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    Téléramadan se dévoile

    Téléramadan sera disponible en juin ici et nulle part ailleurs. En attendant de pouvoir dévorer la revue, retrouvez ci-dessous l’édito signé Mouloud Achour, Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah.

    Nous sommes le Grand Remplacement. Sûrement pas celui que les fous peuvent fantasmer. Nous sommes un grand remplacement naturel, celui d’une génération face aux « autres », du cycle de la vie. Nous sommes le présent. Nous sommes le Grand Remplacement d’un système archaïque, qui ne nous parle plus et qui ne nous a jamais considéré comme ses enfants. Nous sommes radicaux dans nos idées : nous irons au bout de la beauté. Nous écrirons quand vous voudrez qu’on se taise, et nous nous battrons quand vous aurez décidé qu’il est l’heure qu’on s’endorme. Nous reprendrons notre place, prise par ceux qu’on autorise à penser. Nous ne voulons parler qu’en NOTRE nom. De NOS gouts et de NOS couleurs. Nous sommes le Grand Remplacement d’une génération qui s’active sur Internet pour contrer les coups bas. D’artistes, seul au front, pour porter tous les combats. De révoltés d’une société qui ne sait plus se regarder dans les yeux et écouter les coeurs qui se battent.

    L’objet que vous tenez entre les mains a essuyé les déconvenues, les hésitations, les critiques qu’il fallait entendre, puis oublier. Il est né d’un long processus, comme on crée une oeuvre, comme on écrit une musique ou comme on bâtit une maison. Il fallait que nos truelles soient affûtées et notre ciment rugueux. Nous n’avions pas peur de créer des réactions puisque nous n’avions été que cela jusqu’ici : il fallait réagir aux approximations et aux humiliations diverses. Tous les jours, nous devions entendre « islam » à la télévision. Nous devions accepter « les débats » qui n’allaient nulle part ailleurs. Nous devions comprendre que « l’islamophobie » n’existait pas et que certains hommes politiques voulaient radier les musulmans de l’espace public. D’ailleurs, nous devions éviter de dire « musulman » pour ne pas effrayer les effarouchés.

    Téléramadan est né de ces frustrations. De ces « analyses » qui n’apportaient aucune réflexion à longueur de journaux. De ces chaines de télé qui comblaient le vide par l’hostilité. De ces mots qu’on lançait comme des bombes pour faire sursauter les âmes. Mais au fond, qu’est-ce qu’allait apporter Téléramadan ? Des questions sûrement, quand le monde a l’impression d’avoir des réponses à tout. Des textes littéraires quand on nous promettait que la poésie était morte et que, désormais, nos nuits dureraient aussi longtemps que le ramadan. Des entretiens qui n’apporteraient pas la vérité, des reportages qui demanderaient qu’on les lise plusieurs fois alors qu’on avait pris l’habitude de lire en travers. Téléramadan est donc une revue de notre temps. Nous revendiquons le « nous » parce qu’il n’est pas une porte fermée, mais une porte ouverte à tous ceux qui voudront bien entrer et danser avec nous. Nos danses sont nos mouvements, mais aussi nos questionnements, nos écritures, nos engagements.

    Il est temps de grand-remplacer ce présent qui nous oppresse, qui nous divise. Nous voulons grand-remplacer le désespoir par un idéal : l’écoute et la réflexion. Téléramadan n’est pas une démarche militante. C’est une démarche politique qui passe par la littérature, le regard et la poésie.

    Laissez-nous la naïveté de dire qu’on est les potes de personne, mais les frères de tout le monde.

    Bismillah.

    Société Grand remplacement Ramadan

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