Les réseaux sociaux
  • Oops! Aucun résultat
    Phoenix Gros Journal

    REPLAY – Le Gros Journal avec Phoenix, « Ti Amo »

    Ce soir Mouloud Achour a reçu Phoenix sur le plateau du Gros Journal. Ensemble ils ont discuté du dernier album, un sixième disque qui prône l’amour, avec son titre : Ti amo. Il était aussi question de Donald Trump, de Woody Allen, de R.Kelly et … de Chevaliers du Zodiaque !


    Le Gros Journal avec Phoenix, l'intégrale du 31… par legrosjournal

    Mouloud : Salut et bienvenue dans le Gros Journal pour une émission spéciale Phoenix. Phoenix, c’est l’ambassadeur de la French Touch. C’est très simple, il y a les Daft Punk et il y a Phoenix. Phoenix c’est le premier groupe à avoir rempli le Madison Square Garden à venir de France. Phoenix, c’est des Grammy Awards, c’est des récompenses dans tous les sens, des prestations dans tous les plus grands late- shows américains et Phoenix, c’est un nouvel album incroyable qui s’appelle Ti Amo. Ca tombe bien, le Gros Journal c’est que de l’amour. Comment ça va les mecs ?
    Phoenix : Plutôt pas mal. Et toi ?

    Oui je suis tellement content de vous avoir, tellement content déjà de vous choper en France et tellement de faire un Gros Journal avec vous. C’est les 20 ans de Phoenix.
    C’est vrai, c’est vrai.

    Vous êtes surtout les premiers Français qui avaient rempli le Madison Square Garden. C’est quand même pas mal. L’album, vous l’avez annoncé de manière hyper cryptique. Il y a eu une photo avec une mire avec écrit “Rai 1”. Moi je pensais que c’était un album de rai. Alors qu’on a un album, je vous le dis franchement, j’ai pris une claque magique. Comment vous l’avez travaillé celui-là ? Parce que ce n’est pas dans la tendance de l’époque du tout.
    On n’est pas responsable ni coupable de ce que l’on fait comme musique. Elle arrive, et pendant la première période de la construction du disque, elle est arrivée par paquet, par gros paquet. Elle est arrivée très joyeuse, très lumineuse, solaire. Et nous, ça nous a étonnés.

    Je comprends jamais pourquoi les gens disent : “Phoenix, catégorie électro.” Pourquoi est-ce qu’on veut toujours vous mettre là où vous ne l’êtes pas. C’est ça que je n’arrive pas à comprendre avec vous.
    Nous ce n’est pas de notre faute. On le cherche un petit peu aussi. C’est de notre faute en fait. On l’a toujours cherché. À brouiller les cartes depuis le tout début, depuis qu’on fait de la musique.

    Comment est-ce qu’on arrive en disant : “On va faire ça, et ce ne sera pas autre chose.” Comment on chope cette liberté quand on est dans ce système-là.
    On a toujours su créer une protection. Dès le premier album, on a toujours fait exactement ce que l’on voulait. C’est très important d’avoir la liberté totale, artistique. Les maisons de disques, elles n’ont jamais écouté un morceau avant qu’on ait fini l’album. Pour chaque album, c’est comme ça.

    Même les labels américains ?
    Non, ils respectent d’ailleurs…

    Ça fait 20 ans que vous existez, moi je me suis amusé à lire ce qu’on disait de vous il y a 20 ans…
    Ça devait être pas mal…

    Et c’était assez incroyable, c’était “C’est quoi ce groupe français qui chante en Anglais ?” Maintenant, il n’y a pas un groupe français qui ne chante pas en anglais. Libération disait “Ça ne marchera jamais”. Voilà, 20 ans plus tard, on est ensemble.
    Il y avait une chronique d’un magazine anglais, c’est la première chronique qu’on ait eu, je ne sais plus lequel mais c’était un magazine d’électro qui avait mis 1 ou 0 sur 10. Je ne sais plus. La première chronique : 0.

    Comment on se sent quand on démarre et qu’on se prend un 1 ou un 0 ?
    L’une des premières lectures qu’on a faites, je me souviens adolescent, c’était un recueil d’articles de presse sur Gainsbourg. Toute sa carrière vue par la presse de l’époque. Et ça, ça nous a vacciné parce que tu te rends compte que les gens, les contemporains ne comprennent que dalle, que tous les journalistes sont à la ramasse. Je ne dis pas ça pour toi… Je sais que tu as ta carte de presse.

    Tu fais ça pour que je te tienne la main. Non, je n’ai pas de carte de presse en plus !
    Merde…

    Aujourd’hui, tous les groupes sont pressés. On est dans un film de Brian De Palma. On est dans Phantom Of The Paradise plus que jamais… C’est-à-dire que les groupes, en ce moment, ils ont tous l’impression de : “Bon j’ai fais un hit, il m’en faut un deuxième sinon je disparais.” Comment est-ce qu’on vit ce truc-là ?
    Il y a un truc qui est en train de changer, c’est que c’est de plus en plus dur de rester un groupe. Pour plein de raisons, mais il y a de moins en moins de groupes de musique. Même quand on fait un Late Night Show, le fait d’être à la caméra plus de temps, on est payé davantage.

    Comment ça ?
    Le chanteur est mieux payé par exemple qu’un guitariste.

     

    C’est-à-dire que dans les late show américains, on paye en fonction des secondes où l’on apparaît ?
    Oui. Enfin je pense que c’est le syndicat des chanteurs qui est plus puissant, que notre syndicat un peu plus lose.

    Ça c’est un exemple, mais tout est fait pour détruire le groupe, la notion de groupe etc…
    – C’est lui qui le vit mal, nous on s’en fout. Regarde le, il a envie de protéger les copains.
    – Je les invite au restaurant de temps en temps…

    Grâce aux secondes que tu as glanées par rapport à eux.
    – Exactement. Une seconde, une pizza.
    – Il y a un petit billet à se faire à la fin !

     

    J’ai une question très très con, maintenant que vous êtes tous loin de cette élection, qu’est-ce qu’elle vous…Comment ça se passe au pays de Trump ?
    C’est étrange parce que New-York, ce n’est pas les États-Unis. Je ne connais personne qui vote Trump. En général, quand il y a une élection, au moins tu vois la moitié, même si ceux pour qui tu votes, tu vois l’autre moitié qui est à peu près heureuse et ça fait une balance. Là il n’y avait personne, tout le monde tirait la gueule.

     

    Vous avez écrit un mot… J’ai trouvé ça inattendu de votre part. Cette façon de..
    – Je crois que c’est le mot de Laurent.
    – Il faut qu’on en parle. Il est écrit en anglais, donc je vais le lire avec mon anglais.
    – Il l’a écrit en français.
    – Je vais le lire en anglais.
    – Je vais le traduire en temps réel.

    “Très vite, on a eu ce sentiment que le monde tel qu’on le connaissait était en train de s’effondrer devant nos yeux.”

    Donc c’était en 2014, avant tout ce qu’il s’est passé.
    – Oui, ça commençait déjà à …
    “Mais à notre grand étonnement, c’était aussi un flow ininterrompu.”
    – Putain, mais qu’est-ce que je suis en train de faire, je suis en train de … dans le truc.
    – Il s’est fait avoir tout seul. Il est rentré dedans.
    – Je suis entré dans le personnage. C’était l’idée de la traduction qui m’a plu.

    Ce qui est intéressant, c’est à quel moment vous vous dites : “Le monde est en train de basculer ?”
    Ce qui était étonnant, c’est que nous ce que l’on faisait comme musique, c’était une musique ultra gai, solaire. Alors qu’autour de nous, quand on lisait les journaux, et puis quand on était seul dans notre plumard le soir, les yeux grand ouvert, on sentait bien qu’il y avait un décalage.   
    Vous représentez une certaine idée de la France dans le monde, il y a une question qu’on aime bien poser à nos invités, c’est “pour vous ça veut dire quoi être français ?”
    Moi j’ai remarqué que les artistes français qu’on aimait ne donnaient pas aux gens ce qu’ils attendaient. Je pense à Gainsbourg, Godart, tous ces mecs-là. Ils donnent au public autre chose que ce qu’il attend, et ils ne servent pas toujours la même soupe, même ils servent une petite soupe un peu corsée avec des saveurs dont ils savent qu’elles ne vont pas forcément plaire. C’est un truc assez français je trouve.

     

    – Qu’est ce qu’ils répondent d’habitude ?
    – J’ai entendu : “chialer quand j’entends Johnny Hallyday.”
    – Chialer quand tu entends Battisti, ça je sais que c’est italien.
    – Mais Johnny, je sais que je ne chialerai pas.
    – Je me souviens, on faisait un disque à New-York et il y avait ce film de Woody Allen sur la France.

    Qu’il a fait à Paris ?
    Oui. Et au début du film, il y a des scènes, des plans assez minables d’ailleurs. Le rond-point des Champs Elysées, pas hyper cliché. Moi j’étais là-bas, dans la salle, à New-York et j’avais les larmes aux yeux.

    Ca t’a ému juste de voir…
    Ca m’a ému de voir ça, pourtant c’était vraiment minable.

    Moi ce qui m’a ému, c’est de vous voir avec Bill Murray. Comment ça se passe quand on a un appel de Bill Murray ?
    Ça se passe plutôt pas mal.

    Parce que le casting est fou. Il y a vous, Chris Rock. Ce truc-là est complètement dingue !
    C’était assez chouette parce que l’histoire se déroule dans un hôtel où il ya une tempête de neige qui bloque tout le monde dans l’hôtel. Et nous, quand ça s’est produit, quand on l’a tourné, on était dans un hôtel et il y avait une tempête de neige.
    – Et on était bloqué avec Bill Murray. Au bar, le …. qui est un bar mythique.
    – Bill Murray c’est une sorte de tornade qui emporte tout le monde dans son sillage.
    – C’est rare de voir des gens qui sont à la hauteur de leur mythe.
    – Chaque moment, chaque seconde de sa vie c’est… C’est une performance.
    – C’est un truc de fou. Tout le monde est prêt à tout lâcher pour lui. Il est comme ça.

    Vos histoire de Bill Murray, on aurait pu croire que c’était un épisode de Serge le Mytho.
    Oui !

    Je vous en ai déjà parlé, mais il y a quelqu’un avec qui vous avez travaillé. Je veux toujours connaître des histoires le concernant, je collectionne des anecdotes sur R.Kelly. Est-ce qu’on peut parler de R.Kelly ? La rencontre avec Phoenix.
    R.Kelly ne prend pas l’avion.
    – Il ne se déplace qu’en tour-bus ou en bâteau.
    – Déjà c’est bien. Il a un studio dans son tour-bus. Une semaine avant qu’on vienne jouer à un festival américain, Coachella. La copine de Laurent cherchait un invité. Sa copine a dit : “R.Kelly.” On a essayé, on a tenté. C’était une semaine avant et il a dit oui. Il ne nous connaissait pas. Il a regardé des Youtube et il a dit oui.
    – Et après, il fallait qu’il vienne. Il habite à Chicago.

    Donc c’est cinq jours de bus ?
    Trois jours de bus. Trois jours de bus où on répétait la journée. On lui envoyait la musique, et lui il nous la renvoyait. Il enregistrait dans son bus. Et après, on devait le voir la journée du concert. Une heure avant, il n’est toujours pas là. Une demi-heure avant, il n’est pas-là.
    – Et là, il y a un bus qui débarque.
    – Non même pas. On monte sur scène, on joue un morceau. Il n’est pas là, il est dans le trafic.
    – Et on doit arriver à un moment à la fin du concert, on éteint toutes les lumières et là, normalement il est censé arriver, on regarde sur le côté, on ne le voit pas. Il n’était pas là. On attend, et au bout de 30 secondes, on sent une odeur de cigare. Et là on entend et il commence à chanter, on ne l’a pas vu encore, et il arrive.
    – Pour nous, c’est un des plus grands trucs des dernières décennies.
    – Je suis totalement d’accord.
    – Je sais que tu es fan. C’est pour ça que j’en parle, il y a peu de gens qui captent le truc.
    – Mais il le dit “Faire de la musique, c’est comme ouvrir le robinet, ça coule”

    L’émission se termine, juste “Phoenix” est-ce que c’était un hommage aux Chevaliers du Zodiaque ou pas du tout ?
    – Non, rien à voir. On est un tout petit peu trop vieux déjà pour les Chevaliers du Zodiaque.

    Vous l’avez sorti comment ce nom ? Moi j’ai appelé mon chat comme ça.
    – Ah ouais ?

    Par rapport aux Chevaliers.
    On l’a trouvé il y a très longtemps. On a dit tellement de raisons qu’on ne sait même plus la vraie.
    – Je crois que la plus vraie, c’est qu’il y a une bière mauricienne qui s’appelle “Phoenix”, et qu’un copain nous avait ramené de l’Ile Maurice.

    Merci beaucoup les gars, encore bravo pour l’album. Je pense que cet été, grâce à vous j’aurais une vie sentimentale. Donc merci beaucoup.
    C’est ça qu’on attend.

    Le Gros Journal CANAL+ Phoenix

    Commentaires
    Newsletter