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    La crème de la crème : un vrai business inspiré du film de Kim Chapiron

    Des étudiants de grandes écoles proposent de résoudre (presque) tous vos problèmes si vous le leur demandez gentiment par texto.

    Dans La Crème de la Crème de Kim Chapiron, sorti en salles il y a un an, les étudiants de la meilleure école de commerce française appliquent les lois du marché à leurs relations sexuelles :

    À la vue du film, Jean-Charles Varlet, lui-même étudiant à l’ESSEC (l’une des plus prestigieuses écoles de commerces de l’Hexagone), grince un peu des dents.

    La Crème de la Crème qui – rappelons-le tout de même – met en scène une vision volontairement fantasmée et poussée à l’extrême de la business school, néglige selon lui, en compilant les clichés, « le talent des élèves qui étudient dans les grandes écoles et universités ».

    Alors, à la mi-avril, lorsque Jean-Charles lance sa start-up de service à la demande qui fait appel aux étudiants des meilleures écoles et universités de France – Sciences Po, HEC, Polytechnique, et bien d’autres encore – le nom s’impose. Naît ainsi Crème de la Crème. Ce nom, il l’a choisi pour « redorer le blason des grandes écoles » explique-t-il « ou, plus simplement, car

    « c’est véritablement la « crème de la crème » qui est au service de n’importe qui, pour la première fois en France ».

    Ouvert à tous, Crème de la Crème propose faire le lien entre des particuliers ou des entreprises et des étudiants, contre rémunération. Ces derniers, sélectionnés selon la pertinence de leur profil et leurs disponibilités, s’engagent à remplir une mission dans les 24 heures.

    « Demandez ce que vous voulez par SMS, du moment que cela requiert les competences d’un étudiant (étude marketing, consulting, phoning, enquêtes de satisfaction, travaux scolaires, etc.) », nous détaille-t-on par mail. Tout se fait sur mobile, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, en envoyant CREME par SMS à un numéro de téléphone non surtaxé (le paiement se fait également par téléphone).

    creme

    Jean-Charles Varlet a cofondé Crème de la Crème avec deux autres étudiants, Théo Dorp, venu de l’EDHEC, et Jérémy Bellaiche du Pôle Universitaire Léonard de Vinci. En voyage à San Francisco quelques mois plus tôt, ils assistent au succès d’un système de livraison par SMS et décident de réinventer le concept à leur façon.

    Leur service promet une « rétribution attractive » aux étudiants, rassure Jean-Charles lorsqu’on lui demande s’il ne vient pas de créer, plus ou moins consciemment, une forme mutante du stagiaire, jetable et connectée. Crème de la Crème, affirme-t-il, est le « Uber » de junior entreprise (ces bébés-entreprises créées au sein même des écoles et gérées par des étudiants, qui effectuent des missions pour des structures externes – souvent de grandes entreprises – avec une qualité professionnelle, moyennant une rémunération très correcte). Il préleve, comme Uber, un pourcentage sur les transactions – entre 10 et 20 % de leur montant.

     

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    La page d’accueil du site (capture)

    Derrière le nom, aucun élitisme « mal placé », assurent les fondateurs du service : Crème de la Crème, dit Jean-Charles Varlet, « démocratise l’accès aux compétences des étudiants de grandes écoles », en incitant les particuliers et les petites entreprises – « quels que soient leurs moyens », à se tourner vers eux.

    « Les junior entreprises ne sont pas assez ouvertes aux particuliers et aux petites entreprises et ne répondent pas aux nouveaux besoins comme ceux des start-ups » ajoute-t-il. « Par ailleurs, on souhaite que les compétences des éleves de grandes écoles bénéficient au plus grand nombre, c’est pourquoi nous développons actuellement une application qui regroupera à terme les meilleures écoles de chaque pays ».

    Pour l’instant, Crème de la Crème revendique les services de 200 étudiants des meilleures écoles françaises, et 50 missions en cours. « Ils se sont inscrits d’eux-même », précise Jean-Charles. « Nous n’avons fait aucun démarchage ni publicité pour le moment ».

    Société Business Cinéma

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    Laura Aronica
    Rédactrice en chef adjointe
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