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    Sofiane sur le plateau du gros journal et de clique avec mouloud achour

    Le Gros Journal avec Fianso : « Sprite, payez des études au petit qui vous fait du buzz ! »

    Ce soir, Mouloud Achour passe chez So. Il pose le plateau du Gros Journal aux Tilleuls, la cité emblématique du Blanc-Mesnil.


    Le Gros Journal avec Fianso, l’intégrale du 02… par legrosjournal

    Sofiane revient sur #JeSuisPasséChezSo, sorti chez Capitol le 27 janvier, un projet fou qui lui a fait faire le tour des cités les plus difficiles d’accès de France. Sofiane regrette l’image violente qui colle au département du 93, à tort selon lui. Il revient ainsi sur l’enregistrement de son clip « Ma cité a craqué » aux Mureaux début janvier, que les médias ont décrit, avec subtilité, comme étant une « émeute ». Dans ce clip, une star est née : René, 12 ans, nous raconte la véritable histoire de LA punchline : « Vos daronnes elles boivent du Sprite sa mère !« .

    Sofiane sera le 9 mars au Nouveau Casino de Paris, et ce jeudi soir à la Cigale pour le concert de soutien à Adama Traoré aux côtés de Kery James, Arsenik, Dosseh, Medine, Youssoupha ou Tito Prince… Petit surprise dans cette conversation : Jalal Kahlioui, journaliste chez Clique, est allé enquêter à Rouen à la rencontre de Naïm, 15 ans, expert en look de rappeurs sur Instagram.

    Mouloud Achour : Comment vas-tu Sofiane ?
    Fianso : Super bien !

    Bienvenue dans le Gros Journal !
    Fianso : Merci de m’accueillir.

    On est super contents
    Moi aussi !

    On est super contents parce que l’on a vu la renaissance d’un mec cette année : je t’avais suivi dans un rap plus confidentiel et un parcours en indépendant. Et tout d’un coup, il y a eu une explosion, cette année, avec une série de clips, les “Je suis passé chez So’”. “Je suis passé chez So”, et le concept était super simple : tu allais dans une ville, tu tournais un clip. La semaine d’après tu allais en studio et tu allais dans une autre ville tourner un autre clip.
    Exactement !

    Comment est venu le concept ?
    C’est venu au tout début. Je ne sais pas si tu as vu le premier épisode, on l’a tourné à Marseille Castellane. La Castellane c’est un endroit très fermé, c’était un défi pour nous et pour moi d’aller tourner là-bas, qu’on m’ouvre les portes, qu’on m’accueille… Et ça s’est super bien passé. Ensuite on est allé au bout de nos envies. On se branchait, on se demandait : « est-ce qu’on peut rassembler tous les rappeurs du 93 dans un même projet, est-ce qu’on peut aller tourner dans les pires endroits de France ? ». Et finalement tu te rends compte que les gens ont le sourire et qu’ils t’accueillent avec grand plaisir, et que voilà, donc, ça s’est super bien passé.

    D’ailleurs c’est ce qui nous est arrivé ici, on est où là exactement ?
    Ici on est au Blanc-Mesnil, là on est à la cité des Tilleuls, c’est la cité la plus emblématique de Blanc-Mesnil. J’ai passé des années ici, et la majorité de mes potes étaient ici donc j’étais tout le temps ici. Mon premier clip a été tourné là, c’est cool qu’on soit ici.

    Parce que là, si on écoute ce qui se dit dans les émissions de grande écoute à la télé ou à la radio, la banlieue c’est des territoires perdus où les salafistes ont pris le contrôle et où personne ne rentre.
    Mortel, mortel ! Imagine le fantasme des gens ! Faut arrêter d’être con à un moment.

    On va surtout parler de territoires abandonnés par l’Etat, on est plutôt dans ce cas-là.
    On est plutôt dans “Regardez-les ils ont besoin de vous”, que dans “Ils vous interdisent de rentrer chez eux et les salafistes ont envahi la cité”… Arrête ! Nous on regarde ça, c’est un sketch pour nous ! Parfois tu vas en province avec la musique – tu ne te déplaces pas forcément que dans des cités tu vois… Tu arrives dans une campagne, et  les mecs ont l’impression que dans le 93 on marche avec des fusils à pompe, que c’est la guerilla… Non, calmez-vous ! On s’amuse ici, on fait des barbecues, on emprunte des camions pour emmener les petits à la piscine l’été ! Je sais pas, tu vois ce que je veux dire ? Nous en fait on ne voit pas tout ça ! Alors oui il y a des problèmes, qui sont liés à plein de facteurs : à la pauvreté, à la déscolarisation, au désemploi, à tout ça… Bien sûr, bien sûr qu’on a tout ça ! Mais on a de grandes choses !

    On vient de regarder des extraits d’un entretien que tu as donné à nos confrères de RapElite où tu parlais de l’affaire Adama Traoré, un concert de soutien va être organisé par la famille en sa mémoire, tu vas y participer. La dernière fois qu’on est allés à Beaumont-sur-Oise, on a donné une caméra à Assa et elle a filmé des extraits de cette conférence de presse. Le concert c’est ce soir à la Cigale. Pourquoi est-ce que c’est important pour toi d’y aller ?
    Pour moi c’est la 100ème goutte d’eau qui a fait déborder le 100ème vase, c’est clairement un symbole à la hauteur de l’histoire de 2005 de Zyed et Bouna, paix à leurs âmes, voilà ! Le mouvement culturel doit suivre, les rappeurs doivent suivre, on est obligés d’en parler. Si nous on en parle pas, qui va en parler ?

    Je reviens sur l’histoire des clips. Il y a quelque chose moi qui m’a surpris, c’est que ce n’est pas tout le monde qui va dans des quartiers pour se filmer, c’est pas tous les rappeurs qui rentrent dans tous les quartiers. Quand j’ai vu tes clips, je me suis dis, j’ai vu des scènes de liesse populaire où je voyais des gens qui étaient contents qu’on vienne filmer chez eux… Et tout de suite, vous avez été criminalisés, on a parlé d’émeutes, on a parlé d’insurrection, alors que c’était des clips de rap. Comment tu as vécu ça ?
    Tu te rends compte de la légèreté de la masse, pour que les médias écrivent des choses comme ça et pour que les gens y croient, c’est vraiment que… Tu vois l’individu est intelligent, j’en ai aucun doute, tu vois ce que je veux dire ? Il a du bon sens, un minimum, mais pour la masse c’est plus compliqué. Quand on diffuse une information comme le mot “émeute” par exemple et que moi j’étais là, que je vois ce qu’il s’est passé vraiment et que je vois l’ampleur que ça prend, au début on rigole, mais il y a un moment où tu rends compte que c’est vraiment sérieux, qu’il y croient vraiment à ce qu’ils sont en train de raconter. Donc là tu appelles les médias et tu dis “non non mais c’est pas comme ça”, on va avoir un droit de réponse, on va parler et on a fait témoigner les jeunes parce que tu parles de cette histoire aux Mureaux, on a fait témoigner ces jeunes là, on a fait parler ces gens là. Et oui effectivement il y a des liesses populaires, et je kiffe tu aies employé ce mot-là parce que c’est vraiment ce qu’il se passe.

    Ce qui est fou c’est qu’il y a eu donc la récupération négative, la presse qui qualifie d’émeute et il y a eu les marques, il y a eu la fameuse séquence “ta daronne elle boit du Sprite”. C’est un petit c’est ça ?
    C’est un petit qui s’appelle René.

    Et en fait des marques se sont emparées de ça.
    Bah la marque en question a lancé une campagne, un jeu concours, a même fait une opé avec une radio pendant une promo à moi sans me prévenir. Limite en soi je m’en fous, je m’en fous de partir en partenariat avec cette marque, je m’en fous. Pour le coup ce que je dis dans les médias concerne ce petit-là qui leur fait vendre des produits.

    Tu sais que moi j’ai découvert que ce petit c’était un jeune collégien qui est en famille d’accueil, donc on va lancer un appel à cette marque, si vous voulez vraiment faire quelque chose pour la jeunesse…
    Payez lui des études ! On ne vous demande pas de venir avec une enveloppe de violets, mais faites quelque chose, un geste, c’est pas pour nous, nous on veut rien c’est pour lui, et cette récupération elle a été faite un peu sauvagement, d’habitude c’est nous les sauvages mais finalement dès qu’il s’agit de marketing, on voit les dents des gens, tu vois ?

    Donc si tu veux que ta daronne elle boive du Sprite, faut que Sprite lui paye ses études.
    Très important !

    Il y a quelque chose qu’on a aussi remarqué dans tes clips, c’est qu’aujourd’hui les marques de luxe se sont invitées chez tous les rappeurs, c’est la compétition de celui qui aura le vêtement le plus cher, et en fait les vêtements des rappeurs influencent les jeunes, et on a retrouvé un jeune qui a ouvert un compte Instagram où en fait il repère les vêtements des rappeurs et il dit où les acheter. Ce jeune s’appelle Naïm, et Jalal, chez Clique, est allé à Rouen pour enquêter. Voici son enquête.

    Tu aimes la haute couture ?
    Ah j’aime bien les belles choses, bien sûr, moi aussi j’en mets bien sûr. Après tu vois par exemple, pas dans mes clips et ça c’est juste une histoire de bon sens. T’arrives pas avec 4 000 euros de vêtements sur toi dans une cité où les petits ils ont pas de baskets. Et cette manière de montrer son argent c’est super mal perçu chez nous, tu ne toises pas les gens, tu ne nargues pas les gens.

    Là on le voit, l’impact sur les petits, quand ils voient des marques de luxe, à quel point ça les passionne.
    Complet, complet, on a été contactés par deux ou trois marques, d’ailleurs.

    Qui sont tes créateurs préférés ? On aime la mode dans le 9.3…
    Je suis très banlieue moi, j’aime beaucoup Versace.

    Les motifs partout ?
    J’aime beaucoup Versace, ouais. Toute les dorures, je kiffe ça, après sinon ils sortent des modèles très simples aussi, je suis pas très Philipp Plein, ferraille tout ça, je suis pas trop dedans.

    On est passés chez So, le Gros est passé chez So.
    Et grosse dédicace à tout le quartier qui nous a accueilli aujourd’hui et dédicace à Esperanza.

    Le Gros Journal Le Gros Journal sofiane

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