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    QUI ES-TU : Luna Picoli-Truffaut, actrice, chanteuse et petite-fille de François Truffaut

    Luna Picoli-Truffaut annonce une carrière cinématographique prometteuse. Petite-fille du cinéaste François Truffaut, actuellement à l'affiche de "Rosalie Blum" aux côtés de Kyan Khojandi et de Noémie Lvovsky, elle raconte son parcours du dessin au cinéma et revient, pour Clique, sur son nom et son enfance.

    Qui es-tu ?
    Je m’appelle Luna, j’ai 29 ans et en ce moment, je suis actrice.

    Pourquoi « en ce moment » ?
    J’ai toujours eu un rapport au travail très protéiforme. Je n’ai pas toujours été actrice. Je suis entrée à l’école des Beaux-Arts en 2007, sans jamais penser au cinéma. Comme nous travaillions sur des projets personnels, j’ai plutôt orienté mon travail vers la photo et le dessin. J’ai fait des des photos de photogrammes que je mettais sous Plexiglas. J’ai eu l’occasion de les exposer à la Galerie du jour, chez Agnès b. Je suis partie un temps à New York pour continuer mes études à la School of Visual Arts aussi, puis je suis retournée en France.


    « Dollhouse » – Dessin mine et gouache sur papier trouvé (2011)

    Puis tu as arrêté ?
    Oui. Quand tu es artiste et que tu commences à exposer ton travail, on attend beaucoup de choses de toi. Soit que tu poursuives dans l’exacte même voie, soit que tu fasses complètement autre chose. Ca m’a déstabilisé, j’appréhendais beaucoup cette attente. Et puis il y avait un côté business et gestion qui entrait en compte : je n’étais pas prête pour ça.

    Donc tu t’es tournée vers le cinéma.
    À la suite de mes études j’ai pris une année sabbatique. J’ai fait de petits boulots et j’ai commencé à prendre des cours de théâtre en cachette, en 2013. J’avais déjà joué dans des films quand j’étais enfant, par le biais d’amis de la famille. J’ai toujours été curieuse de ce monde. J’ai été au Lycée Molière, dans une classe avec une spécialité théâtre. Mais quand tu es adolescent, tu n’as pas confiance, tu es critique envers toi-même. Ce n’était pas le bon moment.

    Quelles ont été tes premières apparitions ?
    Mes amis des Beaux-Arts, Mary Clerté et Édouard Bertrand, faisaient des clips pour une boîte de production qui s’appelle Partizan. C’est par ce biais que je suis apparue dans le clip des BB Brunes, ou de Pony Pony Run Run. On se dépannait les uns les autres, c’était de la débrouille. J’aimais beaucoup faire ça, il y avait une perméabilité agréable dans le travail. Ensuite j’ai fait mon premier court-métrage qui était un cinéma très particulier, à la limite de l’art-vidéo avec Consuelo Frauenfelder et Stefan Lauper. Et de fil en aiguille j’ai tourné Les Enfants de Jean-Sébastien Chauvin (2014).


    BB Brunes, « Coups et Blessures »

    Qu’as-tu trouvé dans le cinéma que tu ne trouvais pas dans tes expositions ?
    Avant j’observais le monde et je le racontais par mon travail. Ce que j’aime dans le cinéma c’est de servir l’art et le propos d’un autre. C’est une magie qui prend lorsqu’on collabore avec les autres. C’est aussi un nouvel exercice pour moi : je sors de ma zone de confort, je me sens moins a l’aise lorsque je suis exposée.

    Tu es timide ?
    Dans certaines circonstances, oui, je suis quelqu’un de très timide. J’ai toujours eu une vie qui était faite de pleine de petites vies car je me suis toujours adaptée à mes environnements. Ma façon d’être avec ma mère n’était pas la même que celle que j’avais avec mon père. Au cinéma, tu n’as plus le temps de réfléchir. Il faut y aller alors que tu as la trouille.

    Le cinéma est un exercice d’équilibrisme. Mais ça marche : tu es sur le fil et tu te lances.

    Tu chantes aussi. Tu as notamment fait une reprise de « Get Me Away From Here, I’m Dying » de Belle & Sebastian (1996) pour la bande originale du film Rosalie Blum ?
    Oui, ça fait un peu couteau suisse. Je ne fais pas tout très bien mais je fais tout par plaisir de la collaboration. Le chant c’est quelque chose que j’aime beaucoup. J’ai aussi appris la guitare quand je partais en vacances.

    J’étais fille unique donc j’occupais mon temps. J’avais des occupations de vieille dame : je faisais de la broderie, des madeleines et de la guitare.


    Tu es née 3 ans après la mort de ton grand-père François Truffaut, cinéaste et réalisateur iconique de la Nouvelle Vague. Comment tes parents t’en ont parlé ? Qu’a-t-on dit de lui ?

    Ce n’est pas ma mère qui m’en a parlé mais ma grand-mère dont je suis très proche. Elle a travaillé, après sa mort, dans sa boîte de production « Les Films du Carrosse ». Je passais énormément de temps avec elle dans ses bureaux. C’est plutôt là-bas que mon rapport à mon grand-père s’est créé. Je l’ai découvert par les objets, les ambiances et les archives. C’est grâce à ça que je le définissais.

    C’est un choix délibéré de porter son nom en plus de celui de ton père ?
    J’ai majoritairement vécu avec ma mère. Pour des raisons administratives cela rendait les choses plus simples de porter son nom.

    Nous ne sommes que des filles dans la famille Truffaut. C’est aussi un moyen de ne pas perdre ce nom.

    Quel genre de films ta famille te faisait voir quand tu étais enfant ? Des films de ton grand-père ?
    À la maison il était interdit de regarder le Club Dorothée ou des Disney, alors j’allais chez ma grand-mère et je regardais Fantasia avec elle. Nous sommes tous des passionnés de films dans ma famille. Ma mère m’a raconté que le premier film que j’ai vu et particulièrement aimé est Metropolis (un film muet de Fritz Lang sorti en 1927, NDLR). Autrement je regardais beaucoup de retranscriptions de ballets. C’était ma passion.


    La bande-annonce de Metropolis

    Tu danses ?
    J’ai dansé tard. Je voulais faire du ballet mais ma mère ne voulait pas trop me pousser pour ne pas que j’abime mon corps. J’ai fait du modern-jazz quand j’avais 9 ans, et du hip-hop.

    La majeure partie de ta famille vit en Amérique. Quel rapport as-tu avec ce pays ?
    J’ai grandi entre la France et les États-Unis. C’est un pays que j’adore. J’ai d’ailleurs l’impression d’avoir une culture plus américaine que française. Que ce soient les films, les humoristes, les talk shows, les shows politiques… J’adorerais partir vivre aux Etats-Unis. D’ailleurs je tente la loterie de la carte verte. Quand j’y suis, j’ai l’impression d’être chez moi.

    Tu as la sensation d’avoir une pression particulière due à ton nom et au métier que tu exerces ?
    Oui. Au début je le prenais mal. Je ne voulais pas qu’on ne me voie que par ce prisme-là. Une personne qui connaît ton nom aura plus d’attentes qu’une personne qui ne sait absolument rien de toi. C’est un cinéaste assez populaire et plutôt apprécié, donc les gens ont un regard bienveillant. Ce nom n’est pas lourd à porter, même si on me pose toujours la question.

    Tu n’en as pas marre d’ailleurs ?
    Ca fait partie du truc. Ce n’est pas une trop grande contrepartie si on la rapporte au plaisir que le fait de jouer m’apporte.

    Ce nom trimballe un univers, et ce sont les autres qui te le rappellent.

    Cette famille, ce nom, ses films m’ont apporté mon héritage culturel. C’est ce qui me nourrit.

    Fanny Ardant a été la dernière compagne de ton grand-père. Récemment, tu as joué dans un film qu’elle a réalisé – une adaptation du « Divan de Staline » avec Gérard Depardieu. Quel rapport entretiens-tu avec elle ?
    Il s’agit de mon tout premier tournage de ce type. J’étais en immersion pendant un mois au Portugal, nous vivions sur les décors, l’ambiance était particulière. Pour ce qui est de Fanny, je la connais depuis toute petite mais nous nous sommes toujours vouvoyées. Fanny est l’une des première personne à qui j’ai demandé comment fonctionnait le métier d’acteur quand j’ai voulu me lancer. Elle a été très bienveillante envers moi, elle m’a aiguillée. Il y a quelque chose d’une grande douceur en elle. Entre ce moment là et le film, nous ne nous étions pas revues. C’est quelqu’un qui me surprend, qui  n’est jamais là où on l’attend.

    Elle fait partie des femmes qui t’inspirent ?
    Oui, tout a fait. Mes premiers amours d’acteurs ce sont Cary Grant, James Stewart. Et côté femmes, Judy Holliday, Rosalind Russell, Diane Keaton… des femmes qui à l’époque pouvaient être glamourisées sans pour autant avoir peur du ridicule. J’aime leur singularité, leur liberté : c’est ce qui m’inspire dans le jeu.

    Pour le moment, tu as plutôt incarné des rôles dramatiques. Que souhaites-tu pour les prochains ?
    J’aimerais faire de la comédie, tourner en anglais. Innover, en jouant un homme par exemple ! J’adorerais jouer dans un film de Wes Anderson. J’aime vraiment son cinema, dans son esthétisme comme dans son humour.

    Photographie à la Une ©NelsonBourrecCarter

    Arts Cinéma Luna Picoli-Truffaut

    Commentaires
    Elena Amalou
    Journaliste
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