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    Clique Darius Kaufman

    CLIQUE TALK : le collectif « Studio MAGUEULE » présente son projet « Ramadance »

    En ce début de Ramadan, les frères Harrag et le collectif "Studio MAGUEULE" lancent leur projet "Ramadance". Avec cette web-série, le collectif originaire de Montreuil, en banlieue parisienne, souhaite tourner en dérision les codes de ce mois saint pour les musulmans. Chakib Lahssaini et Fouzia Kechkech, producteurs de "Ramadance", nous accueillent dans leurs locaux en compagnie de Samir et Hicham Harrag.

    Qui êtes-vous ? 
    Samir Harrag : Moi c’est Samir Harrag. À coté de moi c’est Hicham Harrag. On s’est rencontré il y a de ça 31 ans, dans le ventre de notre mère. On a fait une collocation de neuf mois, tout s’est bien passé. On fait du théâtre depuis notre plus jeune âge. On a debuté à l’école, puis au théâtre de quartier. Et dès que j’ai eu l’âge de travailler, j’ai pu me permettre de m’offrir des études de cinéma. Je suis passé par le Cours Florent, pour ensuite rejoindre l’Actors Studio de Joël Bui. Entre les films, les pubs, les courts ou longs métrages, j’ai participé au total à plus d’une trentaine de projets.

    Comment avez-vous démarré ? 
    Samir Harrag : À l’origine, j’aime beaucoup faire de l’humour. Mon frère et moi avons donc décidé de créer un collectif : Le Studio MAGUEULE. On y invite pas mal d’amis, qui font de l’humour sur des scènes comme celle du Jamel Comedy Club. On a démarré le projet avec des petites scènettes Vine, inspirées des US.

    Comment en êtes-vous arrivés à Ramadance ?
    Samir Harrag : Au fil du temps, on a commencé à exploiter notre cadre quotidien. L’idée de l’autodérison est alors apparue comme évidente. Nos petites blagues ont donné Ramadance.
    Hicham Harrag : L’esprit Ramadance vient du quartier. C’est parti du concept de ramadan « américain » qui se résume dans le fait de ne pas respecter totalement tous les préceptes du mois saint. Et nous, on a appelé ça « faire une ramadance ». On a commencé par en faire quelques-uns. On s’est alors rendu compte que l’on pouvait exploiter tellement de choses qui nous arrivent au quotidien, lors du jeûne.. Et comme les premiers épisodes ont très bien marché, l’année dernière, nous avons décidé de démarrer cette saison la même semaine que celle qui ouvre le mois de Ramadan.

    « C’est un mini tuto. Une sorte de Ramadan pour les nuls ! »

    Vous n’avez pas eu d’appréhensions en lançant une web-série qui pourrait être considérée comme communautaire pour certains ?
    Samir Harrag : Pas du tout, vraiment aucune. On ne se pose pas la question de savoir si ce que l’on crée est communautaire ou non. On raconte plutôt des choses que l’on a vécues. On aimerait vraiment que cela soit vu par des personnes non-musulmanes. Dans ce casting et dans le collectif, il n’y a d’ailleurs pas que des musulmans, et beaucoup de personnes sur le tournage ne font pas le Ramadan.
    Chakib Lahssaini : Des médias comme la radio Mouv’ ont d’ailleurs vu en Ramadance quelque chose de très « street » plutôt que communautaire. C’est aussi pour cela que cette radio s’est engagée à nos côtés pour diffuser les épisodes ce mois-ci.

    Le projet présente-t-il un coté didactique ?
    Hicham Harrag : Il n’y a aucun calcul dans l’écriture. Mais les spectateurs essaient de comprendre les enjeux du Ramadan après avoir visionné un épisodes, et on en est conscient.

    « On préfère que les gens en apprennent plus sur le Ramadan comme ça, en s’amusant. C’est mieux que sur BFM TV, qui va simplement relayer que l’on boit de la harira et qu’on mange des dattes pendant un mois. »

    Épisode de Ramadance, « Mater n’est pas jeûner »

    Samir Harrag : On ne donne pas trop d’informations dans l’épisode, sinon on tue la blague. C’est mieux de s’interroger sur la signification qu’il y a derrière. Mais encore une fois, notre but n’est pas théologique, il est de créer un projet qui nous ressemble, avec notre humour.

    Que voulez-vous montrer ?
    Hicham Harrag : Que l’on peut rire de nous-mêmes. Qu’on ne monte pas au créneau en taxant d’islamophobe le premier venu qui pourrait nous titiller un peu.

    « Les musulmans n’ont pas attendu Charlie Hebdo pour rigoler d’eux-même. Notre concept de Ramadance en est la preuve. »

    Le projet Ramadance a-t-il pour vocation de changer l’image des musulmans de France ?
    Samir et Hicham Harrag : Si ça y participe tant mieux. Mais ce n’est pas pour cette raison que nous avons lancé Ramadance. Changer l’image des musulmans ne serait qu’un effet collatéral du projet. Il y a surtout la volonté d’en rire, le souhait de se réapproprier l’humour dans ce domaine-là et de ne pas laisser aux autres le soin d’en parler pour dire n’importe quoi.

    Comment ce projet est-il accueilli par les musulmans?
    Samir Harrag : Ils le prennent bien. Ils savent qu’on s’amuse et que le vendredi nous sommes à la mosquée avec eux.
    Hicham Harrag : Tout se fait dans le respect. Il n’y a aucune méchanceté dans ce que l’on véhicule. On ne veut pas salir la religion. On mesure quand même nos propos sans pour autant calculer.

    Comptez-vous faire appel à des guests?
    Samir Harrag : On va déjà attendre que cette saison prenne bien pour envisager l’idée. Mais ce n’est pas un objectif. Si on peut le faire pour s’amuser,et démystifier le mois de Ramadan grâce à des personnalités, on le fera.
    Chakib Lahssaini : Si on le fait ce sera avec des gens de la communauté ou des artistes qui ont un impact générationel, à l’image de Kev Adams. On se rappelle la séquence où il a défendu les musulmans sur le plateau de Laurent Ruquier. Ce sont les personnes avec ce genre de mental qui nous intéressent. Notre collectif c’est ça : du mental et du talent.


    Kev Adams s’exprime sur les musulmans sur le plateau d’ « ONPC », le 22 novembre 2014.

    Trouvez-vous que les rôles pour les jeunes français issus de l’immigration n’ont pas encore évolué ?
    Fouzia Kechkech : Non. Je remarque surtout que les rôles qu’on pourrait proposer à cette jeunesse sont des rôles un peu « clichés ».
    Samir et Hicham Harrag : Nous sommes souvent sollicités pour jouer des voyous. Et on refuse totalement de se prêter au jeu.
    Chakib Lahssaini : Les gens ne comprennent pas ou ne voient pas qu’il y’a une génération efficace qui se bouge. Cette jeunesse s’est appropriée les réseaux sociaux et tous les nouveaux médias comme jamais personne ne l’a fait auparavant. C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous associer à Samir, Hicham et le Studio MAGUEULE pour développer le projet Ramadance.
    Fouzia Kechkech : Quand je découvre ce collectif, je me dis que la jeunesse française issue de l’immigration peut sortir de ces rôles clichés qu’on leur propose. En regardant Ramadance, j’espère justement que les français pourront se dire : « Tiens, on a d’autres choses à dire ».
    Chakib Lahssaini : Ce que nous offre Internet aujourd’hui, c’est la possibilité de montrer le talent des jeunes. Avant si tu ne passais pas par les canaux classiques, c’était impossible.
    Hicham Harrag : On a la possibilité se de se créer notre propre chemin.
    Chakib Lahssaini : Désormais, nous avons l’opportunité de monter nos propres productions, avoir nos propres canaux grâce à la liberté qu’offre les chaînes Youtube. Si les portes du septième art continuent à être fermées, cette génération se créera son propre cinéma. Et moi, cette idée me fascine.

    Dans Ramadance vous traitez aussi du rapport homme-femme pendant le mois saint… 
    Fouzia Kechkech : À travers cette série, j’espère que les gens verront qu’il n’y a pas de relations conflictuelles entre les hommes et les femmes en Islam. Les futurs épisodes incluent beaucoup de femmes. On a tendance à nous séparer, les garçons et les filles, et dans ce projet nous sommes très solidaires. On a une relation d’égal à égal. Chakib et moi, par exemple, sommes associés sur Cocorico Productions en étant juste amis. Je trouve important de le souligner.

    Et après le Ramadan ?
    Samir Harrag et Hicham Harrag : On envisage un Shabbatdance. Shabbat aussi c’est difficile et rempli de codes. On veux mélanger les communautés. On souhaite que tous le monde puisse se reconnaître dans notre collectif. Surtout que nous sommes originaire de Montreuil et toutes les communautés y sont représentées.
    Chakib Lahssaini : La suite va vraiment dépendre du succès de Ramadance. On verra justement si on peut le décliner.

    Retrouvez le premier épisode de Ramadance ci-dessous :

    Épisode de RamadanceAvec ta face de Ramadan

    La suite des épisodes sera quant à elle diffusée sur la chaîne Youtube du Studio MAGUEULE pendant la durée du ramadan.

    Photographie du collectif Studio MAGUEULE à la Une © Darius Kaufman

    Société Clique Talk Ramadan

    Commentaires
    Wail El Azrak
    Journaliste
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