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    Le texte soutien « Die Standing », de James Frey (en français / english)

    11 janvier 2015.

    MOURIR DEBOUT

    J’ai vu les gros titres, regardé les vidéos, lu les articles, regardé les médias sociaux.
    Trois terroristes à Paris tuent 12 personnes à Charlie Hebdo.
    J’ai regardé, lu avec horreur, tristesse, et dégoût.
    Trois terroristes à Paris tuent 12 personnes à Charlie Hebdo.
    Ils étaient des écrivains, des éditeurs, des artistes. Faisant leur travail, le partageant avec le monde, s’exprimant…
    Ils sont morts debout.

    Ma carrière d’écrivain a commencé à Paris. J’ai déménagé là quand j’avais 22 ans. Je ne parlais pas français et je n’avais pas d’amis. Je suis venu ici à cause de la tradition française, de son écriture radicale et de l’Art. À cause de gens comme Baudelaire et Rimbaud, Monet, Henry Miller, Yves Klein, Sartre, Michel Houellebecq. Des personnes qui ont écrit et fait de l’Art, qui ont poussé les frontières, qui ont défié les conventions, qui ont offensé.
    Ils ont fait tout cela parce qu’ils croyaient que leur droit inaliénable et indéniable de s’exprimer était plus important que l’acceptabilité sociale ou l’opinion publique.

    Ces individus étaient prêts à payer, payer réellement, émotionnellement, financièrement et de leurs vies, pour ce qu’ils ont fait. Des écrivains et des artistes dont le courage m’a inspiré.
    J’ai déménagé à Paris à cause d’individus courageux comme les écrivains, les éditeurs et les artistes de Charlie Hebdo. Ils sont morts debout.

    Au cours de ma carrière, j’ai été poursuivi, contredit, interdit ; mes livres brûlés. J’ai reçu des centaines de menaces. De chrétiens, de juifs, de musulmans, de gens fous qui ne s’identifient pas à une religion ou une idéologie particulière.

    J’ai vécu et voyagé sous garde rapprochée, j’ai dû déménager, et j’ai eu peur d’aller à mon bureau. Mais j’y suis toujours allé. Pas parce que je n’étais pas inquiet ou parce que je ne croyais pas à ces menaces, mais parce que je pensais que c’était important de les défier.

    Les écrivains, les éditeurs et les artistes de Charlie Hebdo ont reçu des menaces. En réponse à ces menaces, Stéphane Charbonnier dit : « Je préfère mourir debout que vivre à genoux ».
    Il a continué d’aller à son bureau. Ses collègues ont continué d’aller au bureau. Ils ont été attaqués et tués. Impitoyablement abattus par des terroristes décidés à les réduire au silence.
    Ils ont défié les terroristes. Ils sont morts debout.

    Quoi que vous fassiez, qui que vous soyez, où que vous viviez, j’espère que vous suivrez l’exemple des écrivains et des éditeurs, artistes de Charlie Hebdo.
    Dîtes ce que vous voulez dire, écrivez ce que vous voulez écrire, vivez comme vous voulez vivre.
    Exprimez-vous de la façon qui est vraie pour vous, quelle qu’elle soit.
    Il en est de votre droit inaliénable et indéniable. Une société libre, un monde libre.  C’est ce que devrait-être la vie.
    Dites-le fort. Écrivez avec force. Vivez complètement. Exprimez vos idées hardiment et avec toute la force que vous pouvez.
    Et si quelqu’un vient pour vous, comme ils l’ont fait pour les individus courageux à Charlie Hebdo, qui ont été assassinés pour leur écriture, pour leur art, le travail de leur vie, vous aussi, mourrez debout. Honorez-les, honorez-vous.
    Défiez, défiez, défiez. Mourrez debout.

     

    DIE STANDING

    I saw the headlines, watched the videos, read the articles, looked at the social media feeds. Three terrorists in Paris kill 12 people at Charlie Hebdo. I saw watched read looked on with horror, with sadness, with disgust. Three terrorists in Paris kill 12 people at Charlie Hebdo. They were writers, editors, artists. Making work, sharing it the world, expressing themselves. They died standing.

    My career as a writer began in Paris. I moved there when I was 22. I didn’t speak French and didn’t have any friends. I went because of the French tradition of radical writing and art. Because of people like Baudelaire and Rimbaud, Monet, Henry Miller, Yves Klein, Sartre, Michel Houellebecq. Individuals who wrote and made art that pushed boundaries, defied conventions, offended. Individuals who did they what did because they believed their inalienable and undeniable right to express themselves was more important than social acceptability or public opinion. Individuals willing to pay, pay in real ways, emotionally, financially and with their lives, for what they did. Writers and artists whose courage inspired me. I moved to Paris because of brave individuals like the writers, editors and artists at Charlie Hebdo. They died standing.

    Over the course of my own career, I have been sued, protested, banned, my books burned. I have received hundreds of threats. From Christians, Jews, Muslims, from crazy people who didn’t identify with a specific religion or ideology. I have lived and traveled with security, I have had to move, I have been scared to go to my office. But I always went. Not because I wasn’t worried or because I didn’t believe in the threats, but because I thought it was important to defy them. The writers, editors and artists at Charlie Hebdo received threats. In response to those threats, Stephane Charbonnier said – I’d rather die standing up than live on my knees. He kept going to the office. His colleagues kept going to the office. They were attacked and killed. Mercilessly gunned down by terrorists bent on silencing them. They defied the terrorists. They died standing.

    Whatever you do, whoever you are, wherever you live, I hope you follow the example of the writers editors and artists at Charlie Hebdo. Say what you want to say, write what you want to write, live how you want to live. Express yourself in whatever way is true to you. It is your inalienable and undeniable right. Part of living in a free society, a free world. Say it loud. Write it with force. Live it completely. Express it as boldly and forcefully as you can. And if someone comes for you, as they did for the brave individuals at Charlie Hebdo who were murdered for their writing, for their art, for their life’s work, die standing. Honor them, honor yourself. Defy defy defy. Die standing.

    Arts Charlie Hebdo James Frey

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