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    QUI ES-TU ? : Marlin, le talent français qui brise les codes de la pop

    Validé par DJ Snake et Selah Sue, Valentin Marlin a différentes casquettes : il est producteur, chanteur et musicien. Après avoir fait de la batterie, il s’est mis au piano, puis aux platines, et en 2012 il a gagné un concours de remix de Sebastien Tellier… À ce moment-là, il en est certain, il va faire de la musique son métier.

    Sa particularité ? Casser les genres. C’est lorsqu’il mélange le Hip-hop, la funk, la pop et le rock qu’il a l’impression de « construire quelque chose de cohérent, qui sonne bien ». C’est ce que ce jeune talent de la musique électronique nous a expliqué avant de nous interpréter le morceau « Gucci Gang » de Lil’ Pump au piano dans une superbe version acoustique

    Clique : Tu as posté récemment sur Instagram une photo de toi en train de jouer de la batterie. Il y est écrit : « lun des plus beaux jours de ma vie ». Pourquoi ?
    Marlin : Pour la première fois, ma maman m’avait acheté une batterie « de grand » pour mon anniversaire. Avant j’en avais déjà une, toute petite, mais là c’était une vraie batterie de grand. Elle m’avait fait une surprise : j’étais rentré et dans la première pièce de la maison j’avais vu ça. J’étais trop content. Ça m’a marqué !

    Ton père est guitariste, ta mère est mélomane. Ton destin dans la musique était déjà tout tracé ?
    Je ne pense pas qu’il était tracé. J’aurais pu kiffer faire du foot. C’est vrai que j’ai eu la chance d’être ouvert à ça, à faire de la musique jeune… Tu as des gens qui le découvrent plus tard et qui se disent « putain, je veux apprendre à faire de la musique ». Mais moi, c’était vraiment depuis tout petit. Comme mes parents ont vu que la musique c’était mon truc, ils se sont démerdés pour que j’aille en école de musique et au Conservatoire pour que je puisse l’apprendre.

    En 2012, tu as gagné un concours de remix de Sebastien Tellier. Qu’est-ce qui t’a donné envie de tenter ta chance ?
    Je faisais des sons vite fait sur mon ordi mais j’étais un peu en galère… Personne ne m’écoutait. J’ai vu qu’il y avait des concours de remix, j’en ai fait quelques-uns… C’était l’époque d’Ed Banger, c’était vachement à la mode. Sebastien Tellier, je le kiffais et j’étais déterminé ! J’ai essayé de faire un remix. J’ai écouté tous les autres remix des autres participants : il y avait un groupe sur SoundCloud où tu pouvais écouter leur remix. Ils faisaient tous un peu le même genre et j’ai voulu me démarquer en faisant un truc différent. Je ne pensais pas que j’allais gagner… Quand j’ai vu que j’ai gagné, j’étais super content !

    Est-ce que ce concours t’a ouvert des portes ?
    Oui, ça m’a permis de rentrer dans le game. Il y avait des mecs qui bossaient dans le son à Paris qui m’ont écouté et qui en ont reparlé par la suite. C’est grâce à ça que j’ai rencontré mon manager et qu’il m’a repéré.

    Sur ton SoundCloud, on voit que tu fais beaucoup de covers. C’est l’exercice que tu préfères ?

    J’aime bien faire des remix et composer. J’aime bien les deux mais c’est marrant de faire un remix, surtout un remix d’un son que tu aimes bien : tu te l’appropries pour en faire une autre version. Et on ne va pas se mentir, sur SoundCloud, avant, ça te permettait de faire des vues, moins maintenant…

    Par exemple j’avais fait un remix de Nicki Minaj et Beyoncé sur le titre « Feeling Myself » et tous les gens qui recherchaient ce son tombaient sur mon remix. J’ai fait aussi Cassie, Rihanna et récemment Rae Sremmurd.

    ME & U, Cassie (Remix) – Marlin

    Feeling Myself, Nicki Minaj, Beyoncé (Remix) – Marlin 

    En 2014, tu publies sur SoundCloud un remix du titre « Me & U » de Cassie aux sonorités funk. En 2016, tu sors « Everlasting » qui mélange trap et electro. Et ton dernier EP « NIGHTS » oscille entre le Hip-hop et la pop…. Parle-nous de tes influences.
    J’en ai beaucoup. Je pense que je ne veux pas me mettre de limites. Quand je fais du son, je fais comme ça vient ; après, dans la tonalité, j’essaye de construire quelque chose de cohérent, qui sonne bien… Mais je ne veux pas me mettre de limites et j’ai beaucoup d’influences. Quand j’étais petit, j’étais pas mal exposé au Hip-hop, je regardais MCM avant de partir à l’école. Je voyais Snoop Dogg, Outkast à la télé… ça me faisait kiffer. Après, j’ai eu des périodes où j’écoutais des groupes de rock : les Artic Monkeys, The Strokes, AC/DC. Puis il y a eu toute une partie électronique : Daft Punk, Ed Banger. Je me suis rendu compte en avançant que j’aimais bien la pop comme Michael Jackson… Je n’arrive pas à me limiter. J’essaye de faire un peu mon style, je ne vais pas copier mais c’est vrai que je suis influencé par beaucoup de personnes.

    Quelle est ton style à toi ?
    C’est de la pop, avec un bon côté électronique et pas mal d’influences qui peuvent aller du Hip-hop au funk, en passant par la house ou le rock. En gros, c’est de la pop électronique.

    Be Good feat. Jared Samuel – Marlin 

    Dans une interview (From Paris), tu dis que tu « cuisines » des sons pour les gens ; quels sont tes ingrédients préférés pour faire un bon son selon toi ?
    Je ne dis pas, c’est secret ! (rires). Je pense que je m’en fous des ingrédients, il faut juste que ce soit bon à la fin. Je vais aller tout chercher, je vais essayer différents trucs. Si je mets une épice et qu’elle est dégueulasse… L’avantage avec les logiciels de musique c’est que tu peux retirer, enlever, annuler… J’essaye de chercher tous les ingrédients qui sont dans mon ordinateur, dans des synthés, dans des samples ou dans des instruments.

    On s’en fout de comment c’est fait, tous les moyens sont bons.

    Au final, la musique, surtout la musique électronique comme on la fait maintenant sur l’ordi, c’est un peu du bricolage. Des fois tu écoutes des sons, ce sont des supers productions, tu as l’impression que c’est fait comme ci, comme ça, mais au final c’est du bricolage de ouf ! Tous les ingrédients sont bons tant que le plat à la fin se mange.

    Tu as sorti ton EP « NIGHTS » en juillet dernier… Raconte-nous le travail qu’il y a eu autour du projet.
    Comme toujours, j’avais des démos qui traînaient et je les faisais écouter à mon entourage. Il y avait la démo « 54321 » où j’avais posé ma voix dessus pour tester des nouvelles choses. De base je voulais appeler un chanteur, mais mon entourage m’a encouragé à chanter. Du coup, il y a plusieurs démos où je chante, et grâce à ces démos j’ai pu signer à Universal en éditions, et chez Elektra Warner France en label. Suite à ça, Elektra m’a donné des moyens pour finaliser l’EP en studio et faire des clips. Ça part de démos dans ma chambre qui finissent dans des gros studios à Paname… Ça s’est fait sur un an et demi.

    Nights – Valentin Marlin

    Qu’est-ce que ça a changé pour toi, le fait d’avoir été signé ?
    Au niveau des idées et de la création, j’essaye de rester le même. Le fait d’être signé, ça te permet de structurer ton projet, tu as une team qui est vraiment faite pour ça, c’est leur métier. Tu as des gens qui vont s’occuper de la communication, du graphisme, d’autres seront dans la direction artistique et vont t’aider. La signature apporte des moyens pour faire des trucs cools !

    Tu as sorti deux clips, un pour « Be Good » et un pour « 54321 ». Les deux ont été réalisés par PANAMÆRA… qui ont également réalisé des clips pour Ab-Soul, Kendrick Lamar ou encore Jay Rock… Tu sais t’entourer, non ?
    On cherchait des réalisateurs, on testait des gens puis on a été amenés à rencontrer PANAMÆRA et effectivement j’ai vu qu’ils avaient fait des clips pour Kendrick Lamar… Ça m’a chauffé ! Le feeling est bien passé par rapport à d’autres réalisateurs que j’avais vu, donc on s’est engagés avec eux pour le clip. Je ne regrette pas, c’est vraiment cool !

    54321 – Marlin 

    Il y a un autre clip de prévu ?
    Pour la suite, j’aimerais faire les clips moi-même. Ça risque d’être compliqué. Plus jeune, je faisais de la vidéo, donc j’aimerais bien que les idées viennent de moi. À la fois j’aimerais bien continuer à travailler avec PANAMÆRA, à la fois j’ai envie d’essayer des autres manières de travailler, de faire un peu plus par moi-même… On verra.

    Par curiosité, tu es encore étudiant ?
    Non, je fais que de la musique. Fuck les études ! (rires). J’ai fait un an de fac d’anglais, ça m’a servi un peu, parce que je chante en anglais maintenant. Mais les études, c’était pas pour moi. Comme j’ai appris la musique depuis que je suis tout petit, pour moi c’est comme si j’avais déjà eu un véritable apprentissage.

    Pourquoi faire une licence dans un domaine que je ne connais pas pendant trois ans alors que j’ai étudié la musique pendant dix ans ?

    Pourquoi avoir fait le choix de chanter en anglais ? Exclus-tu le fait de chanter en français un jour ?
    Je n’exclus pas cette idée, mais quand je chante en français je n’arrive pas à faire de la pop. Je suis plus terre-à-terre et je vais faire quelque chose qui ressemble plus à du rap. J’ai envie d’être dans le game français… qu’il y ait des français qui m’écoutent… mais ça m’est vraiment venu tout seul de chanter en anglais. Je me sens plus à l’aise. Ça peut quand même arriver qu’un jour je chante en français, mais en anglais je trouve que ça passe mieux. Je suis parti là-dedans donc pour l’instant je reste comme ça. Mais parfois, c’est vrai que j’écris et je sens bien que ce n’est pas ma langue maternelle et que je me force un peu : les mots viennent mais c’est les mots que je connais… Ça sonne bien en anglais, c’est cool, moi je kiffe !

    Un futur album est-il en préparation ?
    En ce moment je suis en studio, le plus possible. Il y a beaucoup de morceaux qui commencent à être prêts. Il y aura du nouveau qui va sortir bientôt donc restez connectés !

    Quel serait ta collaboration de rêve (vivant ou décédé) ?
    Michael Jackson, c’est le meilleur. Je kifferais bosser avec Kevin Parker de Tame Impala. Il me met des claques ! J’aimerais bien voir comment il travaille, ce serait une vraie collaboration mais bon… Il va falloir travailler pour qu’il me valide !

    Il y a des artistes qui t’ont validé ?
    J’avais fait un remix avec Selah Sue et elle a bien kiffé ! J’avais même joué avec elle. DJ Snake et Tchami m’ont aussi déjà dit que ce que je faisais était cool.

    Tu penses quoi des DJ comme DJ Snake qui ont réussi à percer à l’international ? Ce sont des modèles pour toi, des objectifs à atteindre ?
    Pour l’instant, j’essaye de vivre ma musique, je n’essaye pas de me fixer d’objectifs trop hauts pour ne pas être déçu après. J’essaye de faire chaque chose en son temps, de faire toujours mieux. DJ Snake, ça défonce hein ! En plus c’est un français donc fierté… Il a une vraie carrière ! Mais il faut savoir qu’il a galéré pendant dix ans à faire un peu tout et n’importe quoi dans la musique à Paname… maintenant il remplit des trucs de ouf ! La réussite ne vient pas comme ça. J’essaye de garder les pieds sur terre. J’ai sorti un EP, il y a trois pélos qui me connaissent à Paris, ce n’est rien. Il faut encore que je travaille. Ce que je veux, c’est que les personnes qui vont écouter ma musique, peu importe qu’elles soient nombreuses ou pas, je veux que ça les fasse kiffer, que ça leur rapporte un rayon de soleil ou un sourire. C’est pour faire kiffer les gens, quoi !

    J’ai scrollé ton profil Facebook. En 2009, tu publies un projet d’art plastique que tu nommes « Playmobil Drogué » : on y voit des croquis et des photos d’essai d’un nouveau concept, le Playmobil toxicomane. Si tu n’avais pas été musicien, tu te serais lancé dans l’art ?
    Pourquoi pas ? Quand j’étais plus jeune, je faisais des vidéos donc tout ce qui est création, trouver des idées, j’aime bien. Et le moment où je me suis mis à fond dans la musique, j’ai un peu oublié comment faire le reste. Le concept du « Playmobil drogué », c’était un projet d’art plastique en troisième. On nous a dit « il faut inventer une boîte de Playmobil qui n’existe pas ». Habituellement tu as le « Playmobil policier », le « Playmobil footballer »… Moi j’ai toujours été fasciné par le côté sombre des choses, donc j’ai voulu me démarquer en inventant cette boîte de Playmobil. J’ai créé ce Playmobil, je lui ai rajouté des seringues, un pack de coke, de la beuh… « Playmobil Junkie », quoi ! Et je crois que j’ai eu une bonne note.

    On a sélectionné plusieurs photos qu’on aimerait que tu commentes. Première photo, celle-ci : explique-nous ta coupe à la Sean Paul.

    2005

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    Marlin et sa coupe à la Sean Paul –  @_marlin_

    Ça s’explique par Sean Paul justement. C’était en 2005, un truc comme ça, j’écoutais Sean Paul. Un été, je suis parti à Orléans, chez ma tante, j’avais les cheveux longs, j’ai imprimé une photo de Sean Paul et j’ai dit à ma mère « emmène-moi dans un salon africain pour faire des tresses ». J’avais un survêtement Nike et tout l’été j’étais comme ça alors que je viens du Pas-de-Calais. Quand j’étais petit j’aimais bien changer de style !

    Marlin et Gaspard Augé au Main Square Festival. 

    J’étais à Arras, au Main Square Festival. J’étais surtout parti là-bas pour voir Justice. Je suis là avec mes potes et au fond je vois Gaspard Augé en mode « je m’en bats les couilles ». Du coup, je vais le voir pour prendre une photo avec, comme un fan de Justin Bieber aurait fait. J’avais quinze ans. Maintenant quand je croise des gens connus, je m’en fous un peu, ce sont des gens normaux ; mais quand tu es fan, tu kiffes vraiment ta race !

     

    vie

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    Logiciel de Marlin – @_marlin_

    C’est ma vie. C’est une photo de mon logiciel où je fais du son. J’ai l’impression que je prends souvent mon écran d’ordinateur en photo, c’est comme ça que je travaille… Donc au final, c’est un peu une photo de mon quotidien, d’où la légende « vie. »

     

    La voiture utilisé dans le clip « 54321 » de Marlin – @_marlin_

    C’est la voiture qu’on a utilisé dans mon clip « 54321 » avec PANAMERA. C’était un screen que j’avais pris pour sélectionner des voitures pour le clip. De base, je voulais une plus grosse voiture mais celle-là on dirait un peu une voiture d’occasion que tu achètes quand tu es en galère. Mais elle rend bien dans le clip, ça fait un peu 90’s ! Elle date de 1989, vintage. Je kiffe.

    Chilly Gonzales, compositeur et musicien. 

    Avant c’était un peu mon idole. Je l’ai découvert à la télévision, parce qu’il a le record du monde du concert le plus long : vingt-sept heures sans s’arrêter. J’aimais bien comment il jouait du piano ; il jouait du piano classique mais un peu comme il voulait. Il détournait un peu tout, il jouait un peu de pop. Il a fait une série sur dailymotion qui s’appelle Superproducer. Ça se fout de la gueule des gros producteurs américains, c’est super marrant. A chaque fois il y a un chanteur un peu improbable qui vient dans son studio et il lui fait faire un hit. C’était trop bien ! D’ailleurs, j’ai fait un remix pour lui par l’intermédiaire de gens. Il l’avait écouté et retweeté, et grâce à ça j’ai même eu le droit à une place pour son concert. (rires)

    Image à la une : © Quentin Curtat 

    Musique electro pop Hip pop

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