je ne vais pas faire mon prétentieux, mais elle était assez profonde ! Moi je m’en foutais de ça, du fait que j’étais juif et que lui était noir, j’avais oublié ça en fait !

    Vous représentiez quand même…
    L’antiracisme !

    … Pur, mais pas le politique SOS racisme dégueulasse ! On oubliait qui on était, en fait !
    Ben ouais, c’est ce que je viens de dire, exactement !

    Comment est-ce qu’on en est arrivé là ?
    Tu vois bien en ce moment, quand on allume la télé et quand on voit ce qui se passe en politique, je crois que les gens se replient sur eux-même… Moi ça me fait flipper parce qu’en fait, il y a une phrase de Mitterrand qui dit que le nationalisme c’est le début de la guerre…

    “Le nationalisme c’est la guerre !”
    Et il avait raison en fait, plus on se replie sur soi, plus on voit les autres comme des ennemis. Et ça, c’est un gros problème.
    Regarde ce qu’il se passe aux États-Unis. Regarde ce qu’il va se passer en France, donc c’est un peu flippant.

    Qu’est-ce qui t’anime toi ?
    Moi ? Moi je suis un artiste à 100%. C’est-à-dire que tout ce qui est au fond de moi, ma sensibilité, ma fragilité, je m’en débarrasse. Mais d’une façon artistique, d’une façon généreuse. Je ne viens pas sur scène avec un balai, et je balance pas toutes mes angoisses sur les gens.

    Parce que là tu as un manteau gris, un sweat gris, des cheveux gris, un micro gris. Comment ça se passe quand on commence à vieillir et qu’on a toujours été connu comme quelqu’un qui fait de l’humour pour les jeunes ?
    Il y a encore des jeunes qui viennent me voir sur scène, donc je n’ai pas l’impression…

    Comment est-ce qu’on fait pour que les jeunes viennent encore ? C’était ça la question. Sans faire du “jeunisme”.
    J’aurais du venir habillé autrement et me teindre les cheveux, c’est ça ?

    Et te filmer dans ta chambre avec une caméra comme un Youtubeur, et faire des tutos de maquillage.
    Non, non. Ca y est, j’ai fait des petites annonces, c’est bon.

    Tu nous emmènes voir des fleurs, habillé en gris… bon.
    Ah c’est vrai, tu crois que ça va se changer en émission de vieux ?

    Gad t’appelle pour des oraisons funèbres.
    Tu sais que tu es en train de me foutre le blues là ? Je vais me foutre dans le lac en fait.

    Qu’est-ce qui se passe avec toi au cinéma ? Est-ce que tu as envie d’y retourner ?
    J’ai enfin trouvé une idée de film qui va dans le sens de ce que je te racontais tout à l’heure. C’est-à-dire que je vais parler des rapports entre un père et un fils. A priori le pitch n’est pas extrêmement drôle, mais je vais le “drôlifier”. Je parle de mon père indirectement, des rapports que j’ai avec lui, la façon dont il nous a élevé. Je vais essayer d’évoquer toutes mes blessures en fait, mais je vais les rendre audible. Tout à fait. Si j’ai du mal à t’en parler, c’est que ça va commencer par quelque chose de très personnel et après je vais ouvrir et ça va parler à tout le monde.

    Il y a un truc qu’il y a moins dans ce spectacle, c’est les peines de coeur. Est-ce que ça veut dire que ça va mieux ?
    Oui oui ça va mieux.

    Tu as retrouvé l’amour ?
    Il faudrait déjà que je retrouve l’amour de moi, avant d’essayer d’aller chercher l’amour de quelqu’un d’autre. Et là c’est plus compliqué l’amour de soi…

    C’est le combat de toute notre vie.
    La connaissance de soi c’est dingue, c’est une folie. C’est le combat d’une vie donc je vais y arriver.

    Merci beaucoup Elie.
    Merci Mouloud.

    Connaissez-vous vous-même pour être aimé par l’autre : c’était le message d’Elie Semoun.
    Je n’ai rien à ajouter.

    Le Gros Journal CANAL+ Elie Semoun

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