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    Jonathan Greenblatt © BY-SA PopTech, Flickr

    Le dirigeant d’une organisation juive américaine s’engage à se déclarer musulman en cas de fichage

    Jonathan Greenblatt, président de l’organisation Anti-Defamation League qui lutte contre l’antisémistisme, a déclaré le 18 novembre qu’il s’enregistrerait comme musulman si le président élu Donald Trump venait à ficher ces derniers aux États-Unis : « Je m’inscri­rai comme musul­man si Trump crée une base de données, à cause de ma foi juive, en raison de mon enga­ge­ment envers nos valeurs améri­caines fonda­men­tales, parce que je veux que ce pays soit aussi grand qu’il l’a toujours été » explique-t-il à l’AFP. Sa démarche s’appuie sur les leçons laissées par la Seconde Guerre mondiale : « Nous avons des souvenirs douloureux du moment où nous avons été identifiés, enregistrés et étiquetés » dit-il, en référence à la Shoah.

    Lors de sa campagne, Donald Trump avait déclaré vouloir fermer les frontières des États-Unis aux musulmans. Mais c’est surtout sa réponse à un journaliste de la chaine d’information MSNBC, en novembre 2015, qui avait déclenché une vive réaction dans les médias du monde entier. À la question « seriez-vous prêt à ordonner la mise en place d’un système de base de données pour suivre les musulmans dans ce pays ?« , celui qui a l’époque n’était encore que candidat avait répondu : « Oh, je mettrai certainement ça en place, absolument. » 


    Vidéo – Donald Trump répond à un journaliste de MSNBC et évoque un fichage des musulmans aux États-Unis.

    Le débat a été relancé après l’élection de Donald Trump le 8 novembre, lorsque le secré­taire d’État du Kansas, Kris Kobach, a déclaré à l’agence Reuters que l’idée du fichage était en bonne marche. Il suffit, selon lui, de faire renaître de ses cendres  le National Security Entry-Exit Registration System (NSNEERS), mis en place en 2002 par l’administration Bush fils dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Ce programme, explique l’agence de presse, consistait à surveiller les ressortissants de certains pays (majoritairement d’Iran, d’Irak, de Libye, du Soudan et de la Syrie) par des contrôles d’identité et des interrogatoires fréquents. Vivement critiqué pour son profilage basé sur la religion et l’ethnie, il avait été aboli en 2011.

    © AP photo / Carolyn Kaster : sur la première page du plan de stratégie de sécurité intérieur Kobach

    Photographie © AP photo / Carolyn Kaster : Le Président Donald Trump et le secrétaire d’État du Kansas, Kris Kobach, le 20 novembre devant le club de golf du président dans le New Jersey.

    Dans un message publié le 17 novembre sur Twitter, Jim Acosta, le directeur de la communication de Trump assurait qu’il n’y aurait pas de registre fondé sur le critère religieux. Pourtant, dimanche 20 novembre, la rumeur s’est avérée plus proche de l’info que de l’intox. Une photographie de Donald Trump et du secrétaire d’État Kris Kobach, capturée le jour-même par Associated Press, révélait une partie de la première page d’un document intitulé « Département de la sécurité intérieure : Plan stratégique de Kobach pour les 365 premiers jours ». Les titres entrevus du dossier confirment la rumeur de réhabilitation du NSNEERS et certifient que le ciblage des musulmans est au sommet de la stratégie Kobach. Voici ce que l’on peut y lire :

    « 1. Interdire l’entrée de terroristes potentiels : mettre à jour et réintroduire le système de repérage et de suivi NSFERS (Système national d’enregistrement des entrées et sorties de sécurité) qui était en place de 2002 à 2005. Tous les étrangers des zones à haut risque sont suivis.
    2. Ajouter des questions d’investigation extrêmes pour les étrangers à haut risque : les questionner au sujet du soutien à la charia, au djihad, de l’égalité hommes-femmes, de la Constitution des États-Unis.
    3. Réduire l’accueil de réfugiés syriens à zéro en vertu de l’autorité de la loi de 1980 sur les réfugiés. »

     

    © AP photo / Carolyn Kaster : Zoom sur la première page du plan de stratégie de sécurité intérieure de Kobach

    © AP photo / Carolyn Kaster : Zoom sur la première page du plan de stratégie de sécurité intérieure de Kobach

    Jonathan Greenblatt n’est pas le seul à manifester son soutien aux musulmans des États-Unis qui ont été largement visés tout au long de la campagne de Donald Trump. Après l’élection, trois new-yorkais ont créé le site Register US, dont le but est de s’engager à s’enregistrer comme musulman si un fichage était mis en place. Au 22 novembre, déjà 29 481 personnes ont signé cette pétition. « Nous devons nous unir pour protéger nos voisins et nos droits les plus fondamentaux » lit-on sur la page d’accueil. À suivre…

    Société Donald Trump Etats-Unis

    Commentaires
    Charlotte Vautier
    Journaliste
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