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    QUI ES-TU ? : Fhin, le futur de la musique électronique française

    Fhin est un producteur/chanteur/musicien difficile à cerner. Sa voix est tantôt masculine, tantôt féminine. Il chante en anglais et en français. Il a l’honnêteté nonchalante, la modestie insolente, et la spontanéité déconcertante. Autant de paradoxes qui le rendent fascinant. Rencontre avec un jeune, capable et libre.

    Clique : D’où viens-tu ?
    Fhin : J’ai grandi avec mes parents, ma soeur et mes animaux dans un tout petit village des Yvelines (78) qui s’appelle Thiverval-Grignon. J’ai suivi un cursus d’ingénieur du son à l’EMC Malakoff.

    Tu es issu d’une famille de musiciens ?
    Mon père fait de la batterie. C’est pas un grand technicien, mais il joue depuis longtemps. Sinon, ma mère joue très bien du piano. Mes grands-mères sont toutes les deux pianistes et j’ai un arrière grand-père qui était chanteur d’opéra sur un des plus gros paquebots français.

    Comment as-tu appris à jouer de la musique ?
    Je suis un peu le mouton noir de la famille : malgré toutes ces personnes qui m’entourent et qui ont vraiment vécu de la musique, je suis incapable de lire une partition et j’ai un niveau de solfège assez médiocre. Mais heureusement, à force d’écouter et de rejouer ce que j’écoute au piano, à la guitare et à la batterie, j’ai appris à me construire mon univers et à composer. Le piano par exemple est venu assez tard, vers mes quinze ans. Je reproduisais des morceaux que ma mère jouait. Pareil pour le chant, je chantais avec ma mère dans la voiture, mais j’ai jamais pris ça au sérieux.

    Quel est ton premier souvenir musical ?
    Mon père, le weekend, mettait à fond le live « Delicate Sound Of Thunder » des Pink Floyd, plus particulièrement la version live de « Shine On You Crazy Diamond » qui est dingue.

    Rien qu’avec les applaudissements au début de la chanson, j’ai des frissons. Je pense qu’on a tous des morceaux comme ça qui sont implantés dans notre code génétique.

    Ton nom de scène est d’ailleurs un clin d’oeil aux Pink Floyd ?
    Absolument, Fhin est un clin d’oeil à leur morceau « The Thin Ice ». En fait, ça se rejoignait sur pas mal d’aspects. Thin signifie « fin » en français, et je suis physiquement assez fin. Du coup, Fin est devenu Fhin. J’ai trouvé ça rigolo de l’écrire comme ça. Et ça permet aussi de le prononcer pareil dans toutes les langues.

    Par ailleurs, mon premier EP intitulé A Crack in the Eyes est aussi un énorme clin d’oeil aux paroles de ce même morceau dans lequel David Gilmour chante « A crack in the ice… ». J’ai remplacé « Ice » par « Eyes » en référence là-aussi à un aspect de mon physique : j’ai des yeux vairons. Pour moi, toute l’oeuvre des Pink Floyd est hyper inspirante.

    Artistiquement parlant, c’est un bon dieu à avoir.

    Cet album des Punk Floyd est devenu un film. Quelle importance accordes-tu à l’image dans ta musique ?
    J’ai toujours voulu bosser autant l’image que le son. La dimension live est hyper importante pour moi, d’autant plus que je suis seul sur scène. Je suis en train de travailler avec Leo Mozoloa pour produire un acte immersif complet avec mon nouveau projet, des lumières à la vidéo. J’adorerais réaliser un court-métrage qui mêle toutes les chansons d’un EP par exemple. La prochaine étape, c’est de faire une résidence et de mettre en place ces lumières pour la première fois. L’objectif est de créer un vrai show light synchro, et ne pas dépendre de l’ingénieur lumière du lieu où on joue.

    Le but c’est d’être totalement indépendant et où que j’aille, je sois libre.

    Pianiste, batteur, producteur, DJ… Comment te définis-tu en tant qu’artiste ?
    C’est un peu le truc d’aujourd’hui. Désormais, avec une carte son, un ordinateur et un micro, on peut presque tout faire. Du coup, quand on me demande ce que je fais, j’ai toujours un peu de mal à répondre.

    Quand je dis que je suis dans la musique, il y a toujours une sorte de dédain en face car les gens s’imaginent que tu grattouilles dans ta chambre.

    Pareil, quand on me demande quel genre de musique je produis, j’ai du mal à donner un genre en particulier. On vit une époque où les genres ne sont plus autant cloisonnés qu’avant : il n’y a quasiment plus aucune frontière, donc je n’ai pas envie de m’enfermer dans un genre plutôt qu’un autre et j’essaie d’explorer un maximum de style différents.

    Comment ton projet Fhin a t-il démarré ?
    Il y a deux ans, la chaîne YouTube OneChilledPanda a repéré et relayé une de mes démos. J’ai lu les commentaires positifs, j’ai vu le nombre de vues grimper et je me suis surtout aperçu qu’il y avait des gens de partout dans le monde qui kiffaient. Ça m’a vraiment fait un truc et j’ai voulu continuer sur cette lancée. C’est vraiment ça qui m’a donné le déclic et l’envie de me produire de manière professionnelle. Du coup, j’ai tout nettoyé sur Internet et à partir de là, dès que je sortais une production, je l’envoyais à pleins de labels. Je passais des journées sur mon ordi, je faisais des morceaux en une nuit comme un geek. C’est comme ça que j’ai produit mon morceau « But Now a Warm Feel Is Running ». Le lendemain je l’ai envoyé à tout le monde, dont Délicieuse Musique.

    Par chance, Mathieu, du label Délicieuse Musique, a ouvert sa boîte mail et, parmi les milliers de messages qu’il reçoit, il a cliqué sur le mien. Il a écouté et m’a rappelé en me disant qu’il aimerait bien me mettre dans une compilation. Finalement, en écoutant le reste de mes sons, il m’a carrément proposé de faire un EP. Tout a démarré comme ça.

    Dans quel état d’esprit es-tu à cette époque ?
    À l’époque, je suis encore dans la chambre de la maison de mes parents, j’ai un clavier midi un peu naze, pas de micro, j’enregistre dans le micro de mon MacBook, pour te donner une idée !

    Mais, surtout, depuis que j’ai 10 ans, je sais que je veux faire de la musique. Mes parents m’ont toujours poussé à fond. C’est mon père qui m’a forcé à trouver un groupe à un moment. À l’époque, j’ai envie de faire de la musique mais je sais qu’il y a déjà du monde, que c’est compliqué de percer et qu’il faut avoir un peu de chance quand même. C’est aussi pour ça que j’ai cette sécurité de me dire « je vais faire des études d’ingénieur du son pour rester proche du milieu, et si un jour je peux sortir mon épingle du jeu, tant mieux ». Mais à aucun moment je ne me dis que je vais finir par en vivre, et surtout aussi rapidement.

    Comment tu produis ta musique ?
    En fait, je fais de beaucoup de rêves. Des rêves lucides, où je peux un peu contrôler ce qui se passe. Me réveiller, me rendormir. C’est un truc que j’arrive à faire depuis que je suis tout petit. Quand je me réveille, j’ai des images qui me restent en tête et qui me servent d’inspirations pour produire. Pas forcément une mélodie mais un état d’esprit que j’ai envie de retranscrire. C’est pas quelque chose que tu peux mettre sur le papier et expliquer. J’aime bien raconter une histoire, amener les gens d’un point A à un point B, mais pas de manière structurée. Je suis moi-même quelqu’un de pas très structuré, donc je vais dans ce sens et fais la musique qui me ressemble.

    Je sais que ce n’est pas radio friendly, mais pour l’instant j’aime ça.

    Comment écris-tu tes textes ?
    Je n’écris pas le texte pour créer la musique. Je crée une musique, je « yaourte » un peu la voix et je vais plus me servir du texte pour habiller mes sonorités. Le texte est un peu là pour décorer, pour mettre des mots sur la musique, mais ce n’est pas d’une importance capitale. Ce qui ne veut pas dire que le chant n’est pas important car je fais la mélodie avec. Mais pour moi, le sens des paroles n’est pas primordial.

    Dans tes textes, tu évoques quand même beaucoup de sujets universels comme l’amour, la séparation, la mort, l’enfance. Comment choisis-tu tes mots, du coup ?
    Ça se fait très rapidement, en cinq ou dix minutes parce que sinon je perds en spontanéité. C’est plus des images que j’ai en tête. Il y a un morceau dans mon album qui s’appelle “Floating Sands” dans lequel je dis : “Floating sands above a heart” et c’est juste une image que j’avais d’une texture au dessus du coeur d’une personne. Ça va sans doute parler à personne, mais ça habillait très bien la chanson à ce moment là.

    Tu réfléchis en anglais ou en français ?
    Quand je crée la chanson je pense plutôt en anglais. Le français c’est compliqué, parce que c’est hyper rigide. Quand tu parles en français tu es dans un sillon. Quand tu dis quelque chose, c’est très rapidement premier degré. C’est compliqué de rester classe et de donner un sens à des paroles en même temps. En anglais, l’interprétation est plus libre et le vocabulaire moins carré.

    Ton premier morceau en français est une reprise de « Quand on arrive en ville » de “Starmania”, comment est née l’idée de ce morceau ? C’est une madeleine de Proust ?
    Oui, j’ai une vraie affection pour ce morceau depuis que je suis gamin. C’est un morceau dingue. Starmania c’est un univers de malade, j’adore. Ma mère, qui chante très bien, a toujours eu ce réflexe un peu agaçant de chanter la tierce avec une harmonie au dessus. Ça m’a beaucoup aidé parce que je trouve très facilement les harmonies que je veux faire sur mes sons. D’ailleurs, c’est grâce à elle que je me suis mis à chanter. Ce morceau, à la base, c’était une demande de Délicieuse Musique qui voulait faire un recueil de chansons françaises remises au goût du jour avec des producteurs de musique électronique.

    Finalement le projet n’a pas éclos, donc il s’est retrouvé sur le deuxième EP en single. On s’est dit que ça pouvait parler aux gens. Aujourd’hui, il est pas mal passé sur Nova ou sur FIP, du coup c’est un vrai accomplissement pour moi. Je suis hyper fier de passer sur ce genre de radios.

    Et ta maman aussi ?
    Oui, elle adore. À chaque fois que je vais chez mes parents et qu’il y a leurs potes, ils leurs font écouter tout ce que je fais. Ils adorent la musique tous les deux et ils ne m’ont jamais freiné.

    Pourquoi l’envie d’ouvrir l’EP avec ce morceau ?
    Il y avait une vraie dimension single sur ce titre. C’est un morceau composé avec de l’or, qui parle à tout la monde. Et évidemment, c’est plus facile pour passer en radio en France. Donc on s’est dit qu’il fallait foncer là-dessus, et mettre un peu de budget sur le clip qui est magnifique et qui a été fait par Quentin Deronzier. C’est un mec hyper fort, il suffit de se promener sur son Instagram. Tu passes un bon moment. Je compte retravailler avec lui, c’est sûr.

    La pochette de l’EP around.away de Fhin réalisé par Quentin Deronzier.

    C’est un peu comme quand je me fais remixer, j’adore. En ce moment, on attend les remixes du deuxième EP de la part d’artistes que j’aime beaucoup. C’est toujours hyper excitant de filer son boulot et de voir ce que les gens vont en faire. De voir ce qu’un mec comme Quentin va visuellement interpréter en écoutant ma musique. Je suis vraiment pas chiant là-dessus, car ça me fait vraiment plaisir que les gens mettent un peu de leur grain de sel dans mon projet. Si vraiment je portais seul le projet de A à Z, je pense que je ne serais pas allé très loin.

    Comment est née l’idée des live sessions clippées dans la base sous-marine à Bordeaux ?
    Quand tu rêves, il y a une sensation où tu as l’impression de tomber en arrière dans un vide sans fin. Souvent il y a une petite panique, puis tu te réveilles. Mais il y a un truc que tu peux faire quand ça t’arrive : c’est complètement accepter cet état et t’enfoncer dedans. C’est vraiment une sensation de dingue.

    Quand tu te réveilles, tu es en sueur et tu as l’impression d’avoir fait un voyage.

    C’est ce sentiment que j’ai voulu retranscrire dans le morceau « Feel Your Face ». Cette vidéo tournée à Bordeaux, c’est essayer de reproduire un rêve que j’ai eu, où je me voyais jouer dans dans un lieu énorme. On a fait des repérages et, quand on est tombés sur ce lieu gentiment mis à disposition par la mairie de Bordeaux, on a foncé.

    D’ailleurs, sur « Feel Your Face », on dirait qu’il y a une voix d’enfant…
    Alors, j’avais fait un premier master ou j’avais enregistré ce passage avec ma voix transformée, mais du coup c’était la voix féminine seule et honnêtement ça rendait dégueulasse ! (rires) Du coup, j’ai demandé à la fille de mon manager, Peter Murray, qui est voisin de mes parents. Iona a 19 ans et est en école d’art, je lui ai demandé de me faire un memo sur iPhone en me lisant le texte. J’ai trouvé ça super beau, j’ai traité sa voix pour que ça sonne un peu comme sur le dernier album de M83. D’ailleurs, je voulais aussi m’essayer au poème au milieu d’un morceau. Ça donne une jolie histoire de voisinage au final (sourire).

    Est-ce que tu peux me parler de la relation amoureuse que tu entretiens avec le synthétiseur modulaire Prophet-6 ?
    C’est un gros caprice de l’année dernière. J’en avais marre d’arriver sur scène avec mon petit clavier 49 touches en plastique qui, en plus était techniquement très instable. Je suis allé dans un magasin de musique et j’ai fait l’erreur d’essayer tout de suite le Prophet-6 parce qu’il n’y avait plus le Propet-8. Je l’ai essayé au casque et j’ai pété un câble. J’ai tout de suite su que c’est ce clavier que je voulais. Donc, on a investi avec Délicieuse Musique. C’est aujourd’hui la pierre angulaire de tout ce que je produis. Je fais même des percussions avec. Ça habille toute ma musique. Tout mon deuxième EP a été fait avec cet instrument. Et sur scène c’est complètement incroyable. Ça m’a aussi facilité mon travail de production, il y a beaucoup d’heures de réglages en moins pour faire sonner vrai.

    Prophet-6 de Dave Smith Instrument.

    Pour en revenir à ton nouveau projet, peux-tu nous expliquer quelle est cette voix féminine qui parcourt l’EP ? Ce n’est pas un featuring…
    (Sourire) Tout le monde me demande toujours ça : « c’est qui la meuf avec toi sur le morceau ». La réponse est simple : c’est moi. Je chante deux fois exactement la même chose. Je prends la prise que je préfère pour la mettre en lead et la deuxième prise je la mets une octave au-dessus et je traite le son pour que ça sonne avec des cordes vocales plus fines et donc une voix féminine.

    Souvent, quand les producteurs utilisent cette astuce, ils le font mais sur la même piste. Et ça fait juste gonfler une harmonie grave ou aigue, alors que moi je veux vraiment avoir la sensation que quelqu’un joue avec moi. Je ne chante pas exactement pareil volontairement, pour qu’il y ait un peu un décalage et qu’on sente qu’il y a deux voix qui chantent à l’unisson. Par ailleurs, j’aime bien que mon projet ne sois pas typé féminin ou typé masculin, mais un peu androgyne.

    Comment as-tu trouvé cette astuce ?
    Au départ, c’est parti d’une erreur sur le morceau « But Now a Warm Feel Is Running ». J’avais mes deux pistes et j’ai mis un mauvais preset de transformation de voix sur une des deux. Et j’ai obtenu cette voix. C’est parti d’une erreur et je l’ai complètement exploité. Ça reflète aussi un trait de ma personnalité : quand je parle, je siffle du nez et j’ai une respiration un peu difficile. Cette voix féminine symbolise un peu ce truc-là que j’ai en moi, qui me suit partout et qui est lié a un problème de santé qui me fait chier un peu dans la vie – mais il fait aussi ce que je suis aujourd’hui.

    En revanche, il y a vraiment un featuring sur ton EP : celui avec Chløë Black sur « Irreversible ». L’histoire de cette collaboration est jolie. Tu peux nous la raconter ? 
    En fait, c’était une demande de Sony, son label à l’époque, qui avait proposé à Délicieuse Musique de remixer son morceau « 27 Club ». Elle a kiffé mon remix et m’a demandé de venir à Londres pour faire une session et composer un morceau, tout simplement. Avec les deux gars de Délicieuse Musique, on a immédiatement pris nos sacs à dos pour aller la voir et Sony nous a gentiment prêté un studio pendant trois jours.

    J’avais déjà une démo de ce morceau-là qui s’appelait « Hands Off » à l’époque et où il y avait juste cette petite boucle de voix à l’envers, un Rhodes et une batterie. Bref, Chløë Black a réécrit des paroles. On a passé des moments supers en studio. Je suis super fier de ce morceau, et Chløë a fait un taf incroyable dessus.

    Comment est née l’idée du morceau et de ses boucles jouées à l’envers ?
    Au départ, la démo était entièrement à l’envers et ça plaisait beaucoup à Chløë. Elle a voulu qu’on exploite le truc à fond. Et c’est elle qui a donné l’idée qu’on appelle le morceau « Irréversible », en référence au film, évidemment.

    Dans son dernier couplet, elle parle de Jimmy Dean Mansfield, pourquoi ?
    C’est James Dean. C’est une grosse fan de tous ces personnages emblématiques de la culture américaine. Elle parle très souvent de ça dans ses morceaux. Par exemple sur « 27 Club », elle parle du club des 27 (désigne les nombreuses rockstars décédées de façon brutale alors qu’elles avaient 27 ans, NDLR) en disant qu’elle est chaude pour en faire partie. Elle est fascinée par la mort…

    Pourquoi as-tu appelé ce projet « around.away » ?
    Sur le morceau éponyme de l’album, si tu écoutes le sample, on dirait que je dis ça. En fait, j’ai placé les samples de manière aléatoire pour obtenir une mélodie qui me plaisait. Ça donne un côté robotique que je trouve cool. On dirait que la voix subit un peu le mélodie. Au final, je trouve cette image assez jolie.

    « around.away », c’est les choses qu’on a toujours près de nous, mais qui semblent si loin.

    Qu’est-ce que tu écoutes en moment ?
    Je vais pas partir sur lui mais faut quand même que j’en parle. Ma dernière plus grosse claque, c’est l’album de Bon Iver. C’est juste fantastique. Pour moi, ce mec c’est le futur de la musique folk. Sinon, en plus récent et dans un autre style, j’ai beaucoup aimé l’album de The National. J’adore leur sensibilité.

    Image à la une : Portrait de Fhin par Leo Mozoloa © 

    Musique around.away Delicieuse Musique

    Commentaires
    Valentin Cassuto
    Journaliste
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