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    La rue à deux voies : simple coup de pub ou évolution urbaine ?

    Une marque anglaise d'ameublement teste le macadam à deux voies : une pour les piétons rapides et une autre pour les flâneurs, plus lents. Le but ? Fluidifier la circulation sur les trottoirs des grandes villes, mais surtout, rendre la voie plus agréable pour les potentiels acheteurs.

    Avez-vous déjà rêvé de marcher dans la rue sans être ralenti par les badauds, les personnes au téléphone, ou encore les mères et leurs poussettes ? La chaine d’ameublement anglaise « Argos », l’a fait. Ou du moins pour quelques semaines. C’est à Liverpool que la marque a peint des lignes au sol devant son magasin, divisant le trottoir en deux catégories : la voie rapide – pour les pressés – et la voie lente, réservée aux personnes en plein lèche-vitrine.

    Argos a voulu tester cette transformation urbaine suite à la publication d’une étude révélant que la lenteur des gens sur les trottoirs était considérée comme un des plus grands cauchemars pour la moitié de la population anglaise. Ainsi, 31% des anglais seraient frustrés par les gens qui bloquent le passage, tandis que plus d’un quart (27%) seraient agacés par les badauds flânant sur la chaussée.

    Une action « contre-productive »

    Pour Philippe Gargov, fondateur de « Pop up urbain », cabinet de prospective urbain, « il est intéressant de voir comment une marque se réapproprie l’espace urbain ». Selon lui, « elle révèle bien l’évolution des mobilités et leur difficile coexistence ». Ce que souligne – entre autres – la marque anglaise c’est le conflit d’usage qui existe dans la rue : la lenteur qui tente de refaire sa place, et l’accélération, fer de lance des grandes villes.

    Philippe Gargov reconnaît toutefois que « l’action d’Argos est avant tout un coup marketing » :

    « En réalité c’est contre-productif. La ville, c’est la collaboration de flux. Sa richesse, c’est aussi le fait de se faire un peu bousculer. Les rues ne doivent pas s’adapter aux personnes faisant du shopping », déplore-t-il.

    Ce n’est pas la première fois qu’une ville tente de mettre en place des voies piétonnes à deux vitesses. En 2010, un collectif d’artistes avait déjà fait le coup dans les rues de New York. Tandis qu’en 2014, la municipalité de Chongqing au sud de la Chine lançait une voie pour les piétons au téléphone…

    Société Pop up Urbain Urbanisme

    Commentaires
    Fanny Marlier
    Journaliste
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