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    « À vos marques, prêts, boycottez ! » : le manifeste qui vous explique le boycott bienveillant

    Parfois, il est des moments où l’actualité liée aux grands acteurs économiques à l’origine de scandales éthiques nous dépasse. Il nous arrive même de ressentir un certain sentiment d’impuissance. Et on se pose la question suivante : « Comment, moi, petit citoyen, je peux contribuer à faire bouger les choses ? »

    Alors que l’on pourrait croire que le changement se fait par le haut, certaines personnes pensent, au contraire, que le véritable déclic se fait par la base. Qu’il est à la portée de tous, et pour tous. C’est le cas de Levent Acar, fondateur de I-boycott et auteur du manifeste À vos marques, prêts, boycottez ! Son objectif ? Sensibiliser les individus à devenir de véritables « consom’acteurs » en utilisant un seul et unique outil : le boycott des entreprises non éthiques. Et à l’inverse, en pratiquant le buycott des entreprises éthiques (qui consiste à acheter pour des raisons éthiques).

    Donnons du pouvoir à notre consommation – I-boycott

    La plateforme part d’un simple constat : notre carte bancaire est le bulletin de vote le plus puissant. Autrement dit, notre plus grand moyen d’action se fait dans notre façon de consommer. Comment le produit a été fabriqué ? Avec quelles méthodes ? Quelles matières ? Est-ce que les conditions des salariés sont respectées ? Qui sont ces salarié.es ? Autant de questions qui permettent d’établir la différence entre un consommateur passif et un consommateur actif. « Le consom’acteur est une personne consciente de l’impact public de sa consommation« , explique Levent Acar.

    @La Relève et La Peste

    Il existe deux façons d’attirer l’attention d’une marque : 1. en jouant sur son image 2. en ayant un impact sur son chiffre d’affaires. C’est là que la notion de boycott bienveillant prend son envol. À l’inverse d’une action violente, discriminante ou visant à pousser l’entreprise à la faillite, le boycott bienveillant souhaite mettre en avant le dialogue et la discussion. Loin de nuire à l’acte d’achat, celui-ci souhaite lui donner, au contraire, du sens et de la valeur.

    « L’idée avec notre plateforme et notre manifeste, c’est de faire évoluer les entreprises avec un boycott bienveillant, où le dialogue est essentiel. Elles ont un droit de réponse et souvent, elles nous remercient d’avoir fait remonter les informations pour en retirer une énergie positive. » ajoute Levent Acar.

    « Je suis convaincu que l’être humain est bon, mais il y a une certaine logique implacable des actionnaires qui écarte automatiquement la notion d’éthique. Elle n’a pas sa place dans l’économie. Mais nous, nous en sommes les gardiens. « 

    Concrètement, comment se met en place un boycott ? Levent Acar nous raconte : en 2016, I-boycott lance une campagne de boycott contre une marque de produits de la mer. Ce qui est reproché ? « Des conditions de pêche désastreuses pour l’écologie et l’environnement« . 14 000 personnes rejoignent le mouvement et attendent des explications de la marque. Celle-ci répond, mais le communiqué de presse formel et institutionnel ne convainc pas les consom’acteurs :

    920 personnes ne sont pas convaincues par la réponse donnée par Petit Navire. @ I-boycott.org 

    Résultat : la marque revoit sa communication, change ses méthodes de pêche et travaille directement avec l’ONG Green Peace pour re-centrer l’éthique et le respect de l’environnement dans ses priorités. La tendance s’inverse auprès des boycotteurs qui cessent alors tout boycott contre la marque.

    « C’est peut-être un petit pas pour l’entreprise mais c’est important. On a un peu l’impression que c’est David contre Goliath, et pourtant non », raconte Levent Acar.  « Il faut se rendre compte qu’on a ce pouvoir de changer les choses avec cette petite action. Le boycott est accessible à tous, même l’indigné du canapé peut jouer un rôle. Tout le monde peut le faire.« 

    @La Relève et La Peste

    Le manifeste À vos marques, prêts, boycottez ! édité par La Relève et La Peste (une maison d’édition et média indépendant, sans pub, sans investisseurs, et très axée sur le graphisme) est donc la suite logique de toutes ces réflexions. L’idée est de conceptualiser la notion de boycott bienveillant et d’apporter des outils pour appréhender au mieux cette action.

    I-boycott est actuellement en train de mettre en place une application qui permettra de scanner un produit afin de connaître directement son impact sur la société, la santé et l’environnement. Pour suivre l’actualité de la plateforme : ici. Pour se procurer le manifeste : ici.

    Image à la Une : le manifeste « À vos marques, prêts, boycottez ! »

    Société Boycott I-boycott

    Commentaires
    Camélia Kheiredine
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