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    Divines, La quinzaine des réalisateurs

    LE FILM DE LA RENTRÉE : « Divines », d’Houda Benyamina

    Alors que Divines sort en salles, ce mercredi 31 août, retour sur notre rencontre avec l'équipe du film. Nous l'avions suivie à Cannes, lors de sa présentation à la Quinzaine des réalisateurs, dans les instants qui ont précédé le couronnement du long métrage, reparti avec la Caméra d'Or.

    Trente minutes. C’est le temps qu’il a fallu au Théâtre Croisette, lors de ce Festival de Cannes pour se remettre du choc et essuyer ses larmes. C’était après le film Divines, que la réalisatrice franco-marocaine Houda Benyamina présentait jeudi dernier à la Quinzaine des réalisateurs. « On essayait de se raccrocher à quelqu’un qui ne pleurait pas, mais on ne trouvait personne sans larmes aux yeux » lance Mehdi Meklat, co-auteur avec Badroudine Saïd Abdallah du roman Burn Out, venu pour soutenir le film lors de sa projection officielle.

    Ces larmes sont le résultat inévitable du cri du cœur que Divines incarne.

    Divines, c’est l’histoire de Dounia, une jeune fille de 15 ans qui vit dans un camp de Roms au pied d’une cité de la banlieue parisienne et dont l’unique rêve est de s’en échapper. Epaulée par Maïmouna, son amie avec qui elle entretient une relation fusionnelle, elle va fuir son quotidien grâce à la débrouille, aux plans galères et aux risques inconscients que lui fait prendre Rebecca, une dealeuse qui tient les rênes de ce quartier qu’elle dirige d’une main de fer.

    Oulaya Amamra, qui vient d’être reçue au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, crève l’écran dans ce rôle de Dounia. Elle mêle avec virtuosité la joie, l’espoir, la colère, la peur, la tristesse et surtout la force. Celle de survivre coûte que coûte à une quête de liberté dévastatrice pour laquelle elle est prête à tout.

    La réalisatrice de 35 ans Houda Benyamina a porté ce premier long métrage à bout de bras durant trois ans grâce aussi aux équipes de l’association « 1000 Visages » dont elle est la fondatrice. Celle-ci permet de former les jeunes au monde du cinéma – qu’ils soient techniciens ou comédiens – tout en les aidant à gagner un réseau très souvent inaccessible pour des personnes qui ne sont pas issues de ce petit milieu.

    Malgré le travail et l’acharnement, Jisca Kalvanda, qui joue le rôle de la trafiquante de drogue et caïd de la cité, n’en mène pas large avant d’aller répondre aux questions des journalistes. « J’ai peur », confie-t-elle. Comment le film va-t-il être reçu par le gratin du cinéma international ? Lorsque les trois actrices arrivent dans la salle de cinéma accompagnées de Houda, des dizaines de questions leur trottent en tête. Une standing ovation et des applaudissement interminables les accueillent.

    Oulaya, Déborah et Jisca Cannes
    Les trois actrices principales du film : Oulaya, Deborah et Jisca, lors de la projection officielle de Divines au Festival de Cannes, jeudi 19 mai.

    Ce qu’elles vivent à ce moment, ce sont sans doute les prémices d’un avenir lumineux qui leur tend les bras.

    Durant les jours qui séparent cette projection aux résultats du jury, les filles se prennent à rêver pour la première fois au prix spécial que cette catégorie du Festival de Cannes accorde. « Tu crois qu’on va recevoir la Caméra d’or ? » demande Oulaya avant d’être coupée par Déborah Lukumuena, qui joue la meilleure amie de Dounia : « Non, n’en parlons pas, ne rêvons pas, n’imaginons rien ». Recevoir ce prix, elles n’y avait jamais pensé avant de découvrir les critiques dithyrambiques que leur film suscite. Pourtant, dimanche 22 mai, c’est bien l’équipe de Divines qui a été appelée sur la grande scène du Palais des festivals pour recevoir la Caméra d’Or. Cette victoire, Houda Benyamina l’a criée le poing levé.

    « Merci, merci, vraiment merci, merci, Cannes est à nous ! À nous les femmes ! »

    Divines est de ces films qui font du bien. De ceux qui hurlent un fait social et politique sans pour autant faire la morale. Divines pose des questions essentielles autour de la place de la femme, de la recherche d’idéaux, de la précarité et des injustices, encore trop éclipsées des débats français quotidiens. Divines met en lumière la France et ses oubliés, ceux qu’il est devenu normal de ne pas évoquer. Cette réalité, il était peut-être temps de se la prendre en pleine figure.

    Revoir notre Vidéo du jour du discours de Houda Benyamina

    Image à la Une © Quinzaine des Réalisateurs / Guillaume Lutz

    Société Divines Film

    Commentaires
    Elena Amalou
    Journaliste
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