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    QUI ÊTES-VOUS ? : Coralie, Lou & Quentin, les 3 finalistes du concours Nike pour créer la future Air Max

    À l’occasion du Air Max Day 2018, Nike a invité des jeunes créatifs du monde entier à imaginer une future paire de Air Max à l’image de leur ville. Le projet, baptisé “Nike On Air”, et organisé sous la forme d’un concours a eu lieu du 22 Mars au 15 Avril à Londres, New York, Séoul, Shanghai, Tokyo et Paris.

    6 villes. 18 finalistes. 1 Air Max pour représenter chaque ville. Vous décidez quels modèles deviennent réalité. 6 jours pour voter. Votez une fois par jour.

    Le concours se déroulait en trois phases : une première phase de sélection sur Instagram où des milliers de jeunes créatifs ont publié leur proposition à travers le hashtag #parisONAIR. Puis, du 13 au 15 avril, Nike organisait des ateliers créatifs à Paris où les participants sélectionnés étaient invités à créer et à soumettre leur propre concept de la Air Max Grand Paris, au choix parmi dix paires iconiques.

    Lors de la journée au Workshop “Nike On Air”, les participants commençaient par élaborer le concept de leur paire, avant d’être aiguillés dans le choix des couleurs et des matières. Les différentes techniques telles que la gravure, le laser ou encore la broderie leur ont été ensuite enseignées. Le but ? Créer la paire la plus fidèle à leur idée…

    Des projets soumis lors des sessions créatives, seulement trois concepts de Air Max inspirées du Grand Paris ont été retenus par un jury d’experts, designers de Nike et ambassadeurs de la ville. Ces trois concepts sont désormais soumis à un vote mondial. Celui ou celle qui aura reçu le plus de votes verra son concept devenir réalité et être commercialisé par Nike.

    Clique s’est entretenu avec les trois finalistes pour en savoir plus sur leur parcours, leurs influences, et leurs envies pour l’avenir. Découvrez leurs portraits dans une conversation croisée.

    • Coralie Rabbe / @rizohp — 25 ans, assistante de directrice artistique

    Coralie gère des projets pour Art-azoï, une association créative qui défend et promeut la création artistique dans l’espace public. « Azoï » est un mot yiddish qui signifie « comme ça », à l’image d’un art gratuit et accessible à tous, dans la rue. Sa quête est d’insuffler l’art dans la vie quotidienne des Parisiens. Sa Air Max 90 Age of Gold transcende la culture, en mélangeant tissu traditionnel et imprimé moucheté. Par ses références aux textiles et motifs européens, asiatiques et africains, son design honore la diversité harmonieuse et la richesse culturelle de Paris.

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    Quentin est un graphiste qui s’inspire du streetwear, du luxe, de l’architecture et de l’art numérique. Sa Air Max 180 1.0 représente le Paris de demain, le quartier de la Bibliothèque Nationale de France et son architecture contrastée. Une cage en plastique TPU, des panneaux en nylon ripstop et une unité contrastant Swoosh et Air-Sole soulignent la diversité du design de la capitale française éclectique.

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    Lou étudie la photographie à l’école de Gobelins et travaille en parallèle à la boutique CENTRE COMMERCIAL. Son travail s’articule essentiellement autour de la mode, de l’architecture et du portrait. Après avoir photographié un Palais de Justice en construction, elle a créé Paris Works In Progress, un design de Air VaporMax Plus qui recrée les couleurs et les matériaux du lieu. La sneaker à enfiler offre une sangle de maintien et un Swoosh modulaire, faisant écho à la palette des chantiers de construction, et aux uniformes des travailleurs.

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    Clique : Félicitations à vous trois. Comment avez-vous entendu parler du concours ?
    Quentin : J’ai vu ça sur Facebook. Comme j’ai fait des études de design graphique, je me suis dit que ça collait mais j’ai mis du temps à me motiver. Je n’avais vraiment aucune prétention de réussir quand j’ai vu le nombre de participants… J’ai commencé à travailler sur mon projet, mais il y a eu pas mal de péripéties : la veille du workshop, j’ai perdu tous mes fichiers…

    Lou : Ce sont des amis qui m’en avaient parlé, mais je suis beaucoup les actualités de Nike de façon générale. J’avais vu les workshops Off-White dans d’autres villes, je trouvais le concept cool. Dès que ça a été annoncé à Paris, mes potes m’en ont parlé, et ça m’a décidée.

    Coralie : C’est un collègue de travail qui m’a forcé la main. Il savait que je dessinais un peu. Les premiers dessins que j’avais mis sur Instagram, c’était des paires de baskets, du coup il m’a dit « c’est l’occasion, ça serait cool que tu tentes l’expérience », et ça m’a trotté dans la tête toute la nuit.

    Le lendemain matin, je me suis lancée, j’avais eu l’info la veille de la fermeture du concours !

    Il m’avait offert deux stylos noirs, j’ai pris la première feuille A4 qui venait, mes stylos et des feutres d’enfant (rires)… Je ne dessine pas en couleur, je dessine plutôt en noir et blanc et du coup, c’est quasiment la première fois que j’utilisais de la couleur.

    Clique : Potentiellement, ton collègue a peut-être changé ta vie !
    Coralie : Il l’a déjà bien changée, maintenant je me dis qu’il faudrait que j’utilise plus de couleurs dans mes dessins et que j’achète aussi des feutres professionnels ! (rires)

    Clique : Comment a-t-il réagi quand tu as été finaliste ?
    Coralie : Il a explosé de joie. Ce qui est dingue c’est qu’il était aux Design Sessions, c’est lui qui préparait les sandwichs pour tout le monde (rires).

    Clique : Quelle est votre relation aux sneakers ?
    Lou : J’adore les sneakers depuis toujours, même si je n’ai pas de paire emblématique et que je ne fais pas les raffles… J’ai également été vendeuse à Citadium pendant un moment, et ça m’a rendue encore plus accro aux baskets.

    Coralie : Je kiffe les sneakers, j’ai une cinquantaine de paires, que je maltraite.

    Quentin : Mon amour pour les sneakers est assez grand pour que mon salon serve d’exposition à mes paires. (rires)

    Cela fait maintenant quatre ans que j’en collectionne vraiment, et depuis que j’ai commencé à gagner mon propre argent, la passion m’a définitivement envahie…

    Dessiner une basket, c’est quelque chose que je n’avais fait que très rarement, mais là j’ai vraiment fusionné mon style à du design-produit.

    Clique : Ce que vous avez présenté au workshop, c’est la même version que ce que vous aviez posté auparavant sur Instagram ?
    Coralie : Non, pas du tout.

    Quentin : Non, parce que la veille j’ai tout perdu, j’ai passé la nuit à essayer de récupérer les fichiers, je stressais comme pas possible. Au final, je me suis dit « bon, allez, je le refais ». Mais clairement, ça m’embêtait de refaire la même chose. Du coup, je suis parti sur un autre design, qui me motivait plus.

    Lou : Sur Instagram, j’étais partie sur une TN. Au workshop, la TN ne faisait plus partie des modèles prédéfinis… Mon choix s’est donc porté sur une Vapormax, dont le design se rapproche un peu de la TN, et qui était, je pense, la seule paire qui pouvait vraiment fonctionner avec mon concept d’architecture moderne.

    #nike #parisONAIR le projet du grand paris se caractérise principalement pas une volonté d’expansion, d’ouverture et de modernisation de la ville de paris ainsi que ses communes alentours, impliquant des travaux s’étalant sur des années. J’ai moi-même eu l’opportunité de photographier de l’intérieur le chantier du nouveau Palais de Justice de Paris, conçu par l’architecte Renzo Piano, qui s’inscrit dans le projet du Grand Paris dans la zone Clichy-Batignolles. C’est en m’inspirant de ces chantiers que j’ai voulu retranscrire ma vision de la Air Max Grand Paris : via l’ajout à la chaussure d’éléments rappelant le matériel de chantier, le tout agrémenté de coloris faisant référence au métal des échafaudages ou aux uniformes des ouvriers.

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    Clique : Designer de sneakers, c’est un rêve que vous avez toujours eu ?
    Quentin : C’était un rêve mais je ne me sentais pas légitime car je n’ai pas fait d’école. Ma carrière professionnelle rêvée, c’est de travailler dans le design graphique d’une grande marque de shoes.

    Donc c’est juste hallucinant d’avoir peut-être une chance de faire quelque chose avec une marque comme Nike.

    Coralie : Personnellement, je l’ai vécu comme une expérimentation. Aller faire quelque chose que je ne connaissais pas du tout, dans un monde que je ne connais pas vraiment… Je trouve ça vraiment bien de pouvoir se nourrir de ça. À mon âge, ça va peut-être m’ouvrir des portes ou m’offrir des opportunités et surtout diminuer mes doutes à l’avenir.

    Lou : J’ai toujours aimé les sneakers et le design des baskets un peu « compliquées »… La possibilité de créer une paire vraiment à mon goût, j’y pensais, et là c’est une opportunité de dingue. J’ai dit que je ne faisais jamais de raffle, j’ai juste tenté une fois pour la sortie de la Air Max 1/97 SW de Sean Wotherspoon, que je trouve extraordinaire. D’ailleurs c’est marrant, c’est justement une paire qui a été créée lors d’un concours… J’aime aussi ce que fait Alexandra Hackett chez Nike, même si c’est plus des fringues que des sneakers. Elle a un univers qui me parle beaucoup.

    Clique : Il y a des paires qui vous ont particulièrement marquées ?
    Coralie : Les paires à l’ancienne, les AirMax One à fond ! Parce que tous les souvenirs que j’en ai, c’est dans des clips ou des choses comme ça. Je pense que cette culture-là me marque plus que la culture contemporaine où je me sens complètement larguée. (rires)

    Quentin : La collection qui me fait kiffer, c’est la collection Nike ACG, même si ce n’est pas super accessible… C’est vraiment un truc auquel j’accroche et qui me ressemble beaucoup. Après, il y a aussi les collaborations avec Acronym qui sont ouffissimes – mais je suis un peu déçu qu’ils ne fassent pas de ligne de vêtements avec Nike. Toutes les inspirations genre Blade Runner,  Akira… c’est vraiment un truc que je kiffe. Le style néo-futuriste.

    Clique : C’est bizarre, j’ai l’impression que les gens n’ont pas trop capté le modèle Komyuter que tu portes…
    Quentin : Non, mais il est compliqué pour la sangle. J’ai trop du mal à la fermer c’est pour ça que j’ai rajouté du serflex. J’ai un pied fin pourtant, mais j’ai quand même du mal, ça me serre énormément.

    Clique : Vous avez un souvenir de votre première paire ?
    Coralie : Bien sûr ! Moi c’est la AirMax 90, c’est pour ça que j’ai pris ce modèle pour le concours. Je ne sais plus quel âge j’avais exactement, mais j’avais l’âge de me payer cette paire-là. (sourire) Elle était noire, blanche et rose bien flashy. Franchement, je ne la reporterais plus maintenant ! Mais à l’époque j’étais trop contente…

    Quentin : Les Air Jordan 3 True Blue. Ma mère me les a offertes pour mon anniversaire. C’était dans un vieux SPORT2000 en Guyane, parce que je viens de là-bas. Elles étaient à 75 euros, en promotion. Je les ai gardées longtemps, jusqu’à ce qu’elles craquent !

    Lou : Pendant 17 ans, j’ai été obligée de porter des chaussures en cuir à cause d’une maladie. Quand j’ai commencé à travailler chez Citadium, je me suis rebellée et j’ai décidé d’acheter des sneakers. La première paire que j’ai prise, ça été une Roshe Run Marble, que j’avais achetée pour être confortable au taf… Je l’ai défoncée.

    Clique : Comment vous avez réagi quand vous avez appris que vous étiez finalistes?
    Coralie : Cinq minutes avant les résultats, j’attendais ma clef USB où on pouvait récupérer toutes les photos, tous les fichiers. C’était ça qui m’intéressait : garder une trace !  Il y a quelques membres du jury qui sont sortis et ils m’ont dit « ça va, pas trop stressée? » et j’ai répondu « ah non, non je m’en fous des résultats, je veux juste ma clef ! » (rires) Je ne la trouvais pas, je suis allée tout au fond de la salle pour être avec mes potes et j’ai été la dernière appelée, c’était complètement ouf. Les gens se poussaient pour me laisser passer… J’étais rouge je crois. C’était terrifiant et impressionnant. C’est incroyable.

    Lou : Perso, j’y croyais pas du tout. J’y suis allée un peu en touriste, par pur plaisir, pour le challenge. J’ai créé une paire juste en concept visuel, mais je ne connais rien en design, en matières, en ergonomie… Quand ils m’ont appelée, c’était surréaliste.

    Quentin : Ce qui est marrant, c’est que je parlais avec Lou. C’était ma voisine de workshop, on avait déjà discuté parce que je trouvais son concept cool. Je suis allé la voir et je l’ai félicitée. Au final, elle est revenue me parler le lendemain quand il y a eu les jurés. J’ai été appelée en premier, en plus. Le pire c’est qu’ils n’ont pas dit les noms tout de suite. Ils ont annoncé que c’était une Air Max 180 et que la personne collait bien avec sa paire… Comme j’ai un nom de famille super compliqué, ils ont mis du temps avant de le prononcer, puis ils ont dit mon prénom, je suis monté sur scène et je ne savais pas quoi dire. C’était ouf ! Tout le monde m’a félicité. En vrai, on n’a pas de souvenirs fixes parce que tout s’est enchaîné très vite. Il y a tellement d’émotions, tellement de gens qui viennent te parler. C’était fou, je n’y croyais pas en vrai.

    Clique : Pour les gens qui n’ont pas tout suivi, il y a eu un premier concours sur Instagram où c’était « design libre » et où vous pouviez proposer ce que vous vouliez, et ensuite vous étiez quelque dizaines à venir au Workshop. C’était comment le Workshop ? Il fallait ramener quoi en fait ? 
    Coralie : On était plus que ça, on était 150 ! On pouvait ramener ce qu’on voulait, des inspirations, des musiques…

    Quentin : … Des magazines, des impressions… Il y avait même un mec a côté de moi qui avait ramené une Air Max 95 démontée. On pouvait tout ramener. Sur place, il y avait aussi des ordinateurs pour imprimer, ou encore des étagères avec des livres.

    Coralie : Et plein de feutres trop cool ! On était dans une salle avec des tables de travail où on était regroupés par ilots de six ou sept. On avait trois heures, découpées en plusieurs séquencesv: un moment pour bosser l’histoire, puis une pause où on discutait avec les mentors et les designers, et après on procédait par étapes, un peu comme pour le process accéléré de la création d’une basket. On avait des couleurs à choisir, des matières…

    Quentin : Sur les murs il y avait vraiment tous les Pantone et toutes les matières, et on pouvait récupérer les échantillons pour les coller sur notre planche.

    Coralie : La matière était déjà pré-fabriquée avec la silhouette des chaussures qu’on voulait designer.

    Clique : C’est bien d’être cadré dans sa création, ou c’est plus facile d’être libre ?
    Coralie : Je pars du principe que je crée le mieux sous contrainte. Et là, niveau contrainte, il y en avait entre le temps, les matières, etc… Du coup, ça drive énormément.

    Quentin : Moi aussi, j’ai du mal à prévoir loin. J’aime bien être cadré, ça fait penser un peu à l’école, et souvent le process est là pour t’aider. Ce sont des professionnels, donc le process qu’ils te donnent et la façon de réfléchir qu’ils ont, c’est forcément la bonne.

    Lou : C’est marrant, c’est la question que m’a posé mon jury d’entrée aux Gobelins…

    Avant, j’avais besoin d’énormément de contraintes pour me cadrer. Maintenant, je me sens plus à l’aise sans contrainte, plus libre de faire ce que je veux, quand je veux.

    Clique : Il y avait des designers qui sont venus vous parler durant le workshop. Que vous ont-ils appris ?
    Coralie : J’étais avec la Maison de Haute-Couture Koché. Une dame super stylée est venue voir mon travail et m’a dit que ce que je faisais était super frais, donc j’étais contente. Mais elle me dit aussi qu’il y a beaucoup d’influences sub-sahariennes et asiatiques dans mon travail et qu’il fallait quelque chose qui lie un peu tout ça. Et elle me conseille d’aller chercher du côté d’une esthétique d’Afrique du Nord. On commence à réfléchir et là – incroyable – la personne qui était devant moi durant la session me dit que la couleur dorée lui faisait penser à la fouta tunisienne. C’est un tissu traditionnel tunisien, j’en ai vu lors de mon voyage en Tunisie. J’ai donc eu l’idée de remplacer les coutures par du fil doré. La dame est revenue et m’a dit qu’avec ce nouvel élément, mon travail était complet.

    Quentin : Il y a une footwear designer de Nike, Marie, qui m’a vachement soutenue durant toute la session du Workshop. Un gros bisou à elle ! Elle m’a vraiment beaucoup aidé. J’ai eu des problèmes d’impression, quelques galères, et elle m’a aidé à me canaliser. À la fin, elle m’a aussi aidé à coller mes papiers sur la planche parce que j’étais vraiment à la bourre. Mon projet était lié à l’architecture et au digital. J’avais donc choisi la AirMax 180 parce qu’elle est angulaire et que je retrouve de l’architecture dedans, les lignes sont droites et même la bulle, ce sont juste deux lignes, ce n’est pas une bulle vraiment arrondie. Donc cet angularité pouvait rappeler à la fois le digital et l’architecture, ce qui a définitivement scellé mon concept. Et Marie m’a vraiment aidé à structurer tout ça.

    Psychologiquement, c’était un super soutien. Savoir que mon travail était validé par quelqu’un qui vient de Nike, c’est gratifiant.

    Lou : Moi je t’avoue que j’étais pas mal dans ma bulle pendant le Workshop, j’étais super pressée ! J’ai parlé à des gens, j’ai échangé avec eux, mais je serais incapable de te redonner leurs noms… À part une fille qui s’appelait Marie. Elle était géniale et m’a beaucoup aidé à la fin. Après dans les mentors de notre session, il y avait les deux fondateurs de Plus Mûrs, un studio de design à Nice. Ils étaient super cools, et j’ai bien échangé avec eux, plus sur le côté visuel et la conceptualisation…

    Je connaissais déjà leurs travaux en plus, donc ça m’a fait grave plaisir de les rencontrer et de pouvoir avoir un retour de leur part sur ce que j’avais fait.

    Clique : Dans la création de votre paire, il y avait l’importance d’avoir un concept et une histoire à raconter. J’ai l’impression que c’est quelque chose que vous avez beaucoup développé. Vous y aviez pensé ?
    Coralie : Vu que je ne sais pas utiliser des logiciels, je me suis dit qu’il fallait que je bosse l’histoire et le concept. C’est pour ça que j’ai poussé mon concept pour palier mon manque de compétences techniques.

     

    Quentin : J’ai retaffé mon histoire la veille, vu que j’avais tout perdu. J’ai reconstruit mon histoire autour de la partie un peu plus moderne du 13ème arrondissement, un quartier que j’aime bien avec toute la réflexion architecturale qu’il y a derrière avec la BNF, etc … Quand tu regardes les plans d’archives du Grand Paris, ça représente vraiment les dispositions, les bâtiments, les types de matériaux utilisés, l’idée qu’on s’en fait. Puis, le quartier est desservi par la ligne 14, la ligne la plus moderne et c’est ce qu’ils veulent faire avec les autres lignes de métro du Grand Paris. Quand j’y suis allé pour reprendre des photos, je me suis rendu compte que certaines structures faisaient la liaison entre ce que je voulais exprimer dans ma paire, à savoir le digital et l’architecture.

    Lou : Quand t’es photographe, c’est assez important d’avoir un background sur ce que tu fais. Après pour moi ça a été assez difficile parce que j’avais l’impression qu’au travers de mon travail photographique je n’étais pas légitime, parce que mes photos ne racontent pas d’histoire, et en fait c’est quelque chose que tu apprends à construire au fur et à mesure du temps…

    Je trouve que c’est important de pouvoir raconter quelque chose, même si, selon moi, ce n’est pas forcément raconter une histoire, mais faire réagir la personne sur ce que tu as fait.

    Moi je considère qu’à partir du moment où tu fais ressortir quelque chose chez la personne qui regarde ton travail, que ça soit bon ou mauvais, que ce soit une critique ou un éloge, c’est bon parce que tu l’as fait réagir.

    Clique : Qu’est-ce que cette expérience a changé pour vous ?
    Coralie : Je me suis sûrement rendu compte qu’il y avait quelque chose en moi depuis longtemps que je ne voulais peut-être pas assumer, et qui est maintenant en train de se réveiller petit à petit… C’est très émouvant, et en même temps flippant, parce que c’est un peu l’inconnu ! J’ai toujours gardé ma passion du dessin un peu enfouie, c’était un peu comme mon jardin secret ; mais peut-être moins avec Instagram. C’est ça qui m’a fait prendre conscience qu’il y avait aussi énormément de personnes qui dessinaient. D’un côté, je me suis dit « trop cool, je ne suis pas la seule ! », et de l’autre je me suis rendu compte qu’il y a énormément de talents qui font des trucs vraiment beau. Par rapport à ça, je ne vais pas me la jouer illustratrice parce que ça n’est pas du tout le cas, mais c’est en train de réveiller des choses en moi, probablement un processus créatif.

    Il va falloir que je me pose quelques temps pour faire le point sur moi-même, savoir où je vaiscreuser un petit peu plus dans l’illustration et commencer à trouver mon style tout simplement… C’est formidable mais ça fait peur !

    Quentin : Je pense que ça donne une motivation incroyable ! Quand je suis allé au Workshop, c’était de la folie ! L’expérience était vraiment trop cool, du coup je me suis dit que j’allais m’y mettre à fond. Ça a aussi changé la vision de la carrière que j’aimerais avoir, puisque je me suis toujours dit que je kifferais travailler pour Nike ou même ACRONYM, mais je me voyais plus designer graphique senior, genre aller là-bas et commencer à monter, et peut-être arriver à rentrer là-dedans.

    Je sens que d’avoir rencontré Marie, une jeune footwear designer chez Nike à Portland, ça m’a grave ouvert des perspectives !

    Je me dis que je vais tout donner pour arriver à toucher un truc comme ça. Je m’étais un peu endormi après mes études, après avoir fait du design en freelance, parce que ce ne sont pas des commandes forcément intéressantes que tu as, même si je travaille beaucoup dans le monde de la sneakers et de la mode… Mais ce n’est pas toujours passionnant, tu as beaucoup de contraintes et ça ne laisse pas beaucoup libre-cours à ton imagination.

    Au Workshop, j’ai vraiment trouvé un truc en moi, une euphorie qui m’a fait réaliser que c’est vraiment ça que j’aimerais faire.

    C’est vraiment dans cette ambiance-là que j’ai envie de travailler. Du coup il y a beaucoup de motivation, mais pareil presque autant de peur… Le stress du concours, le stress de ce qu’il y aura après. Est-ce que je vais garder des contacts ? Comment ça va se passer ?… Parce que là, ça a complètement changé notre mentalité. Comme tu disais, hâte d’avoir fini pour arrêter de stresser… (rires)

    Coralie : Moi j’y pense tout le temps, le matin, la nuit je fais des cauchemars… Je suis quelqu’un de très stressée en général, je me mets beaucoup la pression, et là ça m’a aussi appris à compartimenter les choses dans ma vie et d’élargir le champs des possibles aussi.

    Oser rêver bosser avec Nike, c’est concret.

    Quentin : Ça n’a pas changé nos vies, mais ça a changé nos manières de voir…

    Coralie : … Oui et de se dire « c’est possible », en fait.

    Lou : C’est assez impressionnant ! Je me dis que c’est un peu quelque chose qui n’arrive qu’une seule fois dans ta vie. Là, ça a changé quelque chose parce que j’ai une sorte de reconnaissance de la part de gens qui ne savaient peut-être pas que j’existais avant.

    J’ai notamment échangé avec Stéphane Ashpool de la marque Pigalle, qui faisait partie du jury. C’est un mec dont j’admire énormément le travail, donc ça m’a fait super plaisir que mon concept soit remarqué par cette personne.

    Sinon, je pense que ça va surtout changer quelque chose si je gagne, et m’ouvrir plein d’autres portes. Rien que d’avoir été finaliste, ça m’a fait rencontrer des gens que je n’aurais jamais pu rencontrer avant, et ça m’a permis de te parler aussi ! Une interview pour Clique… Je ne pense pas que ça serait arrivé sans ça ! C’est une super expérience de pouvoir rencontrer des gens, de pouvoir parler de son travail, que ce soit de la photo, du dessin, du design avec des gens dont c’est le métier.

    Pour une jeune photographe en début de carrière comme moi, ce sont quand même des opportunités qui sont superbes !

    Clique : On a pas parlé de vos paires du jour ! On a parlé des premières, on a parlé des marquantes…

    Lou : Je porte des TN HyperFuse blanches ! Les premières sneakers sur lesquelles j’ai vraiment craqué. Les TN c’est ma paire préférée de chez Nike. J’aime le fait qu’elles soient sans couture.

    Mes TN HyperFuse, je les mets jusqu’à la mort.

    Clique : Quentin, tu nous dit quoi sur tes « Komyuter custom Off-White Chinatown » ? (Rires)

    Quentin : Quand cette paire est sortie, j’ai tout de suite vu son potentiel. Je l’ai essayée, et le shape ne me plaisait pas trop, la sangle était trop serrée. Puis récemment, j’en ai réessayé une chez Sneakersnstuff, et je me suis dit qu’il y avait un truc à faire. Le strap était par terre, il tombait, donc je me suis dit « soit je couds ici » (il montre l’endroit), soit je couds la partie du strap pour qu’il reste sur ma paire quand je marche. La paire que j’ai au pied, je l’ai trouvée sur Sivasdescalzo. C’est un site espagnol qui fait des bonnes affaires. Elles étaient à 56€ en réduction, donc je les ai prises. Et puis finalement, j’ai trouvé des serflex dans une grosse boîte que j’ai chez moi.

    C’est une boîte dans laquelle j’ai plein de trucs ; quand je veux être créatif j’ouvre ma boite et je me dis :  » alors qu’est-ce que je fais… »

    Du coup j’ai pris les serflex, j’ai testé et j’ai laissé ça comme ça.

    Clique : Tu laisses les serflex tout le temps et tu joues sur l’élastique pour mettre ta chaussure, ou tu coupes et tu en mets des nouveaux à chaque fois ?
    Quentin : Non, les serflex j’arrive à les enlever, y’a juste un truc à pincer à l’intérieur…

    Clique : C’est pas un truc de kidnappeur que tu peux pas enlever ?
    Quentin : Non, pour les enfiler j’ai juste besoin de desserrer un peu derrière. Je peux enfiler ma paire sans toucher aux serflex, en fait.

    C’est une paire technique, que je kiffe, qu’on voit pas souvent, donc forcément ça me plait.

    Clique : Et toi, Coralie ?
    Coralie : Moi, c’est des Air Force One, et je les adore parce que c’est un peu mon côté « fifille ». (rires) D’ailleurs, il me semble que c’est une paire pour les enfants.

    J’ai la chance de faire du 36 et de pouvoir aller piocher chez les enfants, où il y a des coloris qui n’existent pas du tout chez les adultes. C’est souvent plus coloré et moins cher aussi ! (Rires)

    Ce que je kiffe aussi c’est l’intérieur en velours blanc, il y a une sorte de patine, c’est un peu nacré. Et franchement, les lacets en satin rose…

    Clique : Je croyais que c’était toi qui avais rajouté les lacets…
    C : Non, tout le monde me dit ça, c’est pour ça que j’ai eu un petit crush… Quand j’ai vu les lacets, je me suis dit : « parfait ! ».

    Maintenant que vous en savez plus sur ces trois designers et la façon dont ils ont créé leur concept, n’hésitez pas à aller voter pour eux et soutenir votre design préféré jusqu’au dimanche 13 mai, à 23h59.

    Brand content Air Max Grand Paris

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