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    La première Gay Pride du Liban

    Beyrouth accueille sa première Gay Pride, malgré les pressions

    Entre progressisme et pressions religieuses, cette première Gay Pride s’organise dans un contexte national troublé.

    « Beyrut Pride 2017 » : c’est le nom officiel de la première Gay Pride du Liban qui se déroulera dans la capitale. L’événement, qui a commencé dimanche dernier par un défilé de mode célébrant la gender fluidity (mélange des codes féminins et masculins), se déroulera toute cette semaine et enchaînera les ateliers de maquillage, les débats d’idées et les soirées dans les lieux fréquentés par la communauté LGBT de Beyrouth.

    Cette série d’événements organisés par les associations LGBT, les bars et les boites de nuit de la ville se dérouleront pourtant dans un contexte tendu. Si les mentalités commencent à évoluer chez une partie de la société, les représentants des communautés musulmanes et chrétiennes continuent d’exercer une pression énorme sur les leaders des groupes LGBT.

    Ce week-end, c’est un colloque organisé par l’ONG Proud Lebanon (« le Liban fier », en version française) qui a été annulé à Beyrouth. Après les nombreuses pressions provoquées par les Oulémas (théologiens musulmans) qui menaçaient de manifester devant l’hôtel où devait se dérouler le débat, les organisateurs ont dû annuler.

    Gay Pride BeyrouthEn mai 2016, une cinquantaine d’activistes manifestaient devant la gendarmerie de Beyrouth où de nombreuses brutalités sont perpétrées contre les membres de la communauté LGBT. 

    Malgré ces tensions, des signes encourageants font de plus en plus irruption au Pays du Cèdre. Le 30 janvier dernier, Rabih Maalouf, juge de Metn (quartier de Beyrouth) a créé un choc en refusant de condamner un groupe de neuf hommes suspectés de prostitution, trouble à l’ordre publique et d’homosexualité.

    En vertu de l’article 534 du code pénal, la législation libanaise condamne les relations homosexuelles jugées « contre nature » et les peines peuvent aller jusqu’à un mois d’emprisonnement et un million de livres libanaises d’amende.

    Des tests anaux (!) peuvent d’ailleurs être pratiqués dans les cas de suspicion d’homosexualité… Pour justifier sa décision, le juge Maalouf s’est appuyé sur l’article 183 du code pénal qui fait référence au droit à la vie privée. Cette décision, qui pourra faire office de jurisprudence, est la quatrième de ce type dans le pays.

    Dans un tout autre domaine, c’est la chaine de fast-food Crepaway qui s’est illustrée dans l’acceptation de la communauté LGBT. L’entreprise libanaise a publié le 10 mai dernier un sport publicitaire dans lequel elle intégrait un couple de lesbiennes. La publicité, qui se voulait la plus rassembleuse possible, a provoqué de nombreuses réactions positives chez les Libanais.

     

    Interrogé par CNN, Hadi Damien (à l’origine de la « Beyrut Pride ») raconte que cet événement est le fruit d’un travail de mobilisation de plusieurs années rendu possible grâce à des rendez-vous secrets et des longues conversations en ligne. Selon lui, le but de cette semaine n’est d’ailleurs pas de légaliser le mariage homosexuel ni de faire supprimer l’article 534 du code pénal, qui pénalise l’homosexualité. L’objectif premier est d’abord de banaliser l’existence de la communauté LGBT et détacher les étiquettes qui pèsent sur certaines personnes à cause de leur identité sexuelle.

    « C’est une initiative qui veut dénoncer, dans le calme, toutes les sortes de haines et de discriminations, et plus particulièrement les identités sexuelles ». Hadi Damien, organisateur de la « Beyrut Pride » pour CNN, le 16/05/2017 .

    Société Beyrouth Gay Pride

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