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    Un jardin dans la ville : les projets fous de l’architecte Thomas Heatherwick

    Si tout se passe comme prévu, en 2020, New-York comptera une île de plus, et à Londres, un nouveau pont zébrera la Tamise. Les deux mégalopoles sont sur le point de construire des espaces verts gigantesques et surprenants, au cœur de la ville. Derrière ces projets un peu fous, un seul homme : l'architecte Thomas Heatherwick.

    Le premier projet s’appelle Pier 55. Mais son surnom lui va mieux. Les New-Yorkais l’appellent « L’île au Trésor » – car s’il voit bien le jour en 2019, c’est un ilôt de 10000 mètres carrés qui flottera sur la Hudson River, l’un des fleuves de la ville. Une île artificielle emplie de verdure, soit un immense parc monté sur des colonnes d’un peu moins de 60 mètres de haut, explique GQ. En plus de sa fonction de jardin, il disposera de nombreuses infrastructures culturelles – dont un amphithéâtre de 700 places, tourné vers l’horizon. Le projet est évalué à 130 millions de dollars, selon les chiffres du Huffington Post, soit 104 millions d’euros. Principaux investisseurs : la créatrice de mode Diane Von Furstenberg et son mari.

    TreasureIsland le projet en cours de Thomas Heatherwick

    Londres, quant à elle, accueillera bientôt un jardin suspendu du 3e type. Nom du projet : The Garden Bridge.  Joanna Lumley, l’actrice de la série « Chapeau melon et Bottes de cuir », culte dans les années 60, s’est donnée corps et âme pour défendre le projet, soutenu par le gouvernement. Victoire : il vient de recevoir un premier aval pour sa mise en oeuvre. Pour qu’il soit enfin concrétisé, il lui manque deux dernières étapes institutionnelles et quelques millions d’euros – un détail, selon le magazine Time Out, pour qui la capacité de l’actrice à mobiliser autour de sa cause ne fait presque aucun doute.

    Tout piéton, cette promenade verte est pensé pour être une « expérience transitionnelle », pour les londoniens comme pour les touristes qu’il compte bien attirer. Le long de leur traversée de la Tamise, sur 367 mètres,  les passants parcourront plus de cinq jardins foisonnants, ornementaux ou sauvages, emplis d’arbres fruitiers. L’eau de la Tamise est sale? Ils seront littéralement au-dessus de ça. Perchés à 50 mètres de hauteur, ils flâneront entre les arbustes, minutieusement sélectionnés par des jardiniers.

    Projet de Garden Bridge à Londres

    Outre-Atlantique, le coût écologique du projet n’est pas encore détaillé, celui de la maintenance non plus. En Grande-Bretagne, des voix s’élèvent déjà pour dénoncer le coût élevé du projet (environ 60 millions de livres de financement public, 175 millions en tout), et la privatisation insidieuse d’un pan de Londres. Fermeture à 18h, autorisation nécessaire pour les groupes de plus de 8 personnes et fermeture mensuelle en vue d’y accueillir des événements privés : le jardin suspendu, censé être accessible à tous, semble d’ores et déjà moins bien accueillant qu’annoncé. Pas sûr qu’à Londres, ni à New York, la greffe de ces poumons flambants neufs prenne aussi bien que prévu.

    Aux manettes de ces deux projets, le fantasque Thomas Heatherwick. Ni plus ni moins que le « nouveau Leonardo du Design », selon le Guardian. Il jouit, d’après le quotidien, d’une « réputation internationale pour l’expérimentation et la surprise ». Architecte à succès, il est expert en réalisation de monuments et d’espaces publics, auxquels il confère une dimension moderne, quasi-futuriste. Il a rajeuni les bus rouges de Londres, dont la nouvelle version circule depuis le début de l’année, et créé – parmi ses innombrables autres projets – le pavillon britannique de l’Exposition Universelle de Shangaï, en 2010.

    Pour l’instant, Thomas Heatherwick est surtout mondialement connu pour sa mise en scène de la flamme olympique, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres en 2012. Mais il fait une petite fixette sur les plantes – jusqu’à imaginer une centrale nucléaire feuillue… Depuis longtemps, la création d’espaces verdoyants extralarges en milieu urbain lui trotte dans la tête. Alors il ne compte pas s’arrêter à Londres et A New-York.  A Abou Dabi, il planifie un parc-caverne, oasis géante au milieu du désert. On y trouvera, au-delà de la verdure, un cinéma, une grande scène de concert et même… une mosquée.

    Projet de jardin caverne à Abu Dhabi

    Arts Architecture Londres

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