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    Cinquante ans plus tard, un chapitre censuré et inédit de l’autobiographie de Malcolm X refait surface

    « Les paroles s’envolent, les écrits restent » : jamais une citation n’a été aussi lourde de sens qu’aujourd’hui. L’écriture est une arme de défense et son caractère indélébile permet à l’Histoire de raconter de nouvelles choses et de les nourrir continuellement. On perd des manuscrits, on les cherche puis on les retrouve. Parfois il faut des mois, des années, même des siècles…

    Dernier exemple en date, via le New York Times : 53 ans après sa publication en 1965, l’autobiographie de Malcolm X fait peau neuve avec la (re)découverte d’un chapitre inédit, jamais publié et… censuré à l’époque.

    7000$, c’était le prix à payer pour obtenir ces précieux documents. À la surprise de tous, une vente aux enchères à été mise en place, jeudi dernier, afin de se procurer des textes exclusifs écrits par Malcolm X lui même, et jamais dévoilés au grand public. C’est Schomburg, un centre de recherche autour de la culture afro-américaine à Harlem, qui a réussi à s’en emparer. Ces écrits, détenus auparavant par un collectionneur privé, sont désormais publics, accessibles à tous et vont être utilisés pour servir la recherche.

    Mais pourquoi ces archives n’ont-elles jamais été publiées ? Et que peut-on y lire ?

    @Extrait du chapitre « The Negro » – New York Times

    Le chapitre « The Negro », inédit jusqu’alors, avait posé problème lors de la publication, en 1965, de l’autobiographie de Malcolm X écrite en collaboration avec le journaliste Alex Haley. Jugé incendiaire et polémique, cette partie de l’ouvrage a été complètement étouffée et censurée… Jusqu’à aujourd’hui. Malcolm X y parle de « l’hypocrisie et la corruption de l’Amérique blanche » et de sa désillusion concernant les « intégristes noirs« . Ainsi, il introduit ce neuvième chapitre avec ces mots :

    «Le monde occidental est malade. La société américaine – avec le chant du christianisme qui donne à l’homme blanc l’illusion que ce qu’il a fait à l’homme noir est «juste» – est aussi malade que Babylone. Et l’homme noir ici dans ce désert, le soi-disant «N****», est le plus malade de tous. (…) Nous sommes comme les déserts de l’Ouest, roulant et dégringolant de quelque manière que le vent blanc souffle… » écrit-il. « Et l’homme blanc est comme un cactus, profondément enraciné, avec des épines pour nous tenir à l’écart. »

    Le plus intéressant dans la diffusion de ces documents longtemps mis au placard ? Pouvoir visualiser les échanges et les corrections faites, à même le texte, entre Malcolm X et Alex Haley. En effet, on peut y retrouver des ratures, des annotations, des suggestions, des désaccords ou des validations. Ainsi, dans un passage de l’ouvrage, le militant dénonce la corruption dans « les hauts rangs de l’Amérique blanche »… et son co-auteur d’écrire « Je sais !« .

      @Echange entre Malcolm X et Alex Haley sur le texte original – New York Times

    Fier de cette acquisition, Kevin Young, le directeur du centre de recherche, a expliqué que L’Autobiographie de Malcolm X « est l’un des livres les plus importants du XXe siècle. Avoir la version avec les corrections de Malcolm X et être capable de voir ses pensées prendre forme, est incroyablement puissant ». 

    Image à la Une : @hashtagfarrakhan

    Littérature Malcom X Nation Of Islam

    Commentaires
    Camélia Kheiredine
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