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    QUI ES-TU : Clotilde Chaumet, créatrice du Hip-Hop Yoga

    S’il est possible de la croiser à La Havane ou à Los Angeles, c’est à Paris que Clotilde Chaumet exerce son métier de coach sportif et de prof de yoga. Elle est l'une des premières à fusionner le Hip-hop avec cette discipline séculaire. Repérée par Nike, dont elle est l'une des égéries françaises, Clotilde représente un souffle nouveau sur les disciplines de bien-être.

    Propos recueillis par Najwa Harfouch

    Clique : Qui es-tu ?

    Clotilde Chaumet : Je m’appelle Clotilde Chaumet, j’ai 26 ans, je suis née à Paris mais j’ai bougé un peu partout. Je suis professeur de yoga et coach de cycling (le principe de cette discipline en forte expansion : sur un vélo fixe et dans la semi-obscurité, les pratiquants réalisent des exercices en rythme sur de la musique).

    Comment as-tu découvert le cycling, et qu’est-ce qui t’a poussée à devenir professeur ?

    J’avais commencé lors d’un voyage à Santa Barbara en Californie, à l’âge de seize ans. Ce n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui. C’était une période où je vivais seule là-bas, j’étais un peu nostalgique. Plus tard, j’ai essayé un cours chez SoulCycle (leader du cycling aux États-Unis) et juste un mois après, on m’a proposé de devenir coach chez Dynamo, l’équivalent français de SoulCycle. Avant, je vivais avec ma valise et je bougeais entre la Californie, Cuba et la France. Je gagnais ma vie en donnant des cours de surf et en cuisinant au black.

    J’ai fait plein de métiers différents avant de trouver ma voie. J’avais une routine qui ne me ressemblait pas ; il y a un temps entre le moment où tu réalises que ce n’est plus ce que tu veux, et le moment où tu réagis vraiment.

    Et comment es-tu venue au yoga ?

    J’ai commencé grâce à ma mère quand j’étais adolescente, elle m’avait emmenée faire du Bikram-Yoga (variante de yoga pratiquée dans une pièce chauffée et humide) et c’était trop intense. Plus tard, quand Instagram a commencé, je suivais Rachel Brathen (@yoga girl). À l’époque elle était moins connue, elle m’inspirait beaucoup. L’approche que j’avais du yoga auparavant était très stricte, ça me paraissait être une discipline très dure. Rachel rendait ça accessible, pas du tout extrême. Un jour, j’ai vu qu’elle faisait un atelier à Los Angeles. J’ai décidé d’aller y assister sur un coup de tête. Et c’est à ce moment-là que j’ai retrouvé une impulsion. Elle m’a éblouie.

    Je suis revenue en France, j’ai pratiqué toute seule. Quitte à galérer au début, j’avais vraiment envie de foncer dans le yoga. J’ai commencé à donner des cours de Yoga Vinyasa plus tard. Le Vinyasa, c’est un mot pour décrire un cours dynamique, mais ça dépend des professeurs : les cours peuvent être différents les uns des autres. J’ai décidé de le faire avec du hip-hop, tout simplement parce que lorsque j’en faisais, je mettais une playlist hip-hop. C’est comme ça que j’aime le pratiquer. D’où l’appellation Très Intense Hip-Hop Yoga : on suit énormément la musique. Et à partir du moment où je l’ai fait de cette manière-là, ça a attiré de plus en plus de monde.

    Début octobre, les Yogis du coeur (une association de Mécénat de Chirurgie Cardiaque pour les enfants) ont organisé un cours de yoga géant au Grand Palais à Paris. J’étais l’un des professeurs bénévoles. Il y avait deux mille tapis, deux mille personnes à faire du Yoga. Le fait d’avoir tous la même intention de faire ça pour cette cause, c’était un sentiment incroyable.

    Tu penses que ta vocation était d’enseigner ?

    Oui, je pense… Selon moi, le meilleur moyen pour avoir un élément déclencheur dans ta tête et dans ta vie, c’est vraiment lorsque ça passe par le physique, et ensuite on passe à la méditation. Pour moi les deux marchent ensemble. Les moments où j’ai eu des déclics ou lorsque j’ai réussi à me projeter, c’était en me dépassant physiquement.

    Tes cours remportent beaucoup de succès en ce moment. Comment l’expliques-tu ?

    J’ai commencé en même temps le yoga et les cours chez Dynamo. Avant Dynamo, je suis partie faire une formation en Ashtanga (forme de yoga traditionnelle, axée sur la respiration) en Inde, j’ai eu mon diplôme là-bas. Puis j’ai enchaîné. Au début, je faisais trois cours par semaine. Maintenant, j’en fais quinze. Je ne sais pas si j’appellerais ça « succès », mais peut-être que c’est grâce au fait que j’ai été inspirée par plusieurs personnes. J’en ai fait mon propre truc. C’est dur parce qu’on peut avoir tendance à se comparer à d’autres, mais il faut rester soi-même. Par exemple, lors des séances de cycling, je suis en transe sur le vélo. L’ambiance aide, c’est toujours moi mais je suis pas comme dans la vie normale.

    On a assisté à l’un de tes cours et on a justement été impressionnés par l’aspect « spectacle » du cours, c’est assez ludique.

    Les gens s’attendent à un show donc plus tu donnes, plus ça va être normal. Dans mes cours de cycling, je donne tout, je suis parfois même à bout de souffle. Je vis ce que je dis et je n’hésite pas. Les moments où je parle sur les musiques sont choisis, rien n’est laissé au hasard. En ce qui concerne les cours de yoga, j’essaie de les rendre le plus fun possible.

    Aux États-Unis, « coach sportif » est considéré comme un métier artistique. Ressens-tu ça en France ?

    Mon cours à Dynamo c’est un show, c’est une performance. Il n’y a pas une seconde où je me demande combien de calories je dépense. On fait tous du sport mais il n’y a pas cette dimension fitness. Pou moi, être un artiste c’est quand tu arrives à atteindre l’autre d’une certaine manière et donc pour moi ça regroupe plusieurs métiers.

    Tu est l’une des nouvelles égéries de Nike. Comment s’est passée la rencontre ?

    Je connais quelques personnes de chez Nike parce qu’elles viennent chez Dynamo. Parfois je suis tellement ailleurs que je rate des mails… Un jour, une des filles qui travaille chez eux me demande si j’ai reçu leur e-mail. Je vérifie puis le transfère à l’une des responsables de Dynamo. Je fais mon cours, et quand je sors la responsable me dit : « par contre tu ne peux pas aller à Londres, tu as un shooting pour la campagne de Nike»… Je n’avais même pas réalisé ! Du coup, je suis égérie France, c’est une campagne pour quatre paires de chaussures qui ont revisitées en cuir noir. Le message est « POWERFUL X BEAUTIFUL » (« puissante et belle »), et je suis très fière de le représenter. C’est aussi ce que j’essaie de véhiculer.

    Le cycling se fait en musique, tu développes un Yoga Hip-Hop… Quelle place tient la musique chez toi ?

    Ma vie est une playlist, je passe d’ailleurs beaucoup de temps à en composer. Je cherche des sons tout le temps, sur Spotify, Soundcloud… Si je fais un cours Dynamo, je connais par coeur la playlist. Je sais que je vais faire tel mouvement ou un autre. Il faut vraiment que la musique soit en adéquation avec les mouvements, ça demande d’avoir l’oreille musicale.

    Tu es souvent connectée ?

    Oui… Grâce à Instagram je trouve pas mal d’inspiration. On peut appeler ça un CV aujourd’hui, d’ailleurs.

    Ton compte Instagram a 45 000 abonnés. Vous êtes plusieurs filles à inspirer d’autres personnes via les réseaux sociaux, à donner envie de partager le même train de vie. Comment tu le vis ?

    Au début, je ne prenais pas au sérieux le fait de faire énormément de sport. J’ai changé d’hygiène de vie, je fais plus gaffe à ce que je mange. Mais il faut rester soi-même. La dernière fois, j’ai posté une photo où il y avait de l’alcool et les gens étaient étonnés. L’un n’empêche pas l’autre. J’attache énormément d’importance au spirituel, c’est ce que j’essaie aussi d’apporter.

    Le spirituel en anglais ça passe bien, mais ça fait un peu plus « eau de rose » en français. Mais j’ai envie d’amener ça en France. À la fin de mes cours de yoga, je laisse toujours dix minutes pour méditer et j’oblige les gens à se taire et à ne rien faire. On met tellement de notre personne dans ce qu’on fait que, peut-être, on réussit à emporter les autres avec nous. De toute façon, sur les réseaux sociaux, on sent quand c’est vrai et quand ça ne l’est pas. La campagne avec Nike est une super opportunité qui m’est arrivée mais, avec ou sans, j’aurais continué à faire la même chose. Ce n’est pas évident de se dire que ce qui compte c’est d’être exactement comme on est.

    Penses-tu être un gourou ?

    Déjà, je me lève à 5 heures du matin, comme les gourous (rires). Mais plus sérieusement, un gourou c’est un maître à penser, une personne à qui on peut se référer, qui t’apprend certaines choses et qui te soutient… Peut-être que je suis un bébé gourou dans ce cas ?

    Tu parles souvent de « l’étincelle ». C’est quoi, exactement ?

    C’est ce sentiment, cette excitation de tout ce que tu as à faire, qui est là dans ta vie. Encore une fois, en français ça passe peut-être moins bien mais c’est un truc que t’as dans les tripes, d’instinct. Tout le monde l’a, c’est enfoui chez certains plus que d’autres, mais c’est là. En tout cas je ne ferai plus rien sans cette « étincelle ».

    Vous pouvez suivre Clotilde Chaumet sur Instagram. Les images de l’article viennent du compte de Clotilde.

    Si vous voulez faire du sport de votre côté, vous pouvez écouter ci-dessous une de ses playlists.

    Sport Clotilde Chaumet Cycling

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