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    Wil Aime

    QUI ES-TU : Wil Aime, roi du storytelling vidéo sur Internet

    Dans sa dernière vidéo, "Comment sortir de la Friendzone", Wil Aime donne des clés pour conquérir l'être aimé. Un sujet qui apparemment concerne beaucoup de monde : elle a été vue plus de... trente millions de fois. En trois ans, cet étudiant en master de mathématiques a imposé une vraie ambition cinématographique dans ses productions, qu'il s'agisse d'abord de ses Vines, puis de ses vidéos Facebook qui comptabilisent des millions de vues. Âgé de seulement 22 ans (!), Wil Aime s'affirme comme un talent à part dans l'humour Internet en France. Pour Clique, le très tranquille vidéaste dévoile son amour de la poésie et... des probabilités.

    Clique : On ne sait plus comment te définir : acteur, réalisateur, metteur en scène, vidéaste ? Quelle définition te sied le mieux ?
    Wil Aime :
    On me pose souvent cette question. L’ambition que j’ai, c’est d’être un artiste à part entière, c’est ce que j’aimerais devenir. Le jour, je suis d’abord un étudiant de 22 ans. La nuit, j’essaie de créer des histoires…


    Les conseils de Wil Aime pour sortir de la friendzone. 

    Qu’est-ce que tu étudies, et dans quelle université ?
    Je préfère rester discret sur le nom de ma faculté. Je suis étudiant en Master de mathématiques et en probabilités.

    Il paraît que tes premières vidéos te sont venues lors d’un été de galère en Guadeloupe…
    Oui, c’était un été où il ne se passait grand chose, et j’ai eu cette idée de commencer des Vine. Ma première vidéo, c’était une blague de six secondes

    Qu’est-ce qui pousse à poster une première vidéo sur Internet ?
    C’était vraiment pour me faire kiffer moi, mes potes et pourquoi pas ma famille, tranquillement, sans la moindre pression…


    Une compilation des premiers Vines de Wil Aime 

    Une de tes premières vidéos était une parodie de la série Prison Break, (malheureusement introuvable aujourd’hui sur Internet…). Dès le début, tu avais une ambition scénaristique forte. D’où te vient cette envie de faire des mini-films ?
    J’ai réfléchi, et il me semble que cela me vient du CP. Mon maître s’appelait Jamal et, quand il nous donnait des devoirs, je les faisais très vite en classe, surtout ceux de mathématiques. Du coup, il me donnait des devoirs supplémentaires et, à chaque fois, c’était des poésies. Donc, toutes les semaines, j’avais un nouveau poème à apprendre.

    Et tu les apprenais tous ?
    Au début, je ne les apprenais pas. Ça me soûlait, j’avais toujours des mauvaises notes. Puis, finalement, j’ai demandé à ma mère de m’aider.

    Ce jour-là, je m’en souviens très bien, je suis allé au tableau devant la classe. J’ai récité ma poésie et tout le monde m’a applaudi. Et c’est venu comme ça. Deux semaines après, on m’a inscrit au théâtre.

    Mais j’étais vraiment devenu un fan de poésie, notamment Victor Hugo ou Rimbaud. J’adorais les lire, les apprendre, les réciter…


    Victor Hugo pour mieux réussir à conquérir : la recette de Wil Aime. 

    On comprend mieux maintenant l’importance de Victor Hugo (« Demain dès l’aube« , 1856) dans la vidéo ci-dessus
    Cette poésie, je l’ai apprise par coeur quand j’étais en CP. Je l’aimais beaucoup, je l’ai beaucoup travaillée. Et c’était un clin d’oeil à ma mère, à mes profs, mes amis d’enfance parce qu’il savent l’attachement que j’ai pour cette poésie.

    On me parle souvent de mon élocution, de ma façon de parler qui peut paraître particulière…

    C’est le fruit de l’entraînement avec ma mère, mes professeurs, qui m’obligeaient à respirer à chaque virgule, bien prononcer chaque mot… C’est de là que ça vient.

    Dans tes vidéos, on voit clairement l’influence du cinéma américain. Tu as des sources d’inspiration ?
    Denzel Washington et Will Smith sont les acteurs qui m’inspirent le plus. J’ai été choqué par la performance de Denzel Washington dans Training Day ; d’ailleurs j’ai fait un gros clin d’œil dessus avec ma vidéo « L’art de la tromperie ». Le discours de la fin est pratiquement calqué sur celui du film. Concernant Will Smith, j’ai beaucoup aimé Je suis une légende, j’ai aussi grandi avec Le Prince de Bel Air qui m’a inspiré beaucoup de Vines, sur l’école, les relations avec les filles, la famille…


    Eternel Dom Juan dans ses vidéos, Wil Aime joue à merveille le rôle de l’infidèle. 

    Ta famille (notamment ta sœur et ta mère) ont l’air d’être très présentes. Quelles sont leurs places dans ton processus créatif ?
    Tu rigoles mais c’est très important ! Quand je réalise une vidéo, avant de la faire, je donne le scénario à ma mère et je lui demande ce qu’elle en pense. Et selon ce qu’elle me dit, je peaufine. Ensuite, ma sœur a beaucoup de facultés. Elle est plus grande que moi, donc elle va forcément me conseiller.

    Ma sœur et ma mère sont les premières personnes à qui je montre mes vidéos après les avoir montées, et surtout avant de les poster.

    Comment se passe la construction de tes vidéos ? Tu écris d’abord ?
    Je t’avoue que je n’ai pas toujours écrit mes vidéos. Quand j’étais sur Vine, la vidéo durait six secondes, je n’avais pas forcément besoin de faire cet effort-là. Mais maintenant oui, l’écriture est presque devenue un réflexe. Par exemple j’avais pré-écrit ma dernière vidéo, « Comment sortir de la Friendzone », il y a quasiment un an de cela. Mais je n’arrivais pas à continuer. Je savais que je voulais jouer un professeur dans le délire de How to get away with murder, mais je n’arrivais pas…

    Un jour, j’ai un de mes potes qui s’est vraiment fait friendzoner. J’ai réfléchi, je lui ai donné des conseils et je me suis dit « mais c’est exactement ça : faut que j’écrive ce que je pense ! », et ce que je pense, c’est que la friendzone n’existe pas…

    Contrairement à beaucoup de vidéastes sur Internet, tu es tout le temps dans la fiction, en train de jouer un rôle. Mais en fait, tu t’appuies sur des anecdotes réelles pour dire ce que tu penses ?
    J’essaie de plus en plus de raconter la réalité, dans le sens où il faut que ce ne soit pas forcément profond mais réel, pour qu’on y croie le plus possible.

    Est-ce que tu continues à tout faire depuis ton téléphone, à savoir, le tournage et le montage ?
    Ce n’est plus le cas depuis trois vidéos. Je monte désormais sur ordinateur.

    Il y a un gros aspect technique dans le montage, ça t’intéresse aussi ?
    Oui, énormément ! Et franchement, je n’arrive pas à le déléguer à quelqu’un d’autre. Ça me fait kiffer, et j’aime beaucoup monter. J’ai aussi l’impression que ça fait partie intégrante de la réalisation.

    J’ai peur de déléguer à quelqu’un le montage, et que ça ne soit pas le résultat que je veux.

    Souvent, c’est même au montage que j’arrive à trouver de nouvelles choses : surtout, j’arrive à dynamiser le rythme. Mais je suis d’accord avec le fait de s’imposer des contraintes. C’est très important.

    Le fait de filmer avec un iPhone, mine de rien, c’est une contrainte qui me donne la possibilité de me perfectionner dans ce domaine et les autres contraintes (à savoir : écrire, réaliser et monter tout seul), ça me permet de développer ma créativité…

    Tu mets pas mal de temps entre chacune de tes vidéos (généralement quelques mois). Est-ce que c’est volontaire de ta part ?
    C’est vrai qu’au niveau des délais, je ne me mets pas de contraintes particulières, j’ai envie de garder un processus créatif spontané. Beaucoup de gens pensent que je fais exprès de repousser mes vidéos pour faire monter l’attente etc. Mais en fait, je raisonne de la manière suivante :

    Après avoir posté une vidéo, je n’ai plus de balles dans mon chargeur. Je me donne vraiment à fond. Je tire toutes les balles, toutes les idées, après je… je peux enfin dormir !

    Une de tes vidéos revenait sur le braquage de Kim Kardashian. Certains ne l’ont pas comprise…
    Cette vidéo était un peu un fantasme… mais pas pour Kim Kardashian ! Quand j’ai regardé cette histoire, ça m’a tout de suite passionné, et je me suis dit que c’était un truc de fou. Et je me suis dit, en pensant au film Ocean’s Eleven, que ça serait incroyable si Kanye West était derrière tout ça ! Je n’avais même pas besoin de réfléchir, parce que tout était là.


    Le braquage de Kim Kardashian théorisé par Wil Aime. 

    Quelles réactions tu as eues par rapport à cette vidéo ?
    Alors, j’ai eu plusieurs types de réactions ; beaucoup de gens pensaient que c’était vrai ! (rires) Dans les commentaires, j’ai vu une personne qui avait l’air d’avoir la quarantaine me dire « ah bon ? Mais que s’est-il passé ?» en pensant que c’était un reportage.

    Certains m’ont reproché aussi d’avoir sexualisé Kim Kardashian. Comme je n’avais pas Kim Kardashian sous la main, pour la représenter, j’étais obligé de prendre une fille qui lui ressemblait physiquement un petit peu.


    On parlait tout à l’heure de Prison Break, ta dernière vidéo est un clin d’oeil à « How to get away with a murder », est-ce que Wil Aime est un grand fan de séries 
    ?
    Je ne suis aucune série en ce moment ! Je vais beaucoup au cinéma, mais niveau séries, j’avoue qu’il faut que je le fasse. Par exemple, je te parlais de How to get away with murder, je n’ai regardé que la moitié de la saison 1… Et j’avoue que la scène du début qui m’a marqué je me suis dit, « bon ça c’est énorme, faut que je le replace »… À vrai dire, quand je regarde une série, ou un film, je le regarde bien… Quitte à le regarder trois fois d’affilée.

    Quel film tu as vu trois fois de suite ?
    Le premier auquel je pense, c’est Training Day. Je pense aussi à Pulp Fiction, Fight Club. Mais on me parle beaucoup d’Usual Suspects et je dois avouer que je ne l’ai jamais vu… À force de me faire spoiler le twist de fin…

    La première scène iconique de la série « How to get away with murder ». 

    Après, c’est aussi beaucoup mon entourage qui m’inspire. Dans pratiquement toutes les vidéos que j’ai faites, les histoires sont des choses qui me sont arrivées à moi ou à mes proches.

    Même « l’Art de la Tromperie » ?
    J’avais trompé ma meuf… Nan je rigole ! (rires)

    Dans tes vidéos, tu places toujours des sons américains récents. Qu’est-ce qui t’a marqué récemment, en musique ?
    Étonnamment, j’ai kiffé le dernier album de Rick RossRather You Than Me. J’ai un peu moins apprécié le dernier album de Drake, More Life. Je trouve que l’album n’était pas assez réfléchi par rapport au précédent, Views. Mais là, clairement, je suis en train de décortiquer DAMN, le dernier album de Kendrick Lamar qui est revenu très très fort !

    Porté par le tube « Humble », le dernier album de Kendrick Lamar, « Damn », est le coup de coeur de Wil Aime.

    Tu es étudiant en Master de Mathématiques. Comment tu es devenu passionné de maths ?
    Comme j’ai dit tout à l’heure, en CP j’étais très bon en mathématiques. Je me souviens que le professeur organisait un concours toutes les semaines : « Calculez plus vite que Wil Aime ». (rires)

    Je suis allé naturellement vers les mathématiques : j’aime beaucoup les probabilités, analyser les univers, le réel, le complexe. En réalité, ce que j’aime bien, c’est le raisonnement, la logique – qui sont d’ailleurs des choses que je reprends dans mes vidéos.

    Finalement tes vidéos ressemblent à des équations, des énigmes à résoudre…
    Souvent, dans mes vidéos, la clé se trouve être un détail que l’on pourrait assimiler à une proposition en mathématiques. Tous les éléments de dialogue sont en fait des conditions de théorème qui t’aideront dans la résolution.

    Comment tu vois la suite de ton parcours ? Réalisateur ou acteur ?
    J’attendais cette question à vrai dire. J’y réfléchis depuis deux jours et j’arrive pas ! Honnêtement choisir, ce serait dur… J’aimerais ne pas choisir, après je sais qu’il faut être très bon dans un des deux… Je pense que je ne peux pas choisir. Ma priorité, c’est d’obtenir mon diplôme, mais si de bons rôles venaient à tomber, évidemment ça m’intéresserait.

    Est-ce qu’il y a des thèmes d’actualité qui t’intéresseraient ?
    Bien sur ! Là tout de suite, ce serait les élections, qui m’inspirent énormément !

    François Fillon et son « Rends l’argent », ça pourrait t’inspirer ?
    Ah, bonne idée ! (rires) Peut-être, pourquoi pas… Mais malheureusement, le personnage de François Fillon est trop attendu, et j’aime bien faire des choses inattendues, créer la surprise…

    Le thème de tes vidéos peuvent être pris comme des tutos pour la vie, et notamment avec les filles…
    C’est intéressant ce que tu dis… Nan mais c’est les problèmes de la vie réelle que j’essaie de résoudre dans un monde fictif que je crée.

    J’aimerais bien qu’après avoir regardé chacune de mes vidéos, tu puisses réfléchir un peu sur toi-même. Que, lorsque tu vis un moment compliqué, tu penses à ma vidéo et que tu trouves un peu de courage !

    Image à la une : © Facebook : Wil Aime. 

    Humour Facebook Friendzone

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    Jalal Kahlioui
    Journaliste
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