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    Une synagogue accueille des réfugiés musulmans à l’occasion de la Pâque juive

    Cette année, le rabbin d'une synagogue de Richmond, aux États-Unis, a décidé de célébrer Pessah autrement.

    Chaque année, la synagogue Beth-El de Richmond, chef-lieu de l’État de Virginie, célèbre la Pâque juive avec un grand dîner. Cette fois-ci, rapporte la radio NPR, l’institution a perpétué la tradition… tout en instaurant une petite nouveauté : mardi 11 avril, à l’initiative du rabbin Michael Kopf, une cinquantaine de réfugiés musulmans se sont joints au deuxième soir de Pessah.

    Les réfugiés en question, réunis sous l’égide de l’association locale Reestablish Richmond (qui les aide à trouver leurs repères dans cette ville de plus de deux millions d’habitants), sont des femmes, des hommes et des enfants. Certains sont arrivés là y a plusieurs années, quand d’autres débarquent à peine. Tous viennent d’Irak, d’Afghanistan ou de Syrie.

    Le site de la synagogue a interviewé Jalal Hashimi avant la tenue de cet événement. Cet Afghan de 32 ans, qui a fui son pays pour échapper aux Talibans, tient un discours certes candide mais qu’on entend peu, aujourd’hui, dans le paysage médiatique américain.

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    Jalal Hashimi. Photographie – Eric Futterman

    « …Tout ce que j’en attends, c’est qu’on se connaisse mieux. Les Juifs et les Chrétiens doivent savoir que les Musulmans ne sont pas des terroristes. Ils sont pour la paix. Tout comme les Musulmans doivent savoir que les Juifs ne sont pas les méchants de l’histoire ».

    C’est également l’avis du rabbin. Il voit dans cet événement – au-delà de sa convivialité – un moyen concret de mettre à mal les stéréotypes sur les relations entre Juifs et Musulmans.

    L’initiative prend encore plus de sens lorsqu’on lui appose une lecture biblique.
    Pessah, en effet, est un récit histoire d’exil et de liberté. Relatée dans l’Ancien Testament, elle commémore la libération des Juifs de la tyrannie égyptienne pour rejoindre Israël. La semaine de célébrations symbolise les quarante ans qu’ont passés les Juifs dans le désert avant d’arriver en terre promise. « C’est un moment où la communauté juive se souvient qu’elle a dû quitter sa terre », relève Kate Ayers, la présidente de l’association Reestablish Richmond.

    Lors du repas rituel du Séder – qui se déroule le premier soir de Pessah en Israël, et pendant deux soirs en diaspora –  on exclut tout aliment à base de pâte levée et/ou fermentée, en signe de souvenir du départ précipité d’Égypte.

    À Beth-El, comme dans d’autres synagogues américaines concernées par le sort des réfugiés, le sens de l’accueil est poussé jusque dans les moindres détails. Le repas a été ajusté, explique le rabbin : « Nous ajoutons une orange, symbole des exclus. Et un ananas, signe d’accueil et d’hospitalité ».

    Pour le plaisir, voici le menu qui leur a été proposé :
    Soupe de boulettes de Matzot végétariennes
    Gefilte fish
    Poulet Marbella
    Tzimmes de carottes
    Brocolis vapeur
    Pommes de terre rôties
    Dessert Surprise Spécial

    Image à la une : repas de Pessah par the V World

    Société Coexistence USA

    Commentaires
    Laura Aronica
    Rédactrice en chef adjointe
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