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    En Norvège, le voile d’une animatrice télé a provoqué l’indignation de nombreux téléspectateurs

    Il est étonnant de voir à quel point, même en Norvège, l’approche des élections peut faire resurgir certains sujets à la surface. Non, on ne parle pas ici des impôts, de la hausse du chômage ou de la croissance économique du pays… mais bien du voile.

    Les jeunes électeurs norvégiens ont un point commun avec ceux de notre pays : ne se reconnaissant pas dans les partis traditionnels, ils sont fortement tentés par l’abstention. Hakan Moslet, le rédacteur en chef des programmes jeunesse de la chaîne NRK, a alors eu une idée : pour aider les jeunes à se faire une opinion avant les législatives norvégiennes du 11 septembre, il a produit une émission nommée Faten tar Valget (« Faten fait son choix » en français) dont l’animatrice est Faten Mahdi Al-Hussaini, une jeune Norvégienne de 22 ans.

    Le principe est de suivre cette dernière dans la quête d’un parti qui lui ressemble. À travers ses rencontres avec des experts, des journalistes et les représentants des partis politiques en lice, l’objectif est de donner des clés de compréhension aux jeunes.

    Seulement, depuis que cette nouvelle a été annoncée mi-août, plus de 5 000 plaintes adressées au comité de surveillance de la chaîne ont été enregistrées, avant même que l’émission ne commence. Chacune fustige la décision de confier l’émission à… une jeune fille voilée.

    « On cherche de jeunes personnalités qui ont une voix intéressante. C’est indéniablement son cas », a répondu Hakan Moslet à ces invectives en expliquant que, d’un côté, « Faten est très engagée sur les questions d’intégration, ce qui fait d’elle une jeune fille assez singulière. Mais en même temps, elle n’a pas vraiment d’opinion tranchée sur d’autres questions, ce qui la rend aussi très ordinaire ».

    Extrait de l’émission Faten tar Valget (« Faten fait son choix » en français)

    Quant à Faten, elle semblait ne pas avoir beaucoup d’illusions concernant l’accueil que les téléspectateurs lui réserveraient. Elle confiait déjà au quotidien Aftenposten le 15 août qu’elle avait conscience de l’impact de son image à la télé : « Je vais être critiquée parce que je serre la main des hommes, parce que je me mets en avant, parce que je porte le hijab (voile islamique), parce que je parle beaucoup », avant d’ajouter : « Je suis trop norvégienne pour les milieux minoritaires et trop étrangère pour les milieux norvégiens, je ne m’inscris nulle part. Je me retrouve en permanence coincée entre deux cultures très différentes, et il y a beaucoup de gens comme moi ».

    Ces gens dont parle Faten Mahdi Al-Hussaini, ce sont ceux et celles qui ne trouvent pas leur place dans une société divisée, et qui ne sont pas représentés en grand nombre dans les médias norvégiens. Parmi les rares exceptions, on peut citer la série Skam, dont l’une des héroïnes, Sana, est une jeune musulmane. Elle est ainsi la première série européenne dont le personnage est une jeune femme voilée. Hakan Moslet a donc vu une occasion de « faire entendre la voix d’une jeune musulmane, dans un paysage médiatique assez blanc, où les minorités sont peu représentées« . Il défend ainsi la mission de service public de la chaîne dont l’objectif est aussi d’être le plus représentatif possible de la population norvégienne.

    Skam-Saison-4

    Extrait de la saison 2 de la série « Skam ».

    Si elle est la première concernée, Faten Mahdi Al-Hussaini ne semble pas plus déstabilisée que ça. Il faut dire que cette jeune activiste s’est déjà heurtée à de nombreuses critiques. Alors qu’elle n’avait que 19 ans, en 2014, elle qualifiait l’Etat islamique et les militants du mouvement salafiste norvégien « Profetens Ummah » « d’adorateurs du diable » sur une tribune publique sur les marches du Parlement d’Oslo. Elle continue depuis sa lutte contre l’extrémisme avec le mouvement JustUnity qu’elle a créé, malgré les nombreuses menaces qu’elle a reçues et qui lui ont valu d’être placée sous protection judiciaire.

    Pour plus de renseignements à propos de son action, cliquez sur ce lien ; pour voir un épisode de l’émission Faten tar Valget, cliquez sur ce lien.

    Photographie à la Une : Faten Mahdi Al-Hussaini © Aftenposten

    Société Faten Mahdi Al-Hussaini Norvège

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