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    Clique x Daniel Radcliffe

    Mouloud Achour a rencontré Daniel Radcliffe au Festival du film américain de Deauville, à l’occasion de la présentation d’Imperium, un long-métrage de Daniel Ragussis. Ils parlent Brexit, Eminem et évoquent, entre autres, l’implication personnelle de l’acteur, en tant que citoyen, dans les problématiques liées à l’afflux de réfugiés en Europe. On en saura également un peu plus sur Harry Potter…

    Mouloud : Qu’est-ce que ça te fait d’être de retour en Europe ? Parce qu’aujourd’hui, tu n’es plus européen.
    Daniel Radcliffe : Oui, c’est vrai, merci. C’est bizarre.

    Avant, on était frères !
    Et on l’est toujours ! Toujours. Beaucoup d’Anglais considèrent qu’on est toujours frères. Avec le Brexit, je me suis juste senti idiot. J’étais persuadé que nous n’allions pas quitter l’Union Européenne. Ca a été décourageant de voir que tant de gens se sont laissés convaincre de voter, avec leur peur et leur colère. C’est une tendance internationale, on le voit aux Etats-Unis avec Trump et ses partisans. Mais beaucoup de politiques actuelles, plutôt de droite, encouragent les gens à être en colère et avoir peur. Peur de l’inconnu, peur de l’autre. Ça me dérange beaucoup. Je connais bien les arguments contre la sortie de l’Union Européenne. Ça tournait autour de l’économie et de l’immigration. Pour moi, c’est bien plus simple que ça. Moins on se divise en petits groupes, qu’ils soient raciaux, religieux, nationalistes… Plus on est forts, épanouis et heureux.

    Pourquoi est-ce que tu as choisi de soutenir les gens à Calais ?
    J’ai des opinions politiques et j’ai des avis tranchés. Mais je fais toujours attention quand j’en parle dans les médias sinon les gens se disent que les acteurs pensent que leur avis compte plus que celui des autres. Pas moi. Mais (…) quand on parle de la Seconde Guerre mondiale ou de l’Holocauste, de tous les gens qui ont souffert ou qui sont morts, on se demande toujours comment ça a pu arriver, comment on a pu laisser faire ça. Et on se dit qu’on ne laissera plus jamais ça arriver. Je pense qu’il faut tenir parole.

    D’après toi, comment sommes-nous arrivés à cette situation ?
    Je pense que c’est quelque chose qui arrive périodiquement, habituellement en temps de crise financière. Les gens peuvent se laisser convaincre par les politiques, et croire que tout est la faute de quelqu’un d’autre. Dans le passé, on a déjà accusé les Juifs. En Amérique, sur la côte Est, c’était les catholiques, les Irlandais et les Italiens. Sur la côte Ouest, c’était les Chinois. Quand l’économie est au plus mal, tout est de la faute des immigrés, et ça n’a aucun fondement. C’est juste facile à dire et malheureusement, les gens le croient.

    Quand je t’entends rapper sur du Eminem, je sais que tu es le seul à pouvoir aller aussi vite que lui !
    Oh, ce n’est pas vrai ! Je réagis à la musique de la même manière qu’à l’écriture quand je lis un scénario. Ce qui m’intéresse vraiment dans la musique, 99% du temps, ce sont les paroles. Quand on analyse certaines paroles de ses chansons, on voit qu’il peut placer deux références différentes, une rime géniale et un jeu de mots. Il peut faire tout ça en seulement trois phrases.

    Quelle est la rime d’Eminem que tu préfères ?
    « Promising complete dominance Sugar Ray Robinson
    I’m in a league Muhammad’s in, Ali’s my colleague bombing’em
    Probably end up on top of ‘em, stomping ‘em like Ndamukong
    I’m Russian like a Ukrainian, LaDainian Tomlinson »
    LaDainian Tomlinson était un running back en National Football League (NFL). Un très bon joueur. On dit souvent que ce que font ces joueurs, c’est du « rushing ». Il a transformé ça en « Russian ». Il a aussi placé « Ukrainian »… Il se passe tellement de choses en trois lignes ! Comment il a réussi à faire ça ? C’est génial.

    Internet s’est enflammé quand tu as évoqué l’idée de reprendre le rôle de Harry Potter.
    Oui, ce n’était pas ce que je voulais. Les gens ne devraient pas s’emballer car je ne vais pas le faire. En plus de ça, le film n’est même pas en préparation. Tout ceci était purement hypothétique. Ce n’est pas un projet que je vois se réaliser tout de suite. Et si ça doit se faire un jour, je pense qu’ils devraient prendre les comédiens de la pièce de théâtre. Si c’est le prochain film qu’ils prévoient, ils ne devraient le faire avec personne d’autre.

    Serais-tu d’accord si un autre acteur reprenait ce rôle à ta place ?
    Oui, je le serais. Totalement. Bien sûr, ce serait bizarre. Je suis heureux de pouvoir dire que j’ai été le premier, personne ne m’enlèvera ça.

    Merci !
    Merci beaucoup, c’était un plaisir.

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