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    Comment les entreprises françaises alimentent les inégalités en gâtant leurs actionnaires

    C’est le constat que font le Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne (BASIC) et OXFAM qui révèlent comment les grandes entreprises françaises, par une redistribution déséquilibrée des bénéfices, creusent les inégalités.

    Saviez-vous qu’en 2017, 82 % des richesses créées dans le monde ont bénéficié au 1 % de la population la plus riche ? La tendance se confirme en France où « les 10 % les plus riches détiennent plus de la moitié des richesses nationales quand les 50 % les plus pauvres ne partagent que 5 % du gâteau ».

    Dans un rapport de 84 pages de l’ONG OXFAM France et le BASIC, les deux organismes expliquent où cette répartition inégale des richesses trouve son origine « là où elles se créent : au sein des entreprises ». En analysant les pratiques du CAC 40, ils démontrent comment certains usages nourrissent une véritable spirale des inégalités. C’est du charabia pour vous ? Ne vous inquiétez pas, c’est en fait très simple, on vous explique :

    • L’enrichissement exponentiel des actionnaires

    C’est un phénomène mondial qui n’épargne pas la France : les dividendes reversées aux actionnaires ont augmenté de 30 % en 7 ans explique Le Monde. Ainsi, alors qu’en 2000 « seulement » 30% des bénéfices étaient reversés aux actionnaires, ce chiffre est passé à 67% en 2016. Un montant d’autant plus colossal lorsque l’on apprend que les entreprises du CAC 40 ont annoncé un bénéfice record de plus de 93 milliards d’euros en 2017. Rien que ça.

    Par exemple, « depuis 2009, sur 100 euros de bénéfices, les entreprises du CAC 40 ont en moyenne reversé 67,4 euros de dividendes aux actionnaires et seulement 5,30 euros sous formes de primes aux salarié-e-s » explique le rapport.

    Pourtant, la bonne répartition de cette valeur ajoutée est cruciale pour maintenir un système économique stable et assurer la protection des employés. Comme le rappelle Le Monde, le modèle actuel est loin de « la règle des trois tiers » préconisée par Nicolas Sarkozy qui espérait assurer un certain équilibre dans la répartition des richesses : sur 100 euros de bénéfice, 33 euros devaient revenir aux salariés, 33 aux actionnaires et 33 auraient été réinvestis dans l’entreprise.

    Ce partage inégal de valeur pose de multiples problèmes selon les auteurs du rapport. Avant tout, ils soulignent que « cette primauté donnée à la rémunération » des actionnaires provoque inévitable une « baisse significative de l’investissement qui risque de fragiliser à terme la santé économique des entreprises françaises ». En d’autres termes, en utilisant cette valeur ajoutée pour enrichir les actionnaires plutôt que pour réinvestir dans les entreprises, on nuit à l’économie nationale.

    Au-delà de nuire à la stabilité économique, le rapport dénonce la pratique qui, en distribuant des sommes record de dividende aux actionnaires, « bénéficie à une minorité fortunée et nourrit ainsi les inégalités ».

    • Un grand écart salarial 

    Outre la distribution record de dividendes aux actionnaires, ce sont les rémunérations des patrons des entreprises du CAC 40 qui sont visées. Les salaires exorbitant contribueraient également à creuser les inégalités…

    « Ces gigantesques richesses créées ne sont pas équitablement partagées avec celles et ceux qui la créent : elles ont surtout bénéficié aux actionnaires et au dirigeants de ces entreprises » dénoncent les deux organismes dans leur rapport.

    « Oui, mais bon, ils n’ont pas le même boulot quand même, c’est normal que le patron gagne plus… » vous dites ? Et si on vous dit que le patron de LVMH gagne en une journée l’équivalent de ce que gagne un salarié moyen sur plus d’un an de salaire ? Ça fait beaucoup…

    Le rapport nous apprends qu’en 2016, les dirigeants des entreprise du CAC 40 ont gagné en moyenne 257 fois le SMIC. Le record est détenu par le PDG de Carrefour qui a perçu cette année-là 533 fois le SMIC.

    C’est pour pallier à ces écarts que le rapport défends une mesure qui imposerait que la rémunération la plus haute dans une entreprise ne puisse jamais excéder 20 fois la rémunération médiane.

    • Un recours accru aux paradis fiscaux et aux niches fiscales

    Le dernier point sur lequel se penche le rapport est celui de l’utilisation croissante de montages financiers et de sociétés offshore. En ayant recourt à ces méthodes et en ne payant pas leur « juste part d’impôt », les entreprises du CAC 40 contribueraient – là encore – à cette spirale des inégalités.

    « Si les impôts avaient crû au même rythme que les bénéfices depuis 2011, les entreprises auraient payé 13 milliards d’euros supplémentaires d’impôts […] soit l’équivalent de la somme nécessaire pour couvrir les besoins humanitaires de 93,2 millions de personnes dans 34 pays en crise dans le monde » expliquent-ils.

    Les entreprises du CAC 40 auraient en 2016 détenu 1 454 filiales dans les paradis fiscaux. Une criminalité en col blanc qui, en cachant ces profits, prive les États de larges recettes fiscales « qui pourraient bénéficier au financement de services publics (transports, éducation, santé, etc.) utiles à tous ». Une pratique qu’avait dénoncé OXFAM dans un spot poignant en octobre 2017 :

    Pour retrouver l’intégralité des actions d’Oxfam, ou signer la pétition en ligne, rendez-vous sur leur site.

    Société CAC40 Dividendes

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