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    CLIQUE TALK : Paolo Pellegrin, légende des photographes de guerre

    À l’occasion de Visa Pour l’Image, le festival international du Photojournalisme qui se déroule actuellement à Perpignan, nous vous proposons une discussion exceptionnelle avec Paolo Pellegrin, l’un des plus grands photoreporters du monde.

    Âgé de 53 ans, cet Italien est membre de la prestigieuse agence Magnum, et l’un des photographes attitrés du New York Times, pour lequel il couvre depuis plus de vingt ans le Moyen-Orient…

    Paolo est l’un des photographes les plus acclamés de notre époque : il a reçu une dizaine de World Press Photo Awards (les Oscars du Photojournalisme) et plusieurs titres de Photographes de l’Année. Pour Clique, il revient sur son parcours, s’interroge sur l’état du monde et partage ses conseils et réflexions sur l’art photographique…

    Guantanamo, 2006. Paolo Pellegrin/Magnum Photos.

    Clique : Tu passes combien de temps à l’étranger, chaque année ?
    Paolo Pellegrin : Beaucoup, je dirais environ 215 jours par an en moyenne… Parfois un peu plus, parfois un peu moins, mais c’est le rythme que j’ai tenu au cours des quinze dernières années.

    Vu ce rythme, est-ce que c’est difficile de maintenir un équilibre entre ta vie privée et ton métier ?
    J’ai beaucoup de chance, parce que ma femme est également photographe, donc elle sait comment ce job fonctionne : les appels de dernière minute, le fait que ça soit une vocation… Elle sait que je ressens le besoin de partir et elle le respecte. Mais bien sûr, c’est très compliqué, et encore plus maintenant que j’ai deux filles en bas âge. C’est difficile pour moi. Mais en même temps c’est aussi difficile de ne pas faire ce que j’aime.

    Il y a toujours un équilibre subtil à trouver entre le fait d’être moi-même et d’être un père, mais j’essaie de faire de mon mieux…

    Penelope Cruz par Paolo Pellegrin/Magnum Photos.

    Une chose est surprenante dans ton parcours : tu viens d’une famille d’architectes, et tu as commencé par étudier l’architecture…
    En effet, mes parents étaient tous deux architectes ; mon père était même assez connu en Italie à un moment. Quand j’étais en troisième ou quatrième année d’archi, j’ai réalisé que je devais choisir mon propre chemin, suivre ma propre voie. C’est devenu très clair pour moi à ce moment-là : je ne voulais pas être un fils à papa, et travailler dans la même profession que lui…

    Qu’est-ce qui t’a décidé changer de voie ?
    C’était un choix difficile à faire, je pense que mes parents étaient très heureux que je fasse la même chose qu’eux. Rester dans l’architecture aurait aussi été une solution de facilité pour moi : comme je le disais, mon père était connu, il avait un studio où j’aurais pu imprimer un sentiment de continuité.

    Mais j’ai ressenti quelque chose de nouveau et j’ai senti que c’était ce que je devais faire.

    Avec tout le respect que j’ai pour le travail de mes parents, je pense que trouver ma propre voie était la bonne décision.

    Robert Downey Jr. par Paolo Pellegrin/Magnum Photos.

    De la part de toutes les personnes qui apprécient ton travail, je le confirme… Est-ce que tu t’intéressais déjà à la photographie et au photojournalisme ?
    Pour moi, cela a toujours été clair : ce qui m’intéresse, c’est l’élément humain. Alors, ce n’était peut-être pas forcément le journalisme à la base, mais c’était tous les travaux documentaires qui se centrent sur l’homme. Je n’ai jamais pensé faire de la photo d’architecture ou de mode, je me suis toujours intéressé au cheminement humain.

    Je voulais faire des études d’anthropologie – même si je suis parti dans l’architecture et qu’ensuite je n’ai pas voulu retourner à l’université – parce qu’il y avait aussi cette idée d’enquêter sur la culture, les peuples, qui sont des choses que la photographie permet de faire. Donc j’ai fait une école de photo pendant deux ans à Rome, puis j’ai commencé à assister des photographes en Italie. Mais toujours avec cette idée de faire un travail documentaire.

    Dans ton travail, tu as beaucoup documenté la pauvreté, les migrants…
    Oui, à un certain degré, c’était la période où je m’éveillais à une conscience politique et sociale… La photographie est devenue mon outil pour enquêter sur ces réalités ; je dois aussi dire que la « tradition Magnum » a été importante pour moi (Magnum Photos est une célèbre – et très prestigieuse – agence/coopérative photo, porteuse de valeurs humanistes et défendant une tradition de la photographie engagée, NDLR). C’était avant Internet, en dehors de l’école de photo, mon éducation s’est vraiment faite à travers des livres qui étaient chers et durs à trouver… L’idée de longs formats, de passer beaucoup de temps avec le sujet… C’est comme ça que ça a commencé.

    Marc Riboud, la jeune fille à la fleur, Magnum Photos.

    Les sujets que tu traites aujourd’hui s’inscrivent dans cette tradition.
    Oui, mais aujourd’hui tout a changé avec la naissance de mes filles. Depuis qu’elles sont nées, j’ai pris la décision consciente de commencer à faire d’autres types de projets. Maintenant, je fais aussi des projets corporate (pour des entreprises ou des institutions, NDLR). 30% de l’année, je travaille sur des projets commerciaux.

    Je ne dévalorise pas du tout cette activité, j’essaie d’y garder un point de vue d’auteur et de traiter ces projets comme de vrais sujets. Mais je sais exactement pourquoi je les fais : pour ma famille. Les 70% restants du temps, je continue mes formats longs, mes reportages et documentaires, principalement au Moyen-Orient et ailleurs.

    Photographie prise par Paolo Pellegrin à Qalqilya en Cisjordanie et qui illustre une manifestation contre la barrière de séparation israélienne. Magnum Photos.

    Pourquoi le Moyen-Orient ?
    Je travaille beaucoup au Moyen-Orient depuis presque vingt ans. C’est un endroit où je suis bien établi et qui produit, évidemment, beaucoup d’événements et d’histoires. Et comme je suis très proche de la lutte palestinienne, je me suis rendu un nombre de fois incalculable en Palestine au cours des deux dernières décennies. Mais je travaille aussi un peu partout, en fonction des missions, même si mon centre d’intérêt principal est l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

    À propos de cette région, l’été dernier le New York Times a publié un numéro exceptionnel pour plusieurs raisons : c’était la première fois que ce journal – probablement le plus prestigieux du monde – consacrait un numéro entier à un seul sujet. Il s’agissait de retracer la dislocation récente du monde arabe, et le journal avait choisi de ne l’illustrer qu’avec tes photos. Qu’est-ce que ce projet représentait pour toi ?
    Je me sens extrêmement chanceux d’avoir pu en faire partie. C’était une très grosse mission, et un énorme parti pris pour le magazine. Ça a été une mission sur presque deux ans, ce qui était sans précédent – du moins de mon côté. L’idée du rédacteur en chef du magazine était vraiment de créer de quelque chose qui n’avait jamais été fait auparavant. Il voulait aussi repenser la façon dont ce type de journalisme est fait et lu. C’était un pari, notamment de son côté, vu les ressources et l’espace qui ont été consacrés à ce seul sujet.

    Mais le pari a été gagné : après sa parution dans le magazine, l’article est devenu un livre qui a été publié.

    Il en existe désormais plusieurs éditions, et dans le milieu des médias c’est devenu une sorte de référence sur la façon dont un certain type de journalisme en profondeur peut exister, réussir et trouver un écho positif auprès des lecteurs.

     

    La couverture de “Fractured Lands”, le numéro spécial du New York Times Magazine auquel Paolo Pellegrin a consacré deux ans de travail.

    Cela a été une grande interrogation pour nous : l’article fait quelque chose comme 60 000 mots. Dans la presse, aux États-Unis, on compte les mots (en France, on compte les signes, soit le nombre de lettres, espaces et symboles, NDLR), ce qui correspond à la taille d’un petit livre.

    En ce moment, je suis sur un autre projet avec le même journaliste, Scott Anderson, avec lequel je forme une équipe au New York Times depuis presque vingt ans maintenant. On réfléchit à notre prochain sujet avec le même type d’implication, sur une durée de deux ans. Cela devrait se dérouler aux USA. Je me sens très chanceux d’avoir eu des rédacteurs qui ont cru dans notre travail, à Scott, moi et aux autres journalistes.

    Et si je me fie aux réactions des lecteurs, je pense que c’est une façon intéressante d’approcher le journalisme : ne pas rester seulement dans l’actu au jour le jour, mais prendre un pas de recul et créer un lien entre des événements qui se déroulent et une remise en perspective dans un contexte historique. Cela fonctionne bien.

    Les environs de Bassorah (Irak), en 2003. Paolo Pellegrin/Magnum Photos.

    Est-ce que c’est le projet dont tu es le plus fier ?
    Oui, je pense… C’est clairement le projet sur lequel j’ai le plus consacré de temps et d’efforts, donc c’est probablement mon préféré.

    Tu as évoqué la façon dont ton métier a évolué ces dernières années. La vidéo est devenue omniprésente sur le web, notamment via les réseaux sociaux. J’ai remarqué qu’à présent, tu réalisais également des reportages vidéo. Comment tu approches ce format, alors que tu viens de la photo ?
    J’ai commencé à m’amuser et filmer quelques vidéos principalement avec mon iPhone. Je suis très ouvert et intéressé à l’idée d’ajouter de nouvelles façons de communiquer les choses. Forcément, les vidéos sont très bien pour ça, tout comme l’idée d’avoir un téléphone qui puisse prendre de très bonnes photos.

    Cela ne remplace pas la photographie traditionnelle : je transporte toujours avec moi un appareil argentique et je continue aussi à shooter en pellicule en parallèle de mes photos numériques.

    Ce sont des outils différents, mais cela reste juste des outils. Ce sur quoi j’essaie de concentrer ma réflexion et mon attention, c’est sur le fait d’avoir un point de vue, d’essayer de comprendre une situation pour essayer ensuite de le transmettre à la personne qui voit la photo.

    J’essaie d’y marquer un regard en tant qu’auteur. C’est sur ça que je mets tous mes efforts…

    Pour ce qui est des outils, la photographie s’est toujours développée avec les avancées technologiques. Quand j’ai commencé, les appareils étaient énormes. Aujourd’hui ils sont plus petits, et il y a une relation étroite entre la photographie et les possibilités offertes par la technologie. C’est bien, je ne pense pas qu’on devrait en avoir peur ou essayer de lutter contre : c’est juste un moyen de s’exprimer, comme parler ou écrire.

     

    Une vidéo prise par Paolo Pellegrin illustrant le long format “The Desperate Crossing” du New York Times.

    C’est intéressant, parce que lorsque la vidéo est arrivée sur les boîtiers photo il y a quelques années, beaucoup de photographes ont eu peur que leurs rédacteurs leur demandent de se mettre à réaliser des vidéos, ce qui est un métier totalement différent…
    Je ne sais pas, je pense qu’on ne devrait pas avoir peur. Souvent quand je prends des photos, je me dis que c’est un média formidable à plein de niveaux… mais qu’il a ses limites. Il est bi-dimensionnel, il est figé dans le temps et n’a pas de mouvement ni de son : c’est parfois difficile de restituer la complexité de la forme d’une situation.

    Ce sont aussi ces limites qui font la force de la photographie, parce qu’elles impliquent que la personne qui regarde une photo fasse un effort conscient et devienne une sorte de spectateur actif, là où par exemple la télévision crée des spectateurs passifs.

    La photographie de qualité demande une collaboration avec son public, et c’est super. Mais dans un reportage avec vingt photos, on pourrait aussi ajouter une petite vidéo, et ça pourrait probablement donner une dimension et des informations supplémentaires sur le sujet. En fin de compte, on est des storytellers… J’ai été l’un des derniers à faire la transition vers la photo numérique, parce que j’adore l’argentique ; mais les appareils numériques ont été une bénédiction à plusieurs niveaux, notamment pour la photographie de nuit.

    Il était très difficile d’avoir un bon rendu dans le noir avec de la pellicule. Et maintenant, subitement, c’est tout un monde qui s’ouvre pour la photographie, et c’est incroyable. Pour en revenir à la question de base, à savoir : « est-ce que je suis attaché à la vidéo ? », oui, je pense. Ce sont deux médias différents, et je pense aussi que l’image fixe a une autre pertinence. Mais à mon avis il faut accepter les nouvelles avancées.

    Extrait du reportage « Desperate Crossing » pour le NY Times par Paolo Pellegrin/Magnum Photos.

    J’ai été bouleversé par tes reportages « Desperate Crossing » (« La Traversée Désespérée »), et « Scenes from a Human Flood » (« Images d’une Marée Humaine »), sur les périples des migrants. Tu as été dans des zones de conflits depuis plus de vingt ans à présent. Que t’inspire l’état actuel du monde ?
    On vit dans une époque très compliquée, c’est sûr… Notamment à cause des technologies et parce qu’on est, à un certain degré, très connectés. On se retrouve aussi en face d’un territoire inconnu et de problèmes qui posent d’énormes questions. Ce qui se passe en ce moment aux frontières de l’Europe, au Sud, à l’Est, les migrants et le populisme…

    En tant qu’individu qui est impliqué professionnellement sur ces sujets, mais aussi en tant que père, en tant que parent, je suis évidemment préoccupé par l’état actuel du monde.

    Et je ne parle même pas du changement climatique… Les Etats-Unis ont élu un climatosceptique ; j’espère qu’il changera d’opinion sur ce sujet, mais il y a beaucoup d’événements à un niveau macro qui peuvent avoir des répercussions très, très sérieuses pour nous tous. Et aujourd’hui il est encore plus important pour le grand public – mais également pour les gens de ma profession, qu’il s’agisse de journalistes, de réalisateurs ou de photographes – de continuer à suivre de près nos dirigeants et de leur demander des comptes.

    Photographie prise par Paolo Pellegrin pour illustrer le long format “The Desperate Crossing” du New York Times.

    Photographie prise par Paolo Pellegrin pour illustrer le long format “Scenes from a human flood” du New York Times.

    Photographie prise par Paolo Pellegrin pour illustrer le long format “Scenes from a human flood” du New York Times.

    Question archi-classique : est-ce que c’est dur, en tant que photojournaliste, de maintenir une distance avec ton sujet ? Je pense en particulier aux situations terribles dont tu as été témoin lors de tes récents travaux.
    Oui. Je pense qu’il existe toujours une sorte de tension entre le fait d’être un témoin, un observateur, et le fait d’être une personne qui se retrouve dans ces situations. Je ne serai jamais capable de m’extraire émotionnellement de ce que vois ; et je pense que si je le faisais, ma photographie en serait différente et, d’une certaine manière, en pâtirait. Parce que la plupart de mes images sont informées par mes réactions en tant que personne et par ce que je vois.

    L’appareil photo n’est que l’instrument avec lequel j’enregistre cette expérience ; mais l’expérience est plus importante que la création d’une trace.

    Je crois aussi que la création d’un enregistrement est importante, parce que je pense qu’il est primordial pour nous, en tant que société, de continuer à documenter ces choses qui se produisent ; ces choses que l’on se fait les uns aux autres, pour plein de raisons et notamment des raisons de responsabilité.

    Paolo Pellegrin/Magnum Photos.

    Mais l’expérience concrète est toujours ce qui informe le reste, donc il y a toujours une tension entre le fait d’être présent, de ressentir de fortes émotions, et en même temps de comprendre sa fonction, la raison pour laquelle on est là…

    On n’est pas là juste pour soi mais, pour utiliser un « grand mot », on est aussi là en tant que témoin de la société.

    Je pense que tous les photographes que je respecte et les travaux que j’aime, et c’est important pour moi, ont tous cette approche humaniste. Ils ne provoquent pas la nature de l’expérience parce que cela devient la source du travail.

    Paolo Pellegrin/Magnum Photos.

    J’allais justement te demander des conseils pour les personnes qui souhaiteraient devenir photojournalistes. J’imagine qu’être ouvert à l’expérience en serait un, tu en aurais d’autres ?
    Je pense que la chose la plus importante… C’est un peu comme l’écriture : tout le monde sait écrire, je pense qu’avec la photographie c’est pareil. Le numérique a rendu la photographie très accessible, très facile techniquement, c’est devenu quelque chose que nous pensons tous savoir faire.

    Mais avoir un point de vue, afin de pouvoir parler en termes photographiques, est – pour moi en tous cas – très compliqué et difficile. Il s’agit vraiment d’avoir un point de vue d’auteur, car je pense que l’auteur et son point de vue sont beaucoup plus importants que la maîtrise technique en elle-même.

    La technique, ça s’apprend, et ce n’est pas si compliqué. En revanche c’est ce que tu en fais qui est difficile. En ce qui me concerne, je me suis rendu compte que lire de la littérature nourrit beaucoup mes photographies, parce que j’y trouve des choses, des émotions, des souvenirs ou des idées qui, d’une manière ou d’une autre, se traduisent dans mes photographies.

    Pour quelqu’un d’autre, ça pourrait être autre chose, mais je pense que mes seules recommandations seraient, en un sens, de travailler sur vous-même. D’avoir des opinions et des pensées sur les choses. Vous devez être informé.e, émotionnellement, politiquement, socialement ; être un citoyen engagé. Et cela se traduira dans votre photographie.

    Paolo Pellegrin en action.

    Tu viens de dire que tu aimais la littérature et la lecture, est-ce pour cela que tu prends principalement des photos… en noir et blanc ?
    Le noir et blanc… Disons que faisant partie d’une lignée de photographes que je considère être mes pères fondateurs, je pense que cela découle plus d’une tradition. Selon moi, l’une des choses que la photographie en noir et blanc fait ou permet de faire, c’est de créer des métaphores. Elle peut devenir universelle, là où cela sera plus difficile pour la photographie couleur, car les couleurs sont trop attachées à la façon dont nous percevons le monde.

    Il est plus difficile avec la photographie couleur d’atteindre un autre niveau, celui où une photo peut être l’image qui représente une chose particulière, ou une personne, mais qui peut aussi se faire l’écho de quelque chose de plus grand ou d’universel, qui permette d’aborder une condition.

    Par exemple, si vous photographiez un réfugié, il est cette personne en ce moment, mais il peut aussi représenter une condition : celle d’être un réfugié. Et cela devient très intéressant lorsque la photographie fait le grand écart entre le spécifique et l’universel. Je pense que cela se crée plus facilement en noir et blanc.

    Je suis intéressé par cette idée : celle d’une photographie qui représente son sujet, mais qui soit aussi capable de se transcender.

    Propos recueillis par Anthony Cheylan. Merci à Pascal Briard, Jean-François Leroy et Max Danet.
    Image à la une : Gangsters Haiti, Port au Prince, 2006. Paolo Pellegrin/Magnum Photos.

    CLIQUE TALK New York Times Paolo Pellegrin

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