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    Clique x Ty Dolla $ign

    De passage à Paris le 10 avril pour un concert au Cabaret Sauvage, Mouloud Achour s'est entretenu avec la nouvelle sensation de Los Angeles. Pour Clique, l'artiste revient avec nous sur les événements marquants de sa vie, notamment l'envol de sa carrière depuis le morceau Paranoid sorti en 2014.

    Free TC, le premier album de Ty Dolla $ign, est produit par P. Diddy. Mouloud Achour revient avec le natifs de Los Angeles sur la capacité du producteur a toujours créer des tubes.

    « Diddy est l’un des plus grands businessmen et producteurs de tout les temps. Les chiffres et les tubes parlent d’eux-mêmes. Beaucoup de gens de sa génération ne sont plus là. »

    Il revient sur le rôle important du producteur pour faire des choix. Selon lui « Tout compte : les paroles, la mélodie, le beat, l’artiste, le beat, l’artiste…Certains rythmes ne conviennent pas à tout le monde. »

    Il nous confie d’ailleurs le choix décisif qu’il a dû faire dans sa carrière.

    « Tout le monde me demande, si je ne me sens pas stupide d’avoir donné « Loyal » à Chris Brown. Mais non. c’était parfait pour lui à ce moment là. Si moi je l’avais sorti après « Paranoid « , je n’aurais peut-être pas eu le même succès. »

    Proche de DJ Mustard, producteur du titre « Paranoid », il livre à Mouloud Achour  les producteurs avec qui il aimerait travailler. Ailleurs, il fait une revelation exclusive à Clique.

    J’aimerais travailler avec DJ Premier, Pete Rock, J. Dilla, Tyler The Creator. Et Timbaland le Roi…. En fait on travaille déjà ensemble.

    Mouloud Achour revient justement sur une interview de Timbaland dans les années 90. Le producteur déclarait avoir huit styles de sons pour la décennie à venir et, qu’il en trouverait cinq de plus. Le rappeur de Los angeles en dit plus sur le talent de son idole. Il ajoute à cela qu’il « faut savoir que Timbaland a toujours un nouveau son. Et là c’est sûr qu’il a un nouveau son. »

    « J’ai écouté 3 nouveau morceaux. Il y en davantage c’est sûr. »

    Mouloud Achour en profite alors pour revenir sur l’album Free TC. Le premier ressenti de Mouloud Achour au vu du nombre d’invités sur l’album était « encore un disque avec plein d’invités ». Mais selon Ty Dolla $ign, « Mes featurings ne devaient pas être dévoilé sur iTunes. Ce n’était pas ma priorité de faire jouer les stars.

    Je voulais me servir de tous ces gens comme des instruments ».

    D’ailleurs pour Mouloud Achour, cet album fait penser à « The Chronic » de Dr Dre au niveau du nombre d’invités. Tous les artistes qui y ont participé étaient dans les studios Solar. Or pour Ty Dolla $ign, Solar Records a une autre signification. C’était le label de « Lakeside », le groupe de son père.

    Tout le monde était dans le même bâtiment. Mon père était là pour ça, puis il y avait Death Row avec Dr Dre, et maintenant il y a Atlantic, où je fais mes chansons. C’est un bâtiment historique sur Cahuenga Boulevard, à Hollywood. Maintenant, ça m’éclate, je suis honoré de pouvoir y enregistrer.

    Ainsi, Ty Dolla $ign en dit plus sur sa consommation de weed en studio. Il raconte sa découverte des stupéfiants. Dès son plus jeune âge, il se « souvient de l’odeur, mais a toujours cru que c’était la cigarette. Pour lui, c’était juste la cigarette qui puait moins que les autres. »

    « Des restes de joints trainaient toujours autour de la maison. Mais ni mon père, ni ma mère ne voulaient l’admettre. Je n’ai pas fumé avant mes 16 ou 17 ans par respect pour ma mère. Une fois que je m’y suis mis, je suis tombé amoureux. »

    Mouloud Achour en profite pour demander au rappeur comment il fait pour produire 1000 morceaux tout en consommant de la weed. Selon Ty$, comme on le surnomme, la weed « ne convient pas à tout le monde. Il ne faut pas croire que je ne fais que des morceaux. On fait aussi des produits dérivés, on donne des interviews, on voyage, on fait de la promo en magasin.

    « Il n’y a pas un seul moment où je ne travaille pas. J’ai acheté une nouvelle maison, je n’y suis allé que 14 fois en 1 an. Pareil pour ma Porsche, j’ai été dedans peut-être 14 fois. Donc tu vois que c’est du travail. Mon cerveau va à une telle vitesse, il se passe tellement de choses. Ça me permet de rester calme et sans stress. »

    Mouloud Achour revient sur la particularité d’un album rap classique et la présence d’un hymne dessus. Et là, Ty Dolla $ign a fait un hymne à Los Angeles. D’ailleurs il confirme en ajoutant « qu’absolument, j’ai fait le morceau « L.A », avec Kendrick Lamar et James Fauntleroy en featuring. Il y a aussi Brandy, qui est absolument incroyable. J’ai toujours voulu l’inviter. »

    > Retrouvez notre portrait de Kendrick Lamar.

    C’est ainsi que le parallèle avec Paris se fait naturellement. Il ajoute que tout l’inspire à Paris et ce qu’il pourrait en faire.

    « Tout m’inspire ici… Les vieux immeubles, la mode, les gens, tout. J’ai un studio d’enregistrement dans le car. Mon ordinateur ne fonctionne plus depuis quelques jours, il a fallu le déposer à l’Apple Store, ils vont changer une pièce. Je vais le récupérer et je vais surement créer un morceaux à Paris. »

    Mouloud Achour revient aussi sur un des titres les plus intimes de l’album de Ty Dolla $ign. « Miracle », une chanson de huit minutes qui parle de son frère, il la qualifie même « d’envolée. C’est en fait ma chanson préférée sur le disque. C’est mon frère, qui chante de tout son coeur et son camarade de cellule, D-Loc. Moi j’interviens vers la fin. J’ai quelques paroles, et ma soeur chante aussi. Mon père joue des cuivres dessus. »

    « On en a fait une oeuvre de famille. Cette chanson est vraiment un miracle. Même s’il est incarcéré, on arrive à faire de la musique et à rester soudé et garder l’espoir. Nous prions pour que les choses changent. Il est en prison pour quelque chose qu’il n’a pas fait. »

    Il confie, entre autres, son ressenti au moment de l’enregistrement. Malgré le fait qu’il soit « adulte cette chanson le déchire. Ça lui a donné un coup. Il a hâte de retrouver son frère. Il était censé être ici pour cet entretien. »

    Selon Mouloud Achour, nommer son album Free TC  est un acte très politique.

    « C’est ça qui compte dans ma vie. Les titres servent à l’ambiance dans les clubs, les gens dansent, ils font la fête. Mais quand on rentre à la maison, on a tous des problèmes à régler. Dans ma famille c’est ça qu’il se passe ».

    Ty Dolla $ign a grandi dans les années 90. Mouloud Achour revient sur cette époque qui a vu naître le gangsta rap, le folklore, les films comme « Menace II Society ». D’après lui les gens oublient que c’est une réalité. Et que ce n’est pas drôle.

    « Je ne conseille à personne de commettre des violences en bande. Nous sommes les produits de notre environnement. Tout le monde n’est pas né dans une villa. Il y en a qui sont nés en appartement. Avec l’autre bande de gens qui font leur truc, tu peux tomber dedans. Mais si tu peux t’en sortir, et raconter ton histoire comme moi je fais, c’est ça le but. »

    Le rappeur revient alors naturellement sur son choix d’évolution. Celui d’une personne décidée à passer du stade d’artiste de musique à celui de propriétaire d’un label. Il répond simplement que « la musique est une chose. On peut travailler dur, ou plus facilement. Personnellement, je préfère la facilité. »

    « Si tu gères 10 choses à la fois, il y a plein de choses qui rentrent. Mais avec toutes ces rentrées d’argent, il faut aussi rémunérer tous les gens qui assurent le travail. Ça aussi ça peut être dingue. »

    Mais Mouloud Achour se demande quand était la première fois que le Ty Dolla s’est dit, « je vais être bon, je peux en faire mon métier ». Il confie simplement, « Dès que j’ai pu créer un rythme, faire des chansons pour moi ou les autres, je me suis mis à remercier Dieu. J’arrivais à jouer tous les instruments. Je n’ai jamais eu de doute dans mon esprit. Il y avait peut-être des gens autour de moi qui n’étaient pas d’accord, ou qui avaient peur. Il n’y a rien à craindre, nous allons tous mourrir un jour. Je n’ai pas peur, j’ai juste persévéré. Et maintenant je suis ici à Paris, pour faire cet entretien sur ma musique. »

    Mouloud Achour lui rappelle une de ses photos Instagram avec Kanye West. il se remémore la première fois où le rappeur de Chicago lui a proposé de travailler avec lui.

    « C’était génial. Je n’y croyais pas en fait. Gamin, j’écoutais déjà sa musique. C’était un honneur de travailler avec lui. J’ai toujours su, en l’écoutant, que nous étions sur la même longueur d’onde. Le coup d’aller chez les disquaires, prendre des albums et les sampler, le vrai truc hip-hop tu vois. »

    Mouloud Achour le lance alors sur The Life Of Pablo, le dernier album de Kanye West. Mouloud Achour pense qu’il casse l’industrie du disque. Il veut connaître son ressenti par rapport au rappeur de Chicago.

    « Quel honneur honneur d’être sur le titre « Real Friends », avec ce groove… C’est tout ce que je voulais faire. J’écoutais A Tribe Called Quest »

    D’ailleurs Mouloud Achour reparle de la disparition soudaine de Phife Dawg, un des fondateurs du groupe, ainsi que du discours d’André 3000 pour l’honorer et pour parler hip-hop.

    Nous devons rester soudés. On ne fait que ça. C’est comme ça qu’on a avancé, surtout sur la côte ouest. Nous étions solidaires et on est revenu en force. Avant, c’était la haine, tout le monde se bagarrait. Maintenant on traverse les continent grâce à des plateforme comme SoundCloud ou Apple Music, on peut choisir ce qu’on veut entendre. Désormais, on peut aller partout et travailler.

    Ty$ parle aussi de l’avenir de la musique. Mouloud Achour et lui partage la même impression. Les artistes reprennent le contrôle. Selon le rappeur, « Aujourd’hui il faut être artiste soi-même car tout le monde te regarde. Ça c’est le bon côté. »

    Il se livre alors sur les inspirations de ses nouveaux sons.

    Mon inspiration vient des vieux morceaux. Je trouve des vinyles dans chaque villes, chaque pays. Quand on y pense réellement, on a une guitare, un violon, une basse, un piano,une batterie. Ces sons-là ne vont jamais disparaître. Si tu arrives à les tourner à ta façon, tu es dedans. Tout le reste ce n’est que mode éphémère. Souvient-toi des sons des années 90.

    Mouloud Achour le lance alors sur son appartenance à la musique dès son plus âge. Son père faisait partie du groupe « Lakeside ». C’était son père qui jouait sur « Fantastic Voyage ». Il confie que son père « jouait le clavier et les cuivres sur ce morceau. Il joue aussi de la basse, mais la basse est devenu son instrument de choix. »

    D’ailleurs il confesse s’être entraîner à la basse sur les morceaux de Warren G

    « Il y avait une chanson qui s’appelait « Indo Smoke ». Mais je peux jouer tout ce que j’entends »

    Mouloud Achour, étonné, lui demande s’il a l’oreille absolue. Il répond gêné, « je suppose que tu peux dire ça. Dieu merci. » Le rappeur confie alors un autre de ses talents cachés. Il lit les partitions de musique.

    Les seuls moments où je lis de la musique, c’est quand je fais venir tout un orchestre et qu’il faut donner des partitions à tout le monde. Il n’y a que là que c’est utile. C’est très rare qu’on fasse appel à un orchestre, même si je m’en sers sur mon album. C’était à la fin du processus créatif, j’ai dû m’y remettre un peu. D’ailleurs un grand merci à Benjamin Wright, qui a dirigé.

    Pour conclure Mouloud Achour partage avec lui son solo de guitare préféré, un morceau algérien, « Ya Zina ». Tout ça en lui demandant de faire un clin d’oeil à Clique si un jour Ty Dolla $ign venait à écrire un morceau sur Paris.

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